Photographes animaliers

FRANCOIS Guillaume

Né en 1993 au cœur du massif Jurassien, et habitant depuis mes premiers jours aux abords d’une grande forêt, j’ai tout de suite été porté par la beauté de la nature libre et sauvage. Depuis mon plus jeune âge, je partais observer la faune et la flore autour de chez moi armé de mes jumelles, la photographie est venue se greffer à cela plus tard, autour de mes 12 ans, lors de ma première observation d’un renard.

Professionnel depuis l’âge de 17 ans, la photographie, pour moi, reste un prétexte pour vivre des émotions dans la nature encore et toujours. Cette quête perpétuelle réside dans un subtil mélange de complicité et de respect, entre l’homme et la nature sauvage.

Ayant pour priorité la préservation de la nature, je suis également bénévole et partenaire du Centre Athenas (centre de sauvegarde de la faune sauvage) basé à l’Etoile, dans le Jura. Une partie de mes bénéfices sur les ventes de mes photographies sont reversés à cette association.

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INTERVIEW

Pourquoi l'animal sauvage ?

L’animal sauvage représente pour moi le vrai, l’authentique, la liberté et la fragilité. Il m’inspire à faire le maximum pour le protéger au travers la photographie.

Un maître à penser ? 

Le photographe jurassien naturaliste Claude LEPENNEC dont le livre « Sur les traces de l’esprit sauvage » a été mon premier ouvrage de photographies nature à l’époque« Sur les traces de l’esprit sauvage », je devais avoir 9 ans. Son énorme travail naturaliste sur le Jura m’a beaucoup fait rêver.

Je pense encore souvent à une de ses images en particulier, un lynx boréal sauvage photographié en argentique, forte en émotion pour ma part.

Une œuvre marquante ? 

Certainement l’œuvre de Robert Hainard pour ses multiples talents et ses véritables convictions en vers la protection de la nature.

Si j'étais un animal sauvage ? 

Un oiseau certainement, pour toute la liberté qu’il évoque.

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ?

Sans aucun doute ma rencontre avec le lynx boréal. J’ai pu vivre 5 années à rechercher et suivre une femelle lynx. Durant ces années, j’ai pu vivre des moments extraordinaires.

Au fil du temps, elle m’analysait pour voir si je représentais une menace pour elle ou ses jeunes, et petit à petit, j’évoluais tranquillement sur son territoire. Au fil des saisons, et principalement la dernière année avant de la voir complètement, elle se laissait apercevoir sur les sentiers, brièvement mais de plus en plus longtemps, je sentais que ma présence ne la dérangeait en aucune façon.

Puis un soir de septembre 2013, elle m’a laissé la voir à quelques mètres de moi. La brise montait dans sa direction, elle pouvait me sentir et me reconnaître.

Je ne déclenchais pas pour ne pas la brusquer, et au bout de quelques secondes elle retournait à ses occupations, elle laissa ensuite sortir ses jeunes juste devant moi pendant plusieurs heures, je n’y croyais plus, après autant de temps passé à espérer cette rencontre…

Les trois semaines qui ont suivi, j’ai pu les revoir 4 fois, un véritable cap de confiance avait été franchi avec eux, mes plus beaux moments vécus.

Un animal disparu qui reviendrait ?

Il vaut mieux je pense se concentrer sur les espèces qui sont en train de disparaître, comme le léopard de l’amour, le gorille, et malheureusement bien d’autres…

La photo ou la série à laquelle vous tenez particulièrement ?

Et bien comme dit plus haut, certainement les images de ma rencontre avec le lynx sauvage. Une autre série qui me tient à cœur et celle du Hibou Grand-duc, que je suis maintenant depuis plusieurs années, et avec lequel j’ai pu passer plus de 400 crépuscules.

Spot préféré ?

Certainement l’ensemble des endroits (gardé secrets pour sa sécurité) où je peux suivre de nouveau le lynx.

Un lieu mythique ?  

Il y a beaucoup d’espaces naturels sauvages que je souhaite un jour visiter, la Namibie, l’Amazonie, etc

Et la technique ?

Je crois qu’elle s’acquiert sur le terrain et qu’à force de persévérance et d’entrainement, elle devient instinctive. Je pense surtout que la technique doit être secondaire et que la partie naturaliste en photographie doit primer, c’est la clé du respect envers son sujet et donc de la réussite d’une image.

Des urgences ? 

Il y a tellement d’urgences et toutes les problématiques sont des facettes d’un déclin généralisé du monde sauvage.

D’un point de vue plus local, il faudrait de véritables règles pour encadrer la chasse, les quotas et plus de gens pour les faire respecter.

Déclasser les animaux des nuisibles et en particulier le renard, bénéfique pour la nature et l’agriculture, devrait être fait depuis longtemps, mais beaucoup sont encore réfractaires au changement alors que le temps presse d’agir enfin pour la nature et non contre elle.

Les pesticides également déversés à outrance pour des soi-disant soucis de productivité et rentabilité, alors qu’ils détruisent les insectes, empoisonnent l’eau, la terre et donc nous même.

Je pense qu’une agriculture locale, biologique et plus à l’écoute de la nature de laquelle elle provient serait judicieux, en privilégiant les circuits courts, la nature tout comme l’homme s’en porterait bien mieux…

Des conseils ? 

La persévérance et la patience sont la clé, ainsi que de solides connaissances naturalistes, que l’on peut trouver dans les livres, et ensuite en allant sur le terrain. Il faut prendre son temps, regarder et écouter la nature, la respecter. Ne pas se décourager car en photographie de nature, la patience n’est pas toujours récompenser aussi vite que l’on voudrait.

Une association à mettre en avant ?

Le Centre ATHENAS, basé à l’étoile dans le Jura. Il s’agit d’un centre de sauvegarde de la faune sauvage. Leur rôle et de soigner les animaux sauvages blessés et de les relâcher dans leur milieu naturel ainsi que d’informer le public de leurs actions et de la nécessité de protéger la faune sauvage.

Il s’agit d’un centre de soins que je connais depuis presque 10 ans maintenant et que j’ai pu voir évoluer durant ces quelques années, et leurs actions sont véritablement à soutenir. Ce sont des gens qui se donnent corps et âmes pour ce en quoi ils croient, ce qui est vraiment honorable.

On se doit de les soutenir, et par la photographie, c’est ce que j’essaie de faire. Une partie des bénéfices sur les ventes de mes photographies est reversé à cette association. Cette année, un calendrier verra le jour pour les soutenir encore d’avantage. 

Pour conclure ?

Je remercie l'équipe de faune Sauvage pour son invitation à répondre à ces questions et je l’encourage dans cette démarche et ce site, qui peut être et devenir une plateforme importante de communication pour la nature et ses acteurs.

DISTINCTIONS

> Diverses parutions dans les magazines Français & Suisse : Nat’Images, Images&Nature, Terre sauvage, L’illustré Magazine, Pays Comtois, Nordic Magazine, etc

> Ma participation au film « Les secrets des photographes animaliers 3″ du réalisateur Ronan Fournier-Christol.

> Plusieurs fois nominés dans les concours photographiques, Aves Emotion’Ailes, Festival de Montier en Der, Festival de Namur, Festibaie, etc

Retrouvez ici un reportage qui lui est consacré sur le site de France 3 régions

EXPOSITIONS ET PARUTIONS

Expositions en 2016

Exposition permanente à la Galerie d’art de Guillaume, 30 Place de la comédie, 39000 Lons-le-Saunier. Ouvert le mercredi et le samedi de 14h à 18h30.
Festival Photo Nature d’Ornans (25) les 27, 28 et 29 mai, avec l’exposition et le livre « Jura au fil du temps ».
Journée portes ouvertes du Centre ATHENAS (centre de sauvegarde de la faune sauvage), à l’Etoile (39), le dimanche 21 août de 9h à 18h.
Festival de la Salamandre à Morges (Suisse) pour la 14ème édition les 28, 29 et 30 octobre avec l’exposition et le livre « Jura au fil du temps ».
Exposition « Sentinelle », nouveau projet photographique sur le Hibou Grand-duc, présenté en avant-première pour les 20 ans du festival de Montier-en-Der fin novembre.

Expositions en 2015

Exposition permanente à la Galerie d’art de Guillaume, 30 Place de la comédie, 39000 Lons-le-Saunier. Ouvert le mercredi et le samedi de 14h à 18h30.
Exposition personnelle « Dans l’intimité de la vie sauvage », les 6, 7 et 8 mars au CARCOM (carrefour de la communication, Placce 11 novembre, à Lons-le-Saunier, 39000). Présentation exclusive d’un travail photographique de plusieurs années dans le Jura, au fil du temps et des émotions sauvages. Projection/conférence le vendredi 6 mars à 18h30 au Carcom.
Festival Photo Nat’2015 le 21 et 22 mars, à Vieux-Charmont (Doubs, 25) où Guillaume a l’honneur d’être l’invité du festival. Il présentera son livre et son exposition « Jura au fil du temps ».
9èmes Rencontres Natur’images, les 11 et 12 avril, à Tignécourt (Vosges, 88), avec l’exposition et le livre « Jura au fil du temps ».
7èmes Rencontres Imagesnature, le week-end du 25 et 26 avril, au Vaudioux près de Champagnole dans le Jura.
2ème Festival Photo nature à Quincey (21), les 13 et 14 juin prochain.
Retrouvez l’exposition « Jura au fil du temps », au cœur du site exceptionnel de Baume-les-Messieurs dans le Jura, tous les jours du mois d’août 2015.
Journée portes ouvertes au Centre ATHENAS (centre de sauvegarde de la faune sauvage), à l’Etoile (39), le dimanche 23 août de 9h à 18h.
Festival de l’image Nature et Montagne aux Cauterets (Hautes-Pyrénées) les 11, 12 et 13 septembre.

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