Photographes animaliers

DUMOND Jean-Baptiste, Président du jury de Ménigoute 2019

Économiste de formation, Jean-Baptiste Dumond - 70 ans - a travaillé pour l’industrie en France et en Afrique, avant de diriger le WWF France à la fin des années 80. Il a été ensuite co-producteur de films institutionnels et documentaires et d’événements avant de participer à la création de la Fondation Lemarchand pour l'Equilibre entre les Hommes et la Terre  qu'il a animé durant 8 ans et dont il est aujourd’hui conseiller biodiversité.

Passionné de nature, il pratique depuis 50 ans la photographie de nature et animalière, les cervidés surtout, mais aussi les oiseaux, la macro photo et la faune croisée au cours de ses voyages (Europe, Afrique, Mexique, Brésil…). C’est à ce titre qu’il a présidé l’ASCPF durant 10 ans.

Il est membre des JNE, administrateur ou expert auprès de plusieurs fondations et ONGs : Fondations Lemarchand et Nature & Découvertes, Fondation Nicolas Hulot, Fondation Ensemble (voir interview dans la news letter d'octobre 2019), Chérine (Indre), comités UICN …

Il est co-fondateur, avec Philippe Guerlet, du site faunesauvage.fr, co-auteur de plusieurs ouvrages sur la nature et la faune - "Objectif Nature 1986"" (collectif), "Panda magazine", "Images du chevreuil" (avec Guy Bonnet,  Jaques Meggs, Christian Pernay), "Les félins" (Robert Dallet), "Camargue Sauvage" (avec Alain Pons), Canopée (revue de Nature & Découvertes)...

Et accessoirement musicien-chanteur folk.

Jean-Baptiste Dumond est marié, père de trois filles et grand père de cinq petits enfants.

Actualité : il est Président du jury du 35ème festival du film ornithologique de Ménigoute (octobre 2019)

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et co-auteur de "Nos plus belles découvertes de nature" (mai 2015, Editions Nature & Découvertes/Terre Sauvage)

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Illustrateur annuaire JNE 2018

 

photo Edgar Guilmeau

INTERVIEW

DISTINCTIONS

.Interview : Président du jury du 35ème festival international du film ornithologique de Ménigoute

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Jean-Baptiste Dumond, président du jury du 35e Festival de Ménigoute

Président du jury du Festival de Ménigoute en 1989, pour la 5e édition, Jean-Baptiste Dumond, ex-dirigeant du WWF France, revient au FIFO pour présider le jury de la 35e édition. Et nous livre son regard sur la biodiversité et le documentaire animalier, fort d'un parcours aux expériences multiples.

• À la fois militant, journaliste, photographe et ancien dirigeant du WWF France… Comment résumeriez-vous votre riche parcours ?
J'ai une formation d'économiste et j'ai eu plusieurs métiers industriels qui m'ont fait beaucoup voyager avant de diriger le WWF France pendant une dizaine d'années. J'ai aussi travaillé pour la télévision à travers la production de documentaires puis j'ai contribué à la mise en œuvre de la Fondation Lemarchand en 2008, dont je reste conseiller en biodiversité. Je participe par ailleurs à de nombreux comités et conseils d'administration, comme celui de la Fondation Nicolas Hulot, de l'association de la réserve naturelle de Chérine, en Brenne, ou de la Fondation Ensemble. Coauteur de plusieurs ouvrages, je pratique la photo animalière depuis l'âge de 20 ans et j'ai présidé pendant une dizaine d'années l'Association sportive de la chasse photographique française.

• Vous animez notamment le site web "www.faunesauvage.fr"…
C'est à partir d'une idée d'un ami retrouvé il y a cinq ans que nous avons créé ce portail. Nous l'alimentons tous les deux d'informations sur la vie sauvage, la photo animalière, les parutions en lien avec la nature, les associations, les acteurs de la protection de l'environnement… Il y a aussi une rubrique pour les enfants. Bref, 8 000 articles en rapport avec la nature et la faune sauvage. J'y consacre en moyenne une bonne journée et demie par semaine ! Et nous avons enregistré 500 000 entrées sur un an cette année.

• Quel regard portez-vous sur le Festival de Ménigoute ?
Il y a trente ans, je présidais le jury aux côtés de Paul Géroudet. Ce sont donc d'excellents souvenirs. J'y suis retourné une journée il y a quelques années et j'apprécie beaucoup l'unité de lieu, qui facilite les rencontres. On fait tout à pied dans le village. Je me réjouis de m'y imprégner totalement à l'automne prochain. Et "l'image qui bouge", ça change de mes activités photo !

• Comment appréhendez-vous votre rôle en tant que président du jury ?
J'ai participé à des documentaires sur les expéditions de La Pérouse, sur les 30 ans du Conservatoire du littoral, sur les expéditions sur la canopée guyanaise de Francis Hallé avec le Radeau des cimes. J'en regarde énormément et je suis très cinéphile par ailleurs, donc j'ai un regard affûté sur la construction des films. Dans la baseline du site "faunesauvage.fr" que j'anime, il y a "admirer". Je considère qu'on ne peut pas bien protéger sans s'émerveiller. La dimension esthétique d'un film est importante. Parmi mes références, il y a François Bel, que j'ai bien connu, et dont les films étaient pionniers. J'ai passé des heures également à regarder les films de Laurent Charbonnier. J'ai aussi rencontré plusieurs fois l'académicien Pierre Moinot, l'auteur du superbe Guetteur d'ombres, qui a écrit L'Arche et les déluges. Il a d'ailleurs préfacé mon livre coécrit sur le chevreuil. Sans oublier mon film culte, La Belle et la bête, de Jean Cocteau.
Je vais discuter avec chacun des membres du jury pour que l'on soit en phase sur la grille de lecture des films. Mais il est clair que les priorités à mes yeux sont l'esthétique et le scénario. Il faut une histoire, a minima un fil rouge. Je regrette que certains photographes animaliers se focalisent sur les portraits sans prendre en compte le milieu naturel. J'espère partager ce point de vue avec le jury. Enfin, je suis attentif à l'émergence de jeunes talents. Il est important qu'un festival valorise les jeunes qui ont une démarche originale. C'est pourquoi il faut saluer l'existence d'une école comme l'Iffcam.

• Quel est votre point de vue sur la crise écologique actuelle ?
Je navigue entre pessimisme et optimisme. Quand je considère les choses depuis Paris, où je vis, je suis sceptique… Quand je vais sur le terrain, via les associations et fondations et leurs animateurs pour lesquelles j'interviens, je reprends confiance. Notamment avec le récent projet de Francis Hallé,  "Pour une forêt primaire", qui milite pour l'acquisition d'un espace transfrontalier de 60 000 ha en Europe, où l'on réintroduirait un grand herbivore comme le bison, puis l'on cesserait d'intervenir. Il faudrait alors 800 ans pour retrouver l'état primaire ! Formidable utopie dont nous avons besoin. L'homme a fait d'importants pas en avant, mais aux dépens des ressources naturelles. La nature pourrait continuer sans nous, mais il faut aller vite pour trouver un nouvel équilibre, nous y reconnecter en nous appuyant, entre autres, sur la pensée de François Terrasson. Davantage que la photo peut-être, le film peut faire passer ce type de message. J'attends aussi des documentaires de ce festival qu'ils proposent des idées, des solutions, et qu'on sorte des constats négatifs. On reste certes toujours dans la "part du colibri", mais petit à petit, on va finir par y arriver ! Il faut y croire !

Propos recueillis par Catherine Levesque.

EXPOSITIONS ET PARUTIONS

"Ars-Ré sur images, chronique nature", Ars en Ré (17), 15-20 août 2017

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Exposition au profit de la restauration de l'église d'Ars en Ré, juillet 2019

 

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