Photographes animaliers, Les réalisateurs

GRANZOTTO Stéphane

Cinéaste professionnel, photographe,  j'ai réalisé plus d’une quarantaine de documentaires pour les chaînes de télévisions françaises et étrangères. Primés à de nombreuses reprises lors de festival prestigieux (Palme d’argent au festival Mondial de l’Image Sous-marine, Premier prix du festival International du film de Montagne des Diablerets, Grand prix du festival du film de Belgrade, etc…) mes films traitent le plus souvent de sujets en lien avec la Nature. Récemment, j'ai eu la chance de  réaliser avec François Sarano (Co-auteur du film Océans de Jacques Perrin et Jacques Cluzeaud, ancien directeur scientifique du Commandant Cousteau pour les missions Calypso) deux documentaires pour la case « Grandeur Nature » de France 2 : « Méditerranée, royaume perdu des dauphins » et « Danse avec les dauphins ».

Photographe, mais aussi plongeur, je m’immerge régulièrement en mer mais aussi en en eaux douces, un milieu que j'affectionne particulièrement. Parallèlement à mon travail de réalisateur, je mène actuellement deux projets de livres : un ouvrage photo sur les Cachalots, et un livre sur les milieux d’eau douces.

 

France Info : Stéphane Granzotto le photographe qui appelle les "Cachalots" par leurs prénoms

INTERVIEW

Quel cheminement personnel jusqu'à l'animal sauvage ?

J’ai grandi à la campagne. Chez nous, dans le jardin, coulait un magnifique ruisseau, peuplé de truites sauvages, d’insectes en tous genre et de batraciens… Pour l’enfant que j’étais, ce petit cours d’eau a été l’objet de toutes mes curiosités, d’explorations, de captures.

Je me souviens d’un été caniculaire. Il ne restait qu’un mince filet d’eau, et les truites farios mouraient les unes après les autres. J’en étais malade ! Alors j’ai demandé à mon père de fabriquer un système d’aérateur avec une pompe qui aspirait l’eau dans une gouille qui persistait malgré la sécheresse. La pompe recrachait l’eau au même endroit créant un système d’oxygénation. J’y avais rassemblé les poissons que j‘avais trouvés ici et là. Je devais avoir 7 ans. Malgré tous mes efforts, la patience et la gentillesse légendaires de mon père, les poissons n’ont pas survécu…

Grâce à des amis et à mes parents, j’ai aussi beaucoup fait de randonnées en montagne, dans les Alpes aux pieds desquelles nous habitions.

Un maître à penser ?

Mon père. Si patient pour m’apprendre à pêcher, ramasser les champignons, à respecter la nature. Il me manque et je pense souvent à lui quand je fais des photos.

Une œuvre marquante ? 

Des livres sur les animaux alors que je suis tout gamin.

Si j'étais un animal sauvage ? 

Je n’aimerais pas être un bouquetin du Bargy ou un Globicéphale au large des îles Féroé…

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ? 

A chaque fois que je pars faire des photos ! On ne sait jamais ce que nous réserve la nature, les animaux, la météo. Et à chaque fois je me demande quelle sera la surprise du jour… Il faut simplement savoir se contenter de ce qu’on a sous les yeux, et d’y déceler le magique, le sauvage.

Evidemment il y a de nombreux échecs, des jours sans. Ils font partie de la rencontre, et ne font que la rendre encore plus forte. Si chaque recoin de vie sauvage peut me captiver, c’est vrai que la rencontre avec les cétacés marins reste une sensation indescriptible, d’une puissance rare. Pas question ici de se cacher, de tromper l’animal. C’est lui qui vient au photographe, c’est lui qui décide…

Un animal disparu qui reviendrait ?

Tous ceux disparus à cause de l’homme, et il y en a tellement. Mais pour n’en citer qu’un, je dirais le Dauphin du Yang Tsé. Le dernier individu est mort en 2007, dans l’indifférence générale. Voir disparaître ainsi une espèce de grand mammifère, quelle tristesse…

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Un animal fantastique qui existerait ?

Les dragons

La photo ou la série à laquelle vous tenez particulièrement ?

Je dirais la série de photos sur les cachalots que je suis en train d’exposer.

Spot préféré ?

Ouf ! Impossible pour moi de répondre à cette question… Je n’ai pas un « coin » que je préfère et sur lequel je reviens de façon chronique. J’aime la nature, le sauvage. La montagne m’attire et m’impressionne, la mer me fascine, surtout le grand large, et j’adore depuis que suis gamin les milieux d’eau douce. Lacs, rivières, ruisseaux, mares, étangs sont pour moi un pur bonheur. C’est d’ailleurs le thème d’un livre sur lequel je travaille.

Un lieu mythique ?  

Il y en a tellement ! La planète entière… Mais s’il ne devait y en avoir qu’un ? Peut être la Nouvelle-Zélande…

Et la technique ?

Pour moi la technique n’est qu’un moyen, un outil. Il faut en connaître les fondamentaux, mais le matériel actuel permet une gestion optimum de tous ces paramètres et laisse une grande liberté au photographe. Plus que la technique, j’admire souvent la finesse, la sensibilité d’une photo, d’un photographe.

Des urgences ? 

On a l’impression que l’on en parle tous les jours et que rien ne change, et pourtant je veux rester optimiste et croire que les pollutions engendrées par l’homme diminueront, voir cesseront un jour ! Mais force est de constater que tout ça est très lent. C’est aux dirigeants de prendre les décisions.

De mon côté, et pour parler des milieux d’eau douce sur lesquels je travaille en ce moment, force est de constater qu’ils sont bien souvent considérés comme des dépotoirs, des égouts… Combien de ruisseaux, de nappes phréatiques sont asséchés pour irriguer du maïs, pollués par les pesticides, les nitrates…

Pas une seule fois sans que je sois sur le terrain, au bord d’une rivière magnifique, ou en plongée sans tomber sur des déchets divers laissés là par des imbéciles qui considèrent ces sites comme un tout à l’égout.

Des conseils ?

Faites des photos ! Sans complexe, quel que soit le sujet, le thème. S’inspirer du travail des autres, apprendre à regarder est un exercice quotidien. Mais surtout, faire ce qu’on aime ! Ce n’est pas une question de matériel, de marque de boitier jaune ou rouge…

Une association à mettre en avant ?

Toutes les associations qui militent pour l’environnement forcent mon admiration ! Je ne voudrais pas en citer seulement quelques-unes au risque d’en oublier pas mal. Sans ces organisations, il n’y aurait bien souvent aucune considération pour l’environnement dans notre société.

Pour conclure ?

Vivement demain que j’aille faire des photos !

 

DISTINCTIONS

"Méditerranée, sur la piste des cétacés" a obtenu le prix de l'Institut Océanographique Paul Ricard au Festival Mondial de l'Image Sous-marine de Marseille 2015

Premier prix mammifères Festival Nature Namur 2015

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Primé Montier en Der 2015

Il a également réalisé plusieurs documentaires animaliers.

Filmographie :
- 2014 - La rivière aux truites géantes - 50mn
- 2013 - Réquiem pour les requins - 51mn
- 2013 - Méditerranée, sur la piste des cétacés
- 2012 - Sériole Killer - 50mn
- 2010 - L'autre chasse - 8mn
- 2000 - Caulerpa Taxifolia - 48mn

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