Photographes animaliers

REBOUL Carole

Auteur Photographe, je suis passionnée de macrophotographie car on y découvre un univers à part entière, des détails insoupçonnés.

Je pratique intensément, toujours à la recherche de ce petit plus dans l’éclairage qui pourrait transcender la photo.  J’aime utiliser la lumière, souvent en contre-jour, pour métamorphoser la photo.  J’avoue notamment avoir un net penchant pour les toutes petites profondeurs de champ, qui permettent d’obtenir des arrière-plans (bokehs) flous, à la manière d’une peinture.

J'ai commencé par photographier les fleurs et les insectes que je rencontrais, au gré des balades. Puis j'ai eu envie d'aller plus loin. Je voulais voir certaines fleurs ou certaines espèces de papillons, et j'ai travaillé dessus (localisation, période...) avant de partir à leur recherche. Dans cette démarche, le plaisir est décuplé : quand on marche de longues heures et qu'enfin on atteint son but, on savoure infiniment plus cet instant. Quand je photographie, je me sens les pieds sur Terre, bien ancrés, mais la tête dans le ciel. Les fleurs, les papillons... sont les traits d'union qui me permettent de voyager de l'un à l'autre.

Etre photographe de nature réunit ma préoccupation pour la biodiversité, mon attirance pour les espaces sauvages et les voyages. En macro, les voyages ne sont pas forcément lointains. Il est possible de voyager en allant au fond de son jardin, simplement parce que nous le verrons différemment et que nous nous évaderons, que nous irons à la rencontre de l'autre, cette fleur ou ce papillon que l'on n'a jamais pris le temps de regarder. Le voyage, ici, va nous faire découvrir l'univers qui est à nos pieds, que nous foulons souvent sans prendre conscience de sa richesse, que notre regard porté d'en haut aplatit, alors qu'il est tout autre, infini, coloré, grouillant...

Très vite, j'ai pris conscience de l'importance de la lumière. Tout comme elle est essentielle à la réussite d'un paysage, elle l'est aussi en macro, surtout quand on cherche, comme j'aime le faire, à montrer le sujet dans son environnement. Au cours d'une journée, la lumière est incroyablement changeante, et le lendemain sait encore nous offrir d'autres nuances. C'est comme si la palette du peintre se renouvelait à chaque instant, une vraie aubaine pour le photographe !

Par ailleurs, les manières de jouer avec elle derrière un appareil photo sont infinies, il suffit d'expérimenter et de se laisser aller à observer.

J'essaie de montrer un univers quasi onirique, plein de douceur et de poésie, où le sujet, son environnement et la lumière sont intimement liés.

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INTERVIEW

Pourquoi l'animal sauvage ?

Je suis mal à l'aise quand je vois la position que l'homme s'est donnée sur Terre, au sommet de la chaîne. Notre suprématie n'a pu se faire qu'aux détriments des autres espèces, nous avons oublié que nous ne sommes qu'une parmi des millions d'autres. Trop de monde vit aujourd'hui dans une nature aseptisée, complètement coupé du monde sauvage, retranché derrière des barrières qui le rassure, et cette tendance va en s'accentuant. J'ai parfois l'impression que l'homme va finir par vivre hors-sol, coupé de ses racines, comme ces légumes dans les serres.
L'animal sauvage est le dernier fil qui peut encore nous faire prendre conscience que c'est dommageable pour la planète de se croire systématiquement les maîtres des lieux.

Un maître à penser ? 

Je pense à Théodore Monod. Ses lectures ont profondément marqué le style de paysages que je cherche à photographier, ainsi que ma conception des voyages, sources d'inspiration photographique.
Sinon, j'admire ceux qui parviennent à mettre leur vision artistique au service d'une éthique, comme par ex Nick Brandt.

Une œuvre marquante ?

Les livres de Joe Cornish, notamment First Light. L'art de capter la lumière sur les paysages...

Si j'étais un animal sauvage ?

Un albatros : solitaire, fidèle, à l'aise sous les climats tourmentés et vides de présence humaine.

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ?

Les macareux sur les falaises de Latrabjarg, en Islande : des heures et des heures à les contempler, allongée dans l'herbe tellement près d'eux. Un coup de coeur et un profond respect !

Un animal disparu qui reviendrait ?

Le dodo. Si l'homme pouvait revenir en arrière et effacer ses erreurs... Mais ne ferait-il pas exactement pareil ?

Un animal fantastique qui existerait ?

La licorne, juste pour le plaisir de partir à sa recherche avec mes enfants.

La photo ou la série à laquelle vous tenez particulièrement ?

Depuis deux ans, dès que j'ai du temps libre, c'est dans la région de Saragosse que je cours. J'y ai mené plusieurs séries sur les paysages, en couleur au début puis de plus en plus en noir & blanc. Dernièrement, c'est une série que je débute sur les rapaces charognards (vautours fauves, gypaètes, percnoptères, milans royaux) côté Pyrénées Espagnoles qui me tient à coeur. J'ai choisie de la sortir aussi en N&B pour la cohésion de l'ensemble de mon travail sur la région.

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Spot préféré ?

Les grands espaces de l'Aragon, ses terres désertiques où je ne cesse de retourner, pour ses paysages, sa flore et sa faune. J'y trouve l'équilibre, et j'y espère l'inspiration.

Un lieu mythique ? 

Un mélange d'Islande, de Mongolie et de Chili. Sans hésitation, j'abandonnerais tout pour aller y vivre, et accessoirement, évidemment, entre deux contemplations, y faire des photos jusqu'à la fin de mes jours, heureuse...

Et la technique ?

Réponse classique : la maîtriser pour mieux l'oublier. Cela permet ensuite d'expérimenter, de s'amuser. Mais l'important, je pense, c'est l'oeil : imaginer sa photo avant de la faire.

Des urgences ? 

Tout devient très urgent et tout est lié. Disons peut-être que la déforestation (au sens large, c'est-à-dire la diminution de tous les espaces naturels sauvages) est à traiter en premier, car elle influe à la fois sur le climat et la biodiversité. Difficile en effet d'essayer de sauvegarder une espèce si son habitat disparaît. Il faut aussi en même temps une prise de conscience collective des enjeux. La France est la première à avoir des efforts à faire dans ce domaine, quand on pense par exemple aux récentes autorisations de tirs d'effarouchement sur des loups, des vautours...

Des conseils ? 

Pratiquer le plus possible. Trouver un juste équilibre entre efforts et plaisir. Expérimenter sans cesse. Passer aussi beaucoup de temps à regarder les photos des maîtres, pour exercer son oeil.

Une association à mettre en avant ?

"Lumières Cévenoles", une association qui a bientôt 3 ans. Nous l'avons, avec un autre photographe animalier de mon village, Christophe Lopez, fondée dans le but de montrer et promouvoir la nature dans les Cévennes auprès des habitants de notre région par l'intermédiaire de nos photos. Nous sommes aujourd'hui une dizaine de photographes bien investis, et des organismes très divers, comme La Poste, des Offices de Tourisme, des monuments historiques, commencent à nous contacter pour organiser des expositions chez eux. Nous sommes tous complémentaires et apportons ensemble une vision plus globale des paysages, de la flore et de la faune de notre région.

Pour conclure ?

Un grand merci à vous pour m'avoir invitée à paraître sur ce portail "faune sauvage" : je le conseille vivement, c'est une bonne idée et il est extrêmement riche, c'est un travail extraordinaire qui a été fait là. Bravo pour ce site engagé, qui met du baume au coeur !

DISTINCTIONS

EXPOSITIONS ET PARUTIONS

- Rencontres Natur’images , à Tignécourt, dans les Vosges, avril 2018, avec une toute nouvelle expo : Lévitations Islandaises.

- 21° festival de Montier-en-Der, du 16 au 19 novembre 2017, avec Bulles d’obscurité.

- Instants Sauvages 74, à Cornier, en Haute-Savoie, du 24 au 26 novembre 2017, avec Bulles d’obscurité.

- 13ème édition du festival ‘Grandeur Nature’ au Château Royal de Collioure entre le 21 avril et le 25 mai 2017.

- Conférence à Genève, en Suisse, sur la photographie de fleurs en macro, le 31 octobre 2016.

- Festival de l’image Nature et Montagne de Cauterets, Pyrénées Centrales.

- Festival photo Aves (Namur, Belgique),

- Festival Nature Namur (Belgique),

- Festival de la Salamandre (Suisse),

- Les Silences du Ventoux (Sault en Provence, 84),

- Festival Coeur de France (Cher),

- Festival Nature Hauteville Lompnes (Ain),

- Rencontres Natur'images (Tignécourt, Vosges),

- Festimages Nature (Laval expo, 53),

- Rencontres Objectifs Nature (Alpes de Haute-Provence, 04),

- Rencontres Photographiques animalières et de Nature (St-Martin de Crau, 13),

- Festival photos-dessins nature des Pyrénées (Ariège, 09),

- Printemps de la Photographie (Romorantin, 41)

- Diverses parutions dans Image et Nature (n°71), Nat'images (n°14 et 21), Macrophotographie (n°6), Mon jardin Ma maison.

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