Artistes animaliers

CHEVALLIER Jean

Interview exclusive à l'occasion de son dernier livre "Les oiseaux de Paul Géroudet".

Né en région parisienne où il a vécu 40 ans avant de s’installer près du Der depuis 2008, Jean Chevallier, 53 ans, est tombé dans la nature et le dessin depuis tout petit : « un gêne, une mutation ? j’ai toujours été naturaliste et je le revendique» dit-il en référence à Jean Rostand (« Le droit d’être naturaliste »).

Etudes de sciences naturelles en poche, trois premiers boulots pour commencer, et le voilà lancé comme illustrateur naturaliste, plutôt proche des vertébrés – des carnivores surtout mais sans ignorer reptiles et oiseaux.

Il a commencé par publier quelques dessins par ci par là via le monde associatif puis, peu à peu il est allé vers le monde de l’édition où l’a introduit une première commande sur les Canidés puis les Lutrinés, les Mustélinés, les Félinés…. que lui fit le Secrétariat Faune Flore du Museum dirigé alors par François de Beaufort. Ensuite ce fut la collaboration avec Jean Roché, le spécialiste européen de l'enregistrement d’oiseaux, puis des livres (Gallimard, Hatier, Nathan, Chabaud), les expos, les festivals.

« L’illustration me fait vivre, est formatrice, et me rend libre pour la nature qui m’occupe chaque jour ».

Des dizaines de collaborations à des magazines, des livres, à son actif : « La Salamandre », « Terre Sauvage », « Guide des mammifères d’Europe »,« La nature la nuit », « Impressions d’artistes », etc., Et son dernier « Petites leçons de dessins animalier, une approche de terrain ». Plus affiches, posters, dépliants… Un vrai parcours de nature !

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A propos de son dernier livre "Les oiseaux de Paul Géroudet": 

​- Que représente Géroudet pour vous? Comment compte t'il dans votre itinéraire personnel?
J’ai découvert les volumes des Oiseaux de Géroudet assez jeune et je me suis rendu compte qu’ils contenaient un masse d’information impressionnante. J’ai apprécié les dessins de Léo-Paul Robert comme ceux de Robert Hainard, et le fait que ces derniers soient datés et localisés, ce qui est beaucoup plus naturaliste qu’artistique. N’ayant à l’époque pas beaucoup d’autres ouvrages dans ma bibliothèque, l’influence de cette approche naturaliste a été importante sur moi.
- Quel est l'apport de Géroudet à l'ornithologie? en quoi se différencie t'il d'autres?
Les livres de Paul Géroudet sont à la fois poétiques et scientifiques. On peut les lire du début à la fin, pas seulement aller y chercher des informations ponctuelles. Je ne connais pas d’équivalent, même en anglais. Encore maintenant, lorsqu’on me rapporte un comportement particulier chez un oiseau, je conseille d’abord la lecture du “Géroudet”, dans lequel on trouve presque toujours des éléments explicatifs. Les rééditions, augmentées par Georges Olioso, sont tout aussi passionnantes.
jc
- Avez-vous eu des choix d'illustration à faire? Lesquels et comment se décider?
Pour des raisons de budget mais aussi de choix, il a fallu piocher dans mes dessins existants, sans chercher à coller aux textes de Paul Géroudet. Ce qui est sans doute aussi bien que d’essayer de faire une image à partir d’une description. On laisse ainsi s’exprimer la puissance de l’évocation des écrits, en apportant juste une image de l’espèce, qui peut aider un public moins connaisseur.

INTERVIEW

Pourquoi l'animal sauvage?

« J’éprouve une hyper sensibilité à la nature, donc à ce qui est sauvage, peut-être un peu en opposition à l’homme. Quand on aime la nature, on est sensible aux agressions qu’elle subit. »

Un maître à penser?

Robert Hainard bien sûr, le philosophe, le dessinateur, le graveur, tout. J’ai découvert ses livres à 13 ans. Il se revendiquait comme naturaliste, ce qui me semblait encore marginal à cette époque. J’ai aimé son style qui me rapprochait d’une période où j’ai fait un peu de photos en agrandissant fortement mes tirages noir et blanc qui finissaient par ressembler à ses dessins.

Aurais-je dessiné différemment si il n’avait pas existé, je me le demande !? ».

Une œuvre marquante?

« "Chasse au crayon » de Robert Hainard, la sculpture de l’ours blanc de François Pompon, et aussi la gare Montparnasse de Monet ! »

Si j'étais un animal sauvage?

« Je ne me pose pas cette question, je ne m’identifie pas à un animal ».

Une belle émotion?

"La rencontre inattendue avec un glouton en Finlande.

Une chatte sauvage et ses quatre chatons un soir en sud Champagne ; Un ami m’avait prévenu le matin, j’étais à Paris, je me suis précipité, il s’est mis à pleuvoir, tous avaient disparu, puis d’un coup sont revenus : séance d’apprentissage à la chasse, un régal ! »

Spot préféré?

"Les digues du lac du Der, m’y poster quand la lumière descend, un jour sans vent, il y a toujours quelque chose à voir ».

Un lieu mythique?

"L'Antarctique, en mer, les Albatros sur une mer houleuse. L’Arctique aussi, voir un ours blanc. Le Sahara où je suis allé et retournerai ».

Un animal disparu qui revient ?

Le Grand Pingouin.

Des urgences?

"Mettre en œuvre la Trame verte et bleue prévue au Grenelle, changer les types d’agriculture et d’élevage ».

Des conseils au débutant?

« Faire ce qu’on a envie, laisser courir ses passions. On n’a qu’une vie, donc profiter de chaque instant et ne pas se laisser absorber par les contraintes matérielles »

Et la technique?

"L’aquarelle évidemment, les pastels aussi"

Un message pour conclure?

"Observer avant de photographier ou de dessiner, beaucoup ne le font pas. Commencer par les jumelles ou une longue vue, ça apprend beaucoup ».

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