Photographes animaliers

PIERRE Eric

Le froid, la neige et la nature sauvage m’ont toujours attiré. Peut être des racines familiales dans les Alpes et les Vosges y sont pour quelque chose …

Après des années de ski et d’alpinisme autour de Chamonix puis en Himalaya, l’industrialisation des vallées alpines, la surexploitation commerciale de la montagne et la surpopulation en résultant, m’ont décidé à chercher d’autres d’horizons.

Alors, j’ai mis d’abord le cap sur l’Alaska et le Yukon où j’ai retrouvé exactement ce que je cherchais : le froid, la neige, des étendues à perte de vues avec en plus un des spectacles les plus extraordinaires de la nature: les aurores boréales. J’y ai également appris la conduite d’attelage, le moyen le plus naturel de se déplacer en hiver dans ces régions isolées.

Puis ce fut une première approche de la photo animalière avec les Ours Polaires à Churchill, Canada (bien moins connu à cette époque) et ensuite, la recherche de la faune sauvage de ces régions avec de grands voyages et expéditions photo montées en solo, dans l’Arctique canadien avec le support d’Inuits comme en Terre d’Ellesmere, au Nunavut, mais aussi dans certaines parties peu connues du Kamchatka (Sibérie) avec l’aide de Volcanologues et d’autochtones.

A ce stade, ces voyages sont devenus de plus en plus complexes à organiser et à gérer du fait de l’isolement des régions explorées, de la faune recherchée, du support local à organiser, mais aussi du fait des alea de plus en plus importants sur la durée de ces aventures : la logistique et la photo dans ces régions dépendent beaucoup des conditions météo qui se révèlent parfois défavorables.

Il devenait donc évident que j’avais besoin de plus de temps pour préparer et réaliser ces voyages et pour exploiter ensuite les photos : c’est donc devenu progressivement un activité à temps plein.

De nombreux autres voyages ont suivi comme en Patagonie à la recherche du très furtif Puma des Montagnes et en Colombie Britannique à la recherche du très rare Ours Esprit. … A l’occasion d’une expédition dans le Détroit de Lancaster (Arctique Canadien), j’eus la chance également d’observer et de plonger avec des mammifères marins comme des Narvals et des Bélugas.

J’ai souvent ressenti chez les Guides locaux qui m’accompagnent pour la logistique et l’approche de la faune, une envie très nette de faire découvrir leurs territoires aux voyageurs.
J’ai également ressenti dans les discussions avec les visiteurs des expos consacrées aux images rapportées de mes voyages, non seulement de la curiosité mais aussi une envie de partir découvrir ces grands espaces.

Ayant donc les contacts locaux et l’expérience indispensables à ce type d’activité, j’ai donc décidé de construire et d’accompagner, avec le support d’agences spécialisées, une sélection de voyages inédits et exclusifs, ayant pour vocation la photo de nature ou simplement l’observation.

 

 

 

INTERVIEW

Pourquoi l'animal sauvage ?
J'ai toujours aimé les endroits les plus reculés de la planète, j'ai voulu rapporter des images de ces régions lointaines et moins connues à une certaine époque, et donc aussi de la faune, pour montrer aux gens qu'il existait autre chose que le quotidien. Le challenge technique et logistique pour ramener des images d'animaux sauvages me motive à chaque fois davantage aussi . Aujourd'hui, et malheureusement, les images publiées deviendront pour les générations à venir probablement les uniques témoignages de ce qui a existé par le passé.

Un maître à penser ? 
J'ai toujours aimé les photos de paysages d'Olivier Grunewald et j'ai essayé de tenir compte de son travail par la suite

Une œuvre marquante ?
Probablement le livre de Jim Brendenburg "White Wolf : Living with an Arctic Legend" publié dans les années 80s, qui m'a donné l'idée de monter deux expéditions à Ellesmere en 1999 et 2001, à une époque où très peu de gens connaissaient cet île du haut arctique canadien.

Si j'étais un animal sauvage ?
Peut être le loup, il nous ressemble tellement

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ?
C'est à chaque fois la même émotion quand on est enfin face à l'animal convoité , c'est parfois une rencontre furtive mais qui marque pour longtemps , probablement ma rencontre avec le loup arctique en 2001 m'a le plus marqué.

Un animal disparu qui reviendrait ?
Je dirais toute la grande faune de l’ère glaciaire.

Un animal fantastique qui existerait ?
Peut être Pégase pour voyager loin !

La photo ou la série à laquelle vous tenez particulièrement ?
Bizarrement, il y a des photos que j'adore car pour moi elles représentent la quadrature en terme de cadrage, lumière ... et elles n'ont pas été primées, simplement publiées plusieurs fois, alors que d'autres ont été primées et je les trouve simplement très intéressantes ....

Spot préféré ?
Le Kamchatka, car il regroupe beaucoup de sujets potentiels et la beauté est immense surtout en automne.

Un lieu mythique ?  Des régions isolées de l'arctique russe.

Et la technique ?
Beaucoup de progrès depuis 10 ans qui permettent de faire des photos comme on ne pouvait en faire avant , mais souvent à peine s'habitue t'on à un boitier qu'il devient obsolete, il ne faut pas se laisser prendre qu jeu du marketing des fabricants et bien cibler ce dont on a besoin.

Des urgences ?
Je dirais la déforestation et les ravages des mines et zones de recherche du gaz de schiste et pétrole. J'ai été témoin des ravages induits par la recherche du gaz de schiste à Fort Mc Murray au nord de l'Alberta et des conséquences sur la santé de la population de Fort Chipewyan sur le Lac Athabaska dans les Territoires du Nord Ouest . Concernant la déforestation, j'ai été témoin des ravages sur la nature en Colombie Britannique et en Russie en Primorye et de l'impact sur la faune locale , le tigre de Sibérie en particulier.

Des conseils ? 
Suivre son intuition et photographier ce qui nous attire en premier là où on a envie d'aller.

Une association à mettre en avant ?
Oui, je fais partie de la GDT en Allemagne, le festival en octobre de chaque année est un moment de pause pour discuter entre photographes de projets et de voir le travail de chacun.

Pour conclure ?
Je suis conscient d'avoir beaucoup de chance d'avoir pu durant des années voyager et photographier mes sujets favoris en parallèle d'une autre activité professionnelle, plus conventionnelle mais qui me plaisait également, pour finalement avoir l’opportunité et décider de vivre à 100% ma passion des voyages et la photo dans les terres lointaines . Chacun suit sa voie, il s'agit simplement d'être sûr de ce que l'on veut quand on se trouve à la croisée des chemins.

CONCOURS

Les images d'Eric ont été publiées dans de nombreux magazines comme Geo, Wapiti, Naturfoto, Chasseur d'Images...

Certaines images rapportées de ces voyages ont été exposées et récompensées dans les plus grands concours internationaux comme le BBC Wildlife Photographer of the Year, le Festival Photo de Namur (2012) ou encore le Golden Turtle de Moscou (2013).

Wildlife Photographer of the Year 2011 – Portfolio 21 – Comprend toutes les images primées du concours 2011 organisé par le « London National History Museum and BBC Wildlife magazine » (et Veolia Environnement comme sponsor). La « Charge des Boeufs Musqués » y figure dans la section « Comportements des Mammifères » avec la mention « Highly Commended ».

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EXPOSITIONS ET PARUTIONS