Photographes animaliers

JOBIC Christophe

Christophe Jobic est devenu photographe professionnel au début des années 90, après un cursus en sciences puis l’obtention du diplôme de l’école des Gobelins.

Son domaine de prédilection : la photo de sport outdoor, notamment pour la presse magazine. Cette activité le fait voyager avec ses boitiers aux quatre coins du monde où il affine ses techniques et son workflow.

C’est en 2007 lors d’un voyage familial en Afrique australe que Christophe attrape le virus de la photo animalière. Seul traitement possible depuis lors : retourner sur le continent africain plusieurs fois par an, se fondre dans la brousse, observer la faune, se sentir vivant. Attendre, anticiper et immortaliser « l’instant »… puis s’émerveiller encore du suivant.

Grâce à un bagage technique important de photo en cadre naturel et à un sens aiguisé de la photo d’action, Christophe Jobic a déjà reçu plusieurs distinctions et grands prix dans des concours internationaux de photo animalière. 

D’un tempérament passionné et enthousiaste, Christophe a un besoin d’apprendre continuellement, de progresser et de partager ses acquis. Il est actif sur différents sites et réseaux sociaux de photo nature et met à profit ses anciennes expériences d’accompagnateur en montagne pour organiser, encadrer et animer sur demande des séjours photo et nature en petits groupes, dans le bush africain qu’il aime tant.

INTERVIEW

Pourquoi l'animal sauvage ?
Parce que pour l'animal (et donc pour l'homme), la vie, la vraie, elle est sauvage…

Un maître à penser ? 
“À tous les fous, les marginaux, les rebelles, les fauteurs de troubles… à tous ceux qui voient les choses différemment — pas friands des règles, et sans respect pour le status quo… Vous pouvez les citer, ne pas être d’accord avec eux, les glorifier ou les blâmer, mais la seule chose que vous ne pouvez pas faire, c’est de les ignorer simplement parce qu’ils essaient de faire bouger les choses… Ils poussent la race humaine vers l’avant, et s’ils peuvent être vus comme des fous – parce qu’il faut être fou pour penser qu’on peut changer le monde – ce sont bien eux qui changent le monde.”
Think Different — Steve Jobs, 1997

En photo, j'ai beaucoup été inspiré par le travail de Gérard Vandystadt (photos de sport)

Si j'étais un animal sauvage ?
Le dauphin : libre, sociable, joyeux et parfaitement adapté à son élément

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ?
J'adore camper au beau milieu du bush… Vivre entouré par la faune sauvage, l'entendre, la voir, s'y confondre tant que possible. Se faire réveiller dans sa tente par les appels gutturaux d'une troupe de lions, avant même les premières lueurs de l'aube est une sensation unique, mélange de peurs ancestrales et d'excitation… Je me sens alors en vie, et très enthousiaste à l'idée de commencer une nouvelle journée en photographiant ces félins dans leur quotidien.

Un animal disparu qui reviendrait ?
Le mammouth

Un animal fantastique qui existerait ?
La licorne, ailée, et avec des dents de sabre tant qu'on est dans le rêve ;-)
Plus sérieusement, un prédateur pour l'homme ! Bien adapté aux zones urbaines, rare, mais réparti sur toute la planète. Invulnérable à nos armes, dont l'existence suffirait à rappeler à l'homme qu'il est nécessaire de rester humble, et qu'il n'a pas tous les droits de souveraineté sur la nature… Les catastrophes naturelles pourraient jouer ce rôle, mais j'ai l'impression qu'il leur manque une existence charnelle pour être vraiment considérées par l'humanité.

La photo ou la série à laquelle vous tenez particulièrement ? 
La prochaine ! Je tiens beaucoup plus à pouvoir continuer photographier la faune sauvage qu'à une image ou collection d'images archivées…

Spots préférés ?
Le Kalahari (Namibie/Afrique du Sud/Botswana) pour ses grands espaces, sa quiétude et la richesse de la faune présente dans ce semi-désert
Mana Pools (Zimbabwe) pour la densité de la faune, la lumière incroyable dans la végétation, les rives du Zambèze et la liberté de s'y déplacer à pied.

Un lieu mythique?
L'Antarctique, ses manchots, ses mammifères marins, ses glaciers, sa banquise…

Et la technique ?
J'ai vraiment commencé la photo en même temps que l'arrivée de l'Auto-Focus (Minolta 7000) et je suis fidèle à Canon et au système EF depuis 1992. Le piqué et la netteté constituent le premier critère de sélection lorsque je passe en revue mes images… J'apprécie le beau matériel et j'ai eu la chance de travailler avec tous les modèles d'EOS 1 argentiques (dont l'excellent EOS 1NRS à miroir fixe semi-transparent, dont le principe génial devrait être repris sur les réflex numériques). Je suis passé au numérique lorsque le premier "full frame" est arrivé : l'EOS 1Ds. Aujourd'hui je jongle avec des EOS-1D récents associés à des objectifs de la série L allant de 11 à 600mm. Je transporte mon matériel dans des valises Think Tank ou des sacs Gura Gear et, habitué aux exigences du photo-journalisme, j'organise et traite mes images sur Mac avec le couple PhotoMechanic+CameraRaw/Photoshop, que je trouve plus rapide et plus pratique que Lightroom.

Des urgences ?
De tous les impacts humains sur la nature, la déforestation est sans doute le pire si l'on considère la quantité d'espèces végétales et animales directement menacées, ainsi que la dégradation généralisée des conditions de vie sur la terre qui en découle par ailleurs.

Une association de protection à mettre en avant ?
Toutes les initiatives méritent d'être mises en avant : livre, expositions, associations, émissions, réseaux sociaux, et www.faunesauvage.fr… Dès lors qu'elles initient, invitent et incitent à des comportements individuels plus responsables.

Des conseils ? 
Pour la photo animalière, il faut d'abord avoir l'envie, la curiosité, la patience et être prêt à apprendre tout le restant de sa vie, en assumant une ignorance qui peut paraitre chaque jour plus grande que la veille, notamment sur l'aspect vie sauvage !
Côté matos, un bon téléobjectif est important. L'achat d'un objectif d'occasion permet un accès plus facile au haut de gamme, et il s'agit d'un investissement durable, car ce type de matériel décote très peu dans le temps. Pour la pérennité de l'investissement et pour la qualité technique des images, il vaut souvent mieux un super objectif avec un boitier milieu de gamme que l'inverse. Et ensuite ? Une super batterie de casserole n'a jamais fait un bon cuisiner ! Il faut donc pratiquer, écouter, lire, comparer, s'inspirer, apprendre, expérimenter, analyser, passer du temps à mieux connaitre ses zones et sujets de prédilection. Bref, beaucoup de pratique et d'efforts, que la passion permet de ressentir comme du plaisir. Un plaisir décuplé à son tour par la satisfaction de progresser…

Pour conclure ?
Merci de m'avoir donné la possibilité de m'exprimer et d'avoir choisi de publier certaines de mes images dans cette rubrique très riche en excellents photographes. Je serais heureux de pouvoir partager avec d'autres passionnés ce que j'ai appris jusque là, et je suis disponible pour répondre à toutes sortes de questions, conseils, sollicitations ou invitations. À bientôt… si possible dans la nature sauvage !

DISTINCTIONS

Colors of Wildlife 2014 - Photographer Of The Year
Nature's Best Photography Africa 2015 - Birds Categ. Winner
Getaway Magazine Photo Contest 2015 - Awarded
BBC Wildlife Photographer of the Year 2016 - 8 selections at round #2
Nature's Best Photography Africa 2016 - Mammals Categ. Runner Up
Montier-en-Der 2017 - Finalist

EXPOSITIONS ET PARUTIONS

Exposition Phot’Aubrac 2017
Exposition Montier-en-Der 2017 (Finalistes)
Terre Sauvage
Nat'Images

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