Artistes animaliers

SPREUX François

François SPREUX aime la nature. Plutôt normal pour un prof de sciences de la vie et de la terre. Mais il s’adonne également à sa passion à travers la peinture, notamment la peinture animalière « hyperréaliste ». Pour Dessins & Peintures, il parle à cœur ouvert de son goût du détail et de sa recherche de différence.

Lorsqu’on dit de ses peintures qu’elles ressemblent à des photos, François SPREUX ne se laisse pas démonter.
« On peut voir sur un tableau de Van Eyck ou Memling beaucoup plus de choses que sur une photo. La peinture peut rendre l’épaisseur et la douceur d’un plumage, la photo ne le peut pas… De plus, sur une toile, on compose une scène qui est presque impossible à observer dans la réalité. Un chat observant une guêpe qui vole autour de lui, par exemple… Le peintre fait ce qu’il veut avec la réalité. »

"Peintre autodidacte, j'ai commencé réellement à peindre en 1985.

Si j'ai toujours aimé dessiner, j'ai également adoré observer les animaux. Je me souviens que je laissais une paix royale à mes parents. Il n'était pas rare que je me cache près d'un nid d'oiseaux et que j'attende patiemment l'arrivée de l'animal pour l'observer ou le prendre en photo.

Le style "hyper-réaliste" s'est immédiatement imposé car j'étais en admiration devant le rendu obtenu par les peintres primitifs flamands et par les peintres contemporains faisant du trompe-l'oeil.
En fait, les trompe-l'oeil et l'art animalier se rejoignent ; 'ai toujours voulu atteindre le maximum de précision dans les détails, dépasser la photographie.

Un trompe-l'oeil semble réel et j'aimerais aujourd'hui en faire avec mes animaux, en arriver à se demander si le poil du lion est véritable ou non.

Pour ce qui est de la technique, je fais des des glacis (plusieurs fines couches superposées).
J'ai rapidement abandonné la peinture à l'huile (qui demandait trop de temps de séchage entre les différentes couches) pour utiliser la peinture acrylique.

Avec l'huile, je devais avoir deux ou trois tableaux en chantier, ce qui ne me convenait pas du tout.
Avec l'acrylique, je commence une toile et m'y consacre jusqu'à la fin."

 

INTERVIEW

Pourquoi l'animal sauvage ?

C’est tout naturellement que j’ai commencé à peindre la faune sauvage car je suivais des études de biologie animale le jour où j’ai pris des pinceaux pour la première fois.
A l’époque, la peinture animalière était surtout considérée comme un art d’illustration et n’avait pas vraiment sa place dans les grandes expositions.

Un maître à penser ? 

Pas un maître, mais plusieurs… les primitifs flamands.

Une œuvre marquante ? 

Le chardonneret peint en 1654 par Carel Fabritius. J’ai eu l’occasion de le voir au Grand Palais dans les années 80 et c’est une œuvre de petite taille mais vraiment remarquable.

Si j'étais un animal sauvage ? 

Une panthère noire

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ? 

Quand j’étais enfant, je suis resté toute une journée près d’un nid de mésanges à attendre qu’elles prennent confiance afin de les prendre en photos.
A la fin de la journée, l’une d’entre-elles finissait par venir se poser et avec mon petit instamatic, je prenais le cliché tant convoité…

Mais quand la pellicule de diapositives fût développée, ce fût la consternation. L’appareil avait un objectif grand angle et sur la diapo, la mésange avait la taille d’une tête d’épingle.

Un animal disparu qui reviendrait ?

Le rhinocéros noir

Un animal fantastique qui existerait ?

La licorne

L'oeuvre à laquelle vous tenez particulièrement ? 

L’argus bleu céleste : tableau représentant les falaises d’Étretat avec un papillon argus dans les herbes.

J’ai toujours été fasciné par les falaises d’Étretat et j’ai toujours refusé de vendre cette toile.

De plus, j’ai cherché à représenter les falaises sous un angle inhabituel, aérien… elles sont placées en haut à droite du tableau alors que traditionnellement, on les voit toujours à gauche et massives.

Là, le sujet principal est constitué par des vagues d’herbes sous le vent dans lesquelles vole un papillon Argus (peu visible car tout petit).

La mer quant à elle est d’huile…

Capture d’écran 2015-05-28 à 15.31.06 Un lieu mythique ?

Le parc de Yellowstone

Et la technique ?

En ce qui me concerne, elle est primordiale puisque je fais de l’hyperréalisme.

C’est ce qui fait dire à certaines personnes que ce genre de travail manque de sensibilité. Ce que je conteste bien naturellement. Mais c’est l’éternel sujet de conversation avec les personnes qui considèrent que technique et poésie ou sensibilité sont incompatibles.

Des urgences ? 

Tant que l’argent sera le nerf de la guerre, il y aura toujours des catastrophes. Après le rhinocéros noir, l’éléphant ou les baleines sont menacés. Cela se passe loin de nous et peu de personnes se sentent vraiment concernées. Jusqu’au jour cela nuira directement à notre environnement proche. Mais il sera peut-être un peu tard…

Des conseils ? 

Je peux juste expliquer comment j’ai débuté. J’ai observé les peintres que j’admirais et je me suis dit que si eux y arrivaient, il n’y avait pas de raison pour que je n’y parvienne pas. Après, c’est une question de travail, d’essais réussis ou non, de persévérance.

Pour bien travailler, il faut du bon matériel (pinceaux et peintures et toiles), le sens de l’observation et dans ma technique, ne pas négliger les petits détails.

Une association à mettre en avant ?

La LPO

Pour conclure ?

Je suis peintre amateur et je ne fais pas de tableaux pour l’argent (même s’il m’arrive d’en vendre, mais ce n’est pas mon but initial)… c’est uniquement pour le plaisir que je peins et si les personnes qui voient mes toiles ressentent ce plaisir, le but est atteint.

 

DISTINCTIONS

Récompenses

  • Médaille d'argent du Salon des Artistes Français au Grand Palais de Paris 1986

  • Prix du Club des Amis de l'Europe et des Arts 1986.

  • Prix Taylor 1986

  • Prix Elsener 1988

  • Prix Rosa Bonheur 1989

  • Prix du Conseil Général du Pas-de-Calais au Grand Prix de France des Arts Plastiques
    1988

  • 1er prix de peinture au concours organisé par la SRIAS dans le cadre de Lille 2004 capitale européenne de la culture

  • Médaille d'argent de la Société Académique des Arts Sciences et Lettres de Paris 2015

  • Prix du Public au Salon d'Art animalier de Saint-Pierre-Lès-Nemours  2016

  • Prix de l'Assemblée Nationale au Salon du Gala à Albert 2017

  • Prix du Public au Salon du Gala à Albert 2017

Publications

- L'Univers du vivant: n° 25 (Novembre 1987: page 110)

- Maison de Femme Pratique - Hors série n°2 Animaux de compagnie - (septembre / octobre 2005 : pages 4, 6 et 8)

- Dessins & Peintures - n° 24 (Mars - Avril 2006: pages 48 ‡ 51)

- Féminin Spécial Chats - n° 16 (Mai/Juin/Juillet 2008: pages 58 et 59)

- Chat Magazine - n° 73 (Février/Mars 2009: page 24)

- Pratique des Arts - n° 96 (Février/Mars 2011: page 6)

- Spécial Chats - n° 11 (FÈvrier/Mars/Avril 2011: page 87 ‡ 91)

- Promenade en Seine et Marne avec les peintres (L. Levasseur et A. Morichon de Bruyne), Èditions Amatéis 1989 (page 57)

- ART ANIMALIER: Le chat dans l'art contemporain - Tome 6, éditions Abbate Piolé 2013 (pages 134 ‡ 139)

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