Photographes animaliers

CHAUFOURNIER Julien

Né à Nancy en 1990, je me balade dans la nature depuis mes premiers pas (qui ont été tardifs…). Une maman militaire et un papa plutôt bricoleur, mes parents m’ont toujours laissé en plein air. Je côtoie la nature depuis toujours finalement mais contrairement à beaucoup, je n’ai pas hérité ma passion de ma famille. Je suis une personne plutôt solitaire qui aime beaucoup apprendre par moi-même, non pas que je n’aime pas partager bien au contraire mais je trouve ça gratifiant de remplir un objectif où l’on a oeuvré seul.

« Homme des bois » comme me surnomme mes proches, à partir de l’âge de 10ans, j’ai commencé la pêche avec l’un de mes oncles. Puis à 16ans, j’ai parcouru les rives des eaux de France à la recherche d’un seul et unique poisson…la carpe.

Une pratique de la pêche en « no-kill » qui a duré 10 ans. J’ai été pendant les dernières années consultant média en photo/vidéo de produits pour une grande marque international ainsi que pour un magasin reconnu. J’ai pu écrire des articles pour divers magazines réputés en France dans le domaine. Depuis 2014, j’ai quitté progressivement les rives pour consacrer mon temps à une autre passion. L’ensemble de la nature et ses habitants avec un objectif : partager au public sa beauté mais aussi sa fragilité.

Formé pendant 1 an au métier de la photographie dans une école Parisienne, je me suis dirigé plus spécialement sur la photographie animalière. Je suis avant tout autre chose un témoin de scène de la vie sauvage. Mon travail consiste à témoigner de mes observations de vie sauvage dans leur milieu naturel, dans une approche la plus esthétique possible, sans déranger la faune et la flore. Créer une image de part la lumière et un animal sauvage pour produire une étincelle d’émotion.

J’ai d’abord évolué dans la Vienne et l’Indre où j’ai beaucoup appris de mes expériences au fil du temps puis c’est aujourd’hui dans la région Champagne-Ardenne que je pratique mon métier avec passion. J’ai créé mon entreprise de photographie en 2017 que j’essaie de faire évoluer petit à petit. Je photographie les animaux les plus communs des campagnes françaises en faisant des oeuvres d’art ou plus simplement des images naturalistes. La nature a une force et un pouvoir esthétique incroyable qu’il faut savoir saisir à l'instant T tout en respectant l'intimité de la faune et de la flore.

Le photographe animalier côtoie la nature, il la regarde, il la comprend, mais surtout se doit de la protéger et pas seulement de montrer le meilleur de son travail. Par la pédagogie, il faut selon moi apprendre au plus jeune les bons gestes pour un avenir préservé.

INTERVIEW

 

Cheminement personnel jusqu’à l’animal sauvage :

Quand je pratiquais la pêche de la carpe, j’attendais, j’étais assis sur mon fauteuil et je prenais le temps de regarder autour de moi. C’est mon ancienne passion qui m’a offert celle d’aujourd’hui. Je voyais souvent des chevreuils, ragondins, oiseaux d’eaux au bord des rives et j’avais envie de comprendre comment tout ce petit monde vivait. Le premier photographe animalier que je suivais à cet époque est Frank Pizon, qui est maintenant un ami, il a fortement contribué (sans qu’il ne le sache) à me lancer dans cette voie.

En 2014, j’ai troqué mon bridge contre un appareil reflex. C’est donc assez tard que j’ai commencé l’animalier. J’ai passé durant les 6 premiers mois le plus clair de mon temps sur internet à récolter des informations sur les hommes et femmes qui photographient la nature. Comprendre leurs travaux, l’éthique, leurs façons de procéder. Puis un soir d’été avec un filet et un 70-300mm j’ai fait mon premier affût. Ce qui est drôle au début c’est de voir un chevreuil qui mange à 100m et d’avoir cette sensation qu’il est à mes bottes. Je me souviens d’être tout tremblotant et ému.

J’ai tout appris seul, avec le net et les blogs. J’ai eu beaucoup de mal à placer mes sujets et à comprendre l’art de certains photographes de nature pendant quelques mois, trouver mon identité quelque part.

Un maître à penser :

J’ai beaucoup d’admiration pour le travail et le parcours de Joël Brunet. Son approche et ses images me fascinent. Mes travaux ne ressemblent pas à ce qu’il réalise mais je trouve parfois l’inspiration dans ses images. Épurées et pleines de poésie, il réussi parfaitement à mettre en valeur le sauvage et la nature dans un contexte féérique. J’ai pu le rencontré lors du Festival Nature Namur 2018, c’est un homme très agréable.

Une oeuvre marquante :

« ARCTIQUE » de Vincent Munier. Ce livre m’a était offert par mon épouse en 2015. Un ouvrage incroyable. Lorsque j’ai eu cet ouvrage en main, je suis parti en voyage très loin

Si j’étais un animal sauvage:

Le grizzly! Un animal incroyablement puissant et généralement solitaire. L’ours en général me laisse rêveur mais mon plus grand souhait est de croiser la route d’un grizzly au Yellowstone

Un animal disparu qui reviendrait ?

Le tigre à dents de sabre !

Un animal fantastique qui existerait ?

Je suis pas très fantastique pour être franc. Mais le minotaure pourquoi pas !

La photo ou série à laquelle vous tenez particulièrement ?

C’était le 28 juillet 2018, plus d’un mois que j’essayais en vain de photographier un couple de chevêche d’Athéna et ses deux petits. J’ai laissé un perchoir à proximité de leur arbre fétiche. Elles restaient toujours dans le même arbre la journée, il n’y avait pas d’autres arbres à moins de 100m. Les adultes n’ont jamais posé une patte sur le perchoir la journée, uniquement la nuit (vu avec caméra infrarouge).

Les affûts de plusieurs heures se résumaient à échec sur échec. Je voulais éviter de travailler la nuit avec le flash en déporté et rester en lumière naturelle, mais aussi pour choisir le fond (bokeh) de mes images. Et puis un matin pas comme les autres, en place à 5h dans mon affût, le graal est arrivé 2 heures plus tard.

À 7h11, une première chouette (juvénile) s’est posée, c’était incroyable! Je n’ai même pas déclenché tout de suite avec l’adrénaline du moment. Puis j’ai commencé à faire les premières images. À 7h21, j’ai eu la chance de voir se poser la deuxième chouette de la portée. À ce moment là, je me disais d’un voix basse et stressé « Pitié ne partez pas, restez encore un peu » (rire) et les poses des deux compères ont duré 25min.

Elles sont ensuite reparties dans l’arbre habituel. Ces deux petites boules de plumes de quelques grammes m’ont donné des émotions indescriptibles et m’ont confirmé que l’animalier est un art de patience, de connaissance du sujet et de persévérance. Un moment que je n’oublierai jamais

Spot préféré :

Je n’ai pas vraiment de spot préféré, je me contente de la liberté d’exercer qui s’offre à moi. J’adore la marche, les longues randonnées, c’est donc la montagne pour sa tranquillité et sa faune particulière qui serait ma préférence.

Plutôt solitaire ou accompagnateur de groupe ?

J’aime être seul la plus part du temps, je suis seul juge de mes décisions, je travaille et apprécie mieux la nature. Même si j’aime partager de bons moments entre copains ou partager mon expérience à de petits groupes.

Un lieu mythique ?

Un projet qui est ancré dans ma tête, le parc national de Yellowstone avec sa riche faune sauvage. C’est sans aucun doute une merveille à vivre. Entouré de montagnes, de rivières, de canyons et de prairies. Une faune qui laisse rêveur, le puissant grizzly, le loup noir, les originaux, les derniers bisons sauvages, les aigles. Difficile de garder les pieds sur terre quand je pense aux Etats-Unis.

Quel voyage...

Et la technique ?

J’ai eu pas mal de reflex de gamme différente, J’ai commencé avec un petit D5200 et un 70-300mm au début et puis d’autres reflex dit « Pro » D500, D750, D4 et actuellement je travaille avec un hybride Nikon Z6 et le 400mm F/2.8 de la même marque. J’en reviens toujours au même résultat. Il faut connaitre les bases (exposition, ouverture, vitesse, sensibilité) après c’est l’expérience qui me guide.

J’utilise de temps en temps la technique du flash déporté comme pour la série « Deux ailes et un éclair »

Le résultat dépend de la technique, et la technique dépend du moment et des conditions. C’est ce qui fait l’art de la photographie. Mais je parle plus ici de réglage, car la technique pour moi englobe d’autres facteurs importants (approche, connaissance du sujet, sens du vent, milieux où j’opère…)

Des urgences ?

Il serait temps en France d’abolir la chasse à courre et le déterrage. Protéger le renard roux et le sortir de cette liste des statuts « nuisibles ».

Des conseils ?

Mes meilleurs et plus sages conseils sont de bien connaitre ce que l’on souhaite observer, ainsi que le milieu où il vit. Restez discret et soyez patient. Rien ne tombe tout cru dans le bec. Respectez la nature et elle vous le rendra à sa manière. Restez humble, dites vous que si vous avez fait une belle image sans nuire à la nature, vous n’êtes pas le meilleur mais vous aurez juste bien fait votre approche.

La question du matériel me revient souvent mais ce n’est pas l’essentiel ! Vous souhaitez réaliser des photographies animalières? Alors faites en sorte de connaitre le sauvage en respectant son habitat.

Une association à mettre en avant ?

L’Aspas et Férus font un travail remarquable. Leurs actions pour la protection de la nature sont exemplaires. De nos jours protéger les petits ou plus grands prédateurs n’est pas choses aisée en France. Un grand MERCI à eux

Pour conclure

Pour finir, je dirais que « La nature de demain  est le souci de chacun ». Nous avons tous un rôle à jouer dans la protection de la nature quelle que soit notre passion ou notre vie et nos actions.

Je tiens à remercie Philippe Guerlet de m’avoir proposé ce portrait ainsi que l’équipe faune sauvage.

Un grand merci également à mon épouse de me laisse partir dans la nature aussi souvent que je le désire ainsi que de m’aider dans mes projets professionnels photographiques.

 

 

DISTINCTIONS

- "Jeune terreur" sélectionnée au concours du Festival International Nature Namur - Catégorie oiseaux.

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