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SARANO François, rencontre avec un poète actif de la mer

Nous avons rencontré François Sarano à Montier en Der en novembre.

François est docteur en océanographie, plongeur professionnel, ancien directeur de recherche du Programme Deep Ocean Odyssey, chef d'expédition et ancien conseiller scientifique du Commandant Cousteau. Il est né en 1954.
Pendant treize ans, Il a participé à une vingtaine d'expéditions à bord de la Calypso. Il a été responsable du département "Ressources Halieutiques" au WWF France et à l'origine, avec Laurent Debas, du concept d'UEGC, Unités d'Exploitation et de Gestion Concertées, pour une gestion durable des ressources halieutiques par les pêcheurs. Il est également cofondateur de l'association Longitude 181 Nature avec Vincent Ohl dont l'objectif est la protection du milieu marin et le partage équitable de ses ressources, en s'appuyant sur la Charte Internationale du Plongeur Responsable. Plongeur, conseiller scientifique et co-scénariste du film Océans réalisé par Jacques Perrin et Jacques Cluzaud.

Il est conseiller scientifique et coauteur de « Le peuple des Océans », série de 4 documentaires de 52 minutes (réal J. Perrin et J. Cluzaud). Il est coauteur avec Stéphane Durand des livres Océans (Éditions Seuil), issus de la réalisation du film et coauteur avec sa femme, Véronique, de plusieurs livres et guides sur la Libye et la Sicile (Éditions Vilo). Il est aussi l'auteur de « Rencontres Sauvages, Réflexion sur 40 ans d’observations sous-marines.» (Éditions Gap)

François Sarano, membre de l'Académie Drômoise (2005), propose un programme de conférences à destination du grand public, des entreprises et collectivités, afin de sensibiliser chacun à l'importance de laisser une place à la vie sauvage, indispensable au développement de l'Humanité.

Retrouvez ici son interview sur le site du Monde, et ici une interview sur le site du Parisien

Filmographie :
- "La mer volée", Cousteau Jacques Yves et François Sarano, documentaire 26 minutes; 1992
- "The mirage of the sea", Cousteau Jacques Yves et François Sarano, documentaire 52 minutes; 1992
- "La piste d'Abel, les origines de l'homme", commentaire François Sarano, documentaire 52 minutes - réalisation Thierry Ragobert, 1997
- "Océans", co-auteur Francois Sarano, film, réalisation Jacques Perrrin et Jacques Cluzaud, 2010
- "Le peuple des Océans", co-auteur Francois Sarano, série de 4 documentaire de 52 minutes - réalisation Jacques Perrrin et Jacques Cluzaud, 2011
- "Méditerranée, le royaume perdu des requins", réalisation François Sarano et Stéphane Granzotto, documentaire 52 minutes, 2013

Expéditions Cousteau :
- Expéditions réalisées en tant que plongeur-biologiste, conseiller scientifique et pour certaines chef de mission.
1985, Haïti : L’eau du Chagrin
1985, Cuba : Les eaux du destin
1986, Cap Horn : Les Eaux du vent
1986, les Marquises : Les montagnes de la mer
1987, Nouvelle Zélande : La rose et le Dragon
1987, Nouvelle Zélande : Au pays du long nuage blanc
1987, Nouvelle Zélande : Le Péché et la rédemption
1987, Tahiti : L’eau de feu
1988, Australie : l’ultime barrière
1988, Papouasie Nouvelle Guinée : La machine à remontée de le temps
1988, Bornéo : Le spectre de la tortue
1988, Bornéo : La forêt sans terre
1989, Thaïlande : Les forçats de la mer
1989, Iles Andaman : Les îles invisibles
1989, Indonésie – Moluques : Les vergers de l’enfer
1989, Indonésie - Sumatra : Le cœur de la Mer
1990, Danube : Le lever de Rideau
1991, Danube : Le rêve de Charlemagne
1991, Danube : Les cris du fleuve
1992, Danube : Les débordements du fleuve
1993, Madagascar : L’île des Esprit 1
1994, Madagascar : l’île des Esprit 2
1995, Chine : A travers la Chine avec le Fleuve Jaune
1996, Lac Baïkal, derrière le miroir

Publications: "Le retour de Moby Dick", Actes Sud, septembre 2017

Les cachalots ont-ils encore un avenir ? Je l’espère bien !

Mais avec nous, pas un avenir seuls, un avenir commun avec tous nos autres colocataires sauvages. Parce que nous nous enrichissons mutuellement… si nous nous rencontrons avec bienveillance, avec respect.

Et eux, qui ne sont plus chassés, ont un bel avenir si nous arrêtons de polluer les océans parce que les mers concentrent dans leur graisse des métaux lourds qui sont libérés dans le lait maternel et empoisonnent les petits.

Il faut donc aussi repenser notre mode de consommation et mieux nos relations pour vivre en paix.

Les cachalots nous disent cela.

 

Quelle est leur population mondiale ? Des chiffres courent, 300, 350 000 mais il n’y a pas de recensement réel. Comment recenser une population qui n’apparaît pas régulièrement en surface ? Ils passent une grande partie de la journée dans les grands fonds ; en plus ils ne sont pas toujours ensemble en surface.

Il est déjà très difficile d’identifier une population comme celle que nous suivons à l’île Maurice – dont nous avons déjà 80 cartes d’identité -, 80 individus, probablement plus mais c’est très compliqué.

 

Le sauvage, tu insistes beaucoup là-dessus ; on assiste à une artificialisation de la nature – sur terre beaucoup mais aussi en mer -, à sa destruction… Qu’est-ce qu’on perd si on perd le sauvage ?

Nous ! On se perd nous ! Le sauvage nous offre l’imprévisibilité à la dimension de nos rêves. La rencontre avec la vie sauvage est la meilleur école de vie en société, car les rencontres sont pures, dépouillées, authentiques. La vie sauvage nous apprend à rencontrer celui qui est différent; elle nous apprend à trouver la distance juste avec l’autre, la distance du respect qui permet de vivre ensemble en paix. C’est notre liberté de respecter les autres, tous les autres, ceux qui sont différents, qui sont encombrants, ceux qui nous dérangent qui fait notre spécificité à nous les hommes. C’est le respect de tous nos coloca-Terrequi fait notre Humanité. 

 

Pourquoi apprécies-tu faunesauvage.fr ? Quand on est plongé dans l’intimité des cachalots, on découvre tout à coup qu’il y a autre chose, d’autres infos : « ouh la la, ce livre, je dois le lire » ! On n’en aurait pas entendu parler si il n’avait pas été cité sur ce site.

Et puis il y a toutes les actions qui sont menées à droite à gauche et nous, à Longitude 181, on est très contents de voir qu’il y a d’autres actions menées sur d’autres thématiques mais qui convergent toutes vers une meilleure harmonie entre l’homme et le vivant.

Et donc c’est formidable de lire cela régulièrement.

Et moi, je me régale !

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HULLOT Jean-Marie, 1954-2019

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DUFFILLOT Sébastien