Photographes animaliers

ESCRIVA Agnès

Née sur le continent africain en 1958, dans une Algérie trouble, j’ai grandi dans la région parisienne.

J’aimais déjà, enfant, photographier vaches, veaux, chiens et chats des fermes que je fréquentais chaque été dans mon Auvergne chérie.

C’est à l’âge de 19 ans avec une mère aventurière et un Canon AE1 prêté, que je suis allée au Kenya pour la première fois. Le choc fut immense, sa trace indélébile.

Rêvant de fouler à nouveau cette terre d’Afrique, c’est vers l’âge de 25 ans que l’occasion s’est présentée  en rendant visite à des amis en mission humanitaire au Sénégal à plusieurs reprises. Quelques années plus tard j’ai enseigné à de jeunes adultes au Cameroun puis en Côte d’Ivoire, les bases de l’informatique pendant quelques semaines.

En 2000, je suis retournée au Kenya à l’occasion d’un safari offert par ma mère pour les 10 ans de mon fils aîné. Ce fut le tour de mon benjamin 4 ans plus tard de découvrir en famille Masaï Mara ; puis ce fut la Tanzanie du nord et enfin la Tanzanie du sud.

En novembre 2005 je découvre l’Afrique australe en Zambie où je rencontre un ami photographe animalier : c’est le vrai « déclic » photographique. Depuis le virus de l’Afrique et de la photo animalière ne m’a plus quittée. L’Afrique du sud précède le Botswana, la Namibie suit la Tanzanie et le Kenya toujours, comme un repère, comme un aimant...

… parce que les lumières somptueuses de l’aurore ou du crépuscule qui inondent la terre africaine me fascinent,

… parce que ses ambiances et ses paysages d’une grande variété et de toute beauté m’émeuvent,

… parce que les comportements de sa faune sauvage me touchent et me passionnent,

… parce que j’ai énormément de plaisir à me lever avec le jour, à respirer les odeurs, à écouter les sons, les cris ou les silences, à essayer de comprendre ce qui se passe, à observer la vie dans la brousse ou la savane,

… parce que la nature est magnifique et essentielle, et qu'elle est menacée

… parce qu’elle éveille tous mes sens.

Par la photographie, j’ai envie de témoigner de sa beauté et de sa fragilité, et de partager les émotions intenses qu’elle m’inspire.

 

 

INTERVIEW

Pourquoi l'animal sauvage ?

Parce qu’une rencontre avec un animal sauvage est magique. C’est toujours un moment extraordinaire. Je suis émerveillée par le monde sauvage, sa faune et ses paysages.

Un maître à penser ? 

J’aime cette citation du Chef Seattle des Nez Percé, en 1884 « Si les grands animaux disparaissent , l’homme mourra certainement d’une grande solitude de l’esprit »

Une œuvre marquante ? 

Celle de Nick Brandt sans aucun doute, et de Vincent Munier plus récemment.

Si j'étais un animal sauvage ? 

Le plus beau et le plus secret de tous les félins : le léopard.

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ? 

Il y en a tellement, difficile d’en évoquer qu’une… Dès que je pose le pied sur le sol africain, je suis heureuse.

Un animal disparu qui reviendrait ?

Aucun, car je pense surtout à ceux qui sont sur le point de disparaître ou qui vont disparaître très bientôt à cause de l’activité humaine, comme les rhinocéros, les éléphants et les guépards, les tigres, les gorilles…

Un animal fantastique qui existerait ?

Le Lochness, c’est le surnom que m’avaient donnée mes gentils camarades de classe après l’école primaire.

La photo ou la série à laquelle vous tenez particulièrement ?

Une femelle léopard qui a attrapé un vanneau armé dans la gueule. Elle a joué avec lui un bon moment avant de s’en désintéresser et de le laisser partir.

Spot préféré ?

S’il fallait n’en choisir qu’un ce serait la réserve de Masaï Mara au Kenya pour sa richesse, sa diversité et ses possibilités d’observation de comportements animaliers comme nulle part ailleurs ; mais la Zambie, le Botswana et l’Afrique du Sud sont des destinations qui me sont chères également.

Un lieu mythique ?  

L’Alaska, le Kamtchatka et l’Islande. Et dans un tout autre genre, je rêve d’aller à la rencontre des gorilles de montagne au Rwanda.

Et la technique ?

Il est indispensable de bien maîtriser son boîtier pour ne penser qu’à la composition, à la lumière et au sujet que l’on photographie et pouvoir exprimer sa sensibilité.

Des urgences ? 

La sauvegarde des grands espaces sauvages sans quoi tout disparaîtra…

Des conseils ? 

Se faire plaisir, c’est essentiel.

Une association à mettre en avant ?

L’association de mon ami Tony Crocetta qui œuvre sur le terrain pour le projet « Or Mara Eramat », projet de sauvegarde des guépards à Masaï Mara, au Kenya.

Pour conclure ?

Cette citation de Henri Cartier-Bresson « Photographier, c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur ».

DISTINCTIONS

Primée au concours de Terre Sauvage en 2007 , lauréate au concours Canon 2010 à Namur, une de mes images est élue « meilleure photo » à la Coupe de France - Image papier de la Fédération Photographique de France en 2011.

Publiée dans quelques magazines (Terre sauvage, Le Monde la Photo, Savoir Tout Faire en Photographie…), je viens d’auto-éditer un livre « Leo portraits » sur la vie de léopards que j’ai suivis de 2006 à 2012.

EXPOSITIONS ET PARUTIONS

Après trois expositions personnelles à Paris en 2007 et 2008, mes photos ont été exposées à Montier en Der en 2009, et à Namur en 2010 dans le cadre de l’exposition collective « Afrique Terre de Couleurs », puis à Montier en Der en 2011 et 2013 par la FPF.

 

En 2014 j'ai également exposé sur le stand de l'agence Natur'images à l'occasion du festival de Montier. 

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