Photographes animaliers

MELCARNE Luca

Je suis né en 1998, au pied du massif du Vercors, et j'ai jusqu'à présent toujours passé mes temps libre à observer la faune sauvage qui était au plus près de chez moi. Je ne pourrais même pas vous dire quand cette passion m'est venue, je m'en souviens pas. Ça été toujour une évidence pour moi...

C'est alors à l'âge de 12 ans que je me suis intéressé à la photographie avec un simple bridge. Mes début n'étaient que des photos « souvenirs », des photos documentaire. Puis avec le temps je me suis approché au vaste monde de la photographie dite « artistique » même si je ne me considère pas comme un artiste.

Je suis surtout passionné par la magnifique faune qu'offre la montagne.. Mais surtout pour ses ambiances qui sont si différentes, avec une totale quiétude, ainsi que pour son air pur. Mais aussi le fait que la faune est le maître des lieux.. J'ai toujours eu une préférence pour les ongulés, qui sont pour moi les plus beau mammifères, avec la majestuosité du cerf, la noblesse du bouquetin, ou encore l'agilité du chamois.

INTERVIEW

Quel cheminement personnel jusqu'à l'animal sauvage ?

Comme je le disais dans ma présentation, j'ai toujours été au plus proche de la nature. Avant de photographier la nature, je l'ai observé, contemplé, j’ai appris à la connaître.. Pour moi si on veut réussir dans la photographie, c'est une étape primordiale et obligatoire. Et tout ce travail effectué avant les prise de vue m'a beaucoup facilité la tache.

Un maître à penser ? 

Étant un élève en lycée scientifique je me dois le travail sur les thèses de Darwin. Et l'une de ses citations m'inspire beaucoup, elle dénonce parfaitement les horreurs qu'inflige l'homme sur la nature.. « Ceux qui réfléchissent à ce sujet pour la première fois se demanderont comment une telle cruauté a été permise pour se poursuivre à notre époque de civilisation »

Une œuvre marquante ? 

Pour moi il n'y a pas vraiment d’œuvre qui m'ait marqué, ou incité à me rapprocher de la nature, j'ai toujours été très proche d'elle. Cependant si il y a bien une œuvre qui m'ait marqué, par sa beauté, et incité à m'accrocher dans le monde de la photographie, c'est bien le livre de Michel et Vincent Munier « au fil des songes » avec à l’intérieur des clichés juste incroyables qui sont pour moi une source d'inspiration

Si j'étais un animal sauvage ?

Mes parents m'ont toujours dit que j'étais un cabri de chamois. A toujours être dans les montagnes à crapahuter à droite à gauche entre pierrier et falaise. Mais si je devais me présenter comme un animal je penserais plutôt à un cerf, qui sait se faire très discret toute l'année. Puis très têtu, comme au moment du brame, où il est prêt à ce battre pour une femelle.

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ?

C'était un beau matin d’octobre. Il faisait encore totalement sombre, la nuit a était claire et fraîche, on voit encore les étoiles qui illuminent le ciel, et les herbes, recouverte d'une fine pellicule de gelé craquent sous les pieds. Je pars gagner mon affût.

Les premiers raires des cerfs raisonnent dans la foret. Alors qu'il fait encore nuit j'arrive à percevoir des mouvement de cerfs qui courent après quelques biches. Peu à peu la nuit laisse place au crépuscule et là, à une petite quinzaine de mètre sur la droite de mon affût il est là, un beau cerf ! Mais il est encore trop tôt pour pouvoir faire une photo correcte. Puis il s'en va par là où il est arrivé..

Le temps passe, et aux alentours des 7h30 un cerf brame en contrebas de mon affût, mais je ne peux pas le voir, dommage, j’espère qu'il passe devant mon affût, mais non. Puis à 7h45 il est là, il vient droit sur moi !! il me passe à un petit peu moins de 10 mètres sans me remarquer, puis à un moment s'arrête, et c'est là où il va lâcher 2 raires ! La scène aura duré seulement 4 minutes, mais ces 4 petites minutes auront été pour moi un moment magique et magnifique, certainement la rencontre avec le plus d'émotion à mes yeux.

 

Un animal disparu qui reviendrait ?

Je pense à l'ours dans les Alpes, ou encore le Vercors, mais je pense aussi particulièrement au Megaloceros qui est l'ancêtre de l'élan. Un animal fabuleux et surtout très très imposant.

Un animal fantastique qui existerait ?

Alors là je ne sais pas, bonne question. Sûrement un mélange entre l'aigle et le lynx, pour la vision de l'aigle et la discrétion du lynx. Un mélange qui ferait de lui un très grand prédateur je pense.

La photo ou la série à laquelle vous tenez particulièrement ?

C'était un soir de juillet, j'allais camper en lisière de forêt pour pouvoir affûter très tôt le lendemain aux renards. Quand tout à coup un brocard poursuit une chevrette et l' emmène jusqu'à moi. Je n'aurai pu faire que 2 photos, dont une nette. C'est vraiment une image qui me plaît beaucoup, avec un moment riche en émotion !

photo qui me tient

Spot préféré ?

Je pense que mon spot préféré est incontestablement le Vercors. Mais je suis aussi un grand fan du massif des Alpes, avec le parc national du Grand Paradis qui offre une faune exceptionnelle..

Un lieu mythique ? 

Je suis un grand fan des pays froids. J'aime beaucoup les pays Scandinaves, mais il faut avouer que l'Alaska est un lieu qui me fait réellement rêver..

Et la technique ?

Pour moi la technique photo vient avec le temps : plus on est dans la nature plus on veut une image précise et plus on se donne des objectifs et plus la technique va s'améliorer. En fonctions des envies ou encore des sources d'inspirations

Des urgences ?

Oui, c'est sûr qu'il y a des urgences, le climat change beaucoup trop vite ces derniers temps, et en effet la déforestation en en partie responsable: ça ne fait que diminuer l'effet albédo de la terre qui par conséquence absorbe les rayons lumineux provoquant le réchauffement .On entre réellement dans un cercle vicieux.. Il faut vraiment agir à cette heure, de toute façon agir coûtera mais ne rien faire coûtera bien plus..

Des conseils ? 

Pour moi en photographie animalière, la base commence par la maîtrise et la connaissance du terrain : on à beau avoir un 500 ou un 600mm mais sans la connaissance du terrain on n'y arrivera pas ( du moins peu ). Le repérage est extrêmement important, au final on passe plus de temps avec les jumelles autour du cou plutôt qu'avec le boîtier entre les mains. Puis le plus important est d' avoir beaucoup de patience : il faut se dire que ça payera un jour ou l'autre. Il faut savoir être patient jusqu'à faire tomber la chance.

Une association à mettre en avant ?

L'association Lysandra, qui est une petite association tenue par de vrais défenseurs de la nature, qui se mobilisent énormément pour le bien de la faune et de la flore.

Pour conclure ?

Tout d'abord je remercie grandement faune sauvage de m'avoir permis de faire cet interview. Et pour conclure je laisserai le message principal qu'il faut impérativement respecter et protéger notre belle nature qui est si fragile

DISTINCTIONS

2014 :
-image sélectionnée au concours international de Montier-en-Der dans la catégorie 12-15ans, animaux sauvages
-image sélectionnée au concours international de Nature Namur

2015 :
- grand prix du concours jeune au festival international de Montier-en-Der

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-image sélectionnée au concours international de Nature Namur

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EXPOSITIONS ET PARUTIONS

14/15 novembre 2015 : rencontres naturalistes organisées par le groupe jeune de la LPO Drôme à Nyons

29/30 novembre 2015 : exposition à Cessieu, organisé par l'association les Louvards, en Isère (38)

3 juillet 2014 : exposition à "expo peintures" à st Sauver en Diois, Drôme (26)
octobre 2014 : exposition à Office de Tourisme Pays de Saillans, Drôme (26)
16 novembre 2014 : exposition aux rencontres naturalistes à la Chapelle en Vercors, Drôme (26) organisées par le groupe jeune LPO Drôme

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