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MONOD Théodore

Théodore Monod, homme d'exception : Naturaliste, explorateur, érudit et humaniste. A vingt ans, jeune licencié ès sciences et assistant au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, il est envoyé sur la côte saharienne pour y étudier les poissons et la pêche. Ce sera le début d'un long tête-à-tête avec le désert, d'une aventure scientifique et humaine vécue par un homme hors du commun.

Théodore Monod est né à Rouen en 1902. En 1907, sa famille s'installe à Paris lorsque son père est nommé pasteur de la paroisse de l’Oratoire du Louvre. Dès l'âge de 5 ans, ses parents l'emmènent visiter la Ménagerie et le Jardin des Plantes, faisant naître sa vocation de naturaliste. À 16 ans il fonde une Société d'histoire naturelle qui édite un bulletin et a quatre adhérents dont André Gide.

Il réalise ses études secondaires à l'Ecole Alsacienne et devient à 20 ans assistant stagiaire au laboratoire des pêches et productions coloniales d'origine animale au Muséum d'histoire naturelle. C'est à ce titre qu'il effectue en 1922 une mission d'étude océanographique et de biologie marine à Port-Etienne sur les côtes de Mauritanie (étude des phoques moines dans la presqu'île du Cap Blanc). Sa première méharée lui donne la passion du désert, surtout du Sahara qu'il arpentera pendant plus de soixante ans, à dos de dromadaire, ou à pied, à la recherche notamment d'une météorite mythique. Ce faisant, il découvrira de nombreux sites néolithiques et révélera des espèces végétales dont certaines portent son nom.

Il est titulaire en 1921 d'une licence de sciences naturelles (thèse d'ichtyologie), qui, à l'époque, comportait trois certificats : géologie, zoologie, botanique. Il obtient son doctorat ès sciences en 1926 (thèse soutenue à la Sorbonne intitu­lée « Contribution à l’étude des Gnathiidae » avec notamment une monographie sur un crus­tacé isopode, le Paragnathia formica).

Théodore Monod devient directeur de l'Institut français d'Afrique noire, créé à Dakar en 1936 et qu'il a rejoint en 1938, faisant de cet organisme le plus grand centre scientifique de l’Afrique-Occidentale française.

Il effectue avec Auguste Piccard en 1948 au large de Dakar la première plongée en bathyscaphe, FNRS II. Celle-ci, expérimentale, atteindra la profondeur de 25 mètres. La plongée suivante sera plus probante mais se fera sans Théodore Monod.

Il est professeur au Muséum national d'Histoire naturelle de 1946 à 1973, membre de l'Académie des sciences d'outre-mer en 1949, de l'Académie de marine en 1957, et membre de l'Académie des sciences en 1963. Entre 1953 et 1964, il effectue six longues traversées du Sahara à pied et à dos de chameau. Ces "croisières hauturières" comme il les appelle, achèvent de faire de lui un spécialiste mondial du désert.

En 1965, le chercheur regagne Paris pour poursuivre ses études sur certains poissons et crustacés. Après sa mise à la retraite en 1972, il conserve son bureau au sein du laboratoire d'ichtyologie et travaillera pratiquement jusqu'à sa mort dans cette pièce au milieu des livres, des bocaux pleins d'échantillons, des microscopes, des squelettes, des coquillages, des cailloux et des spécimens de plantes...

A une époque de spécialisation, il est resté un encyclopédiste à la manière du XVIIIème siècle. Tour à tour ou simultanément zoologiste, botaniste, géographe, géologue, archéologue, préhistorien, anthropologue, linguiste.

Cet écologiste avant l'heure dénonce l'imprévoyance de l'homme qui aujourd'hui accélère dangereusement le rythme de ses déprédations. Cet immense érudit s'éteint à Versailles en 2000.

 Photographie Edmond Diemer

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