Photographes animaliers

MONNIER Anne-Cécile

Biologiste-photographe subaquatique, je suis fascinée par la vie qui peuple les eaux douces, que je parcours depuis plusieurs années en apnée au sein de ma Lorraine natale et ailleurs dans le monde.

Depuis 10 ans, suite à un Master en gestion des milieux aquatiques et des ressources en eau, j’étudie la biodiversité de nos rivières, avec l’objectif d’apporter un nouveau regard sur ces milieux si mal connus, et grâce à la photographie subaquatique qui accompagne aujourd’hui mes immersions.

Partager des observations et des découvertes à travers l’image est un formidable moyen de dévoiler la beauté et la fragilité de nos milieux naturels, pour sensibiliser le grand public à leur préservation. C’est dans cet esprit que se construit mon travail photographique.

 

 

 

 

INTERVIEW

Quel cheminement personnel jusqu'à l'animal sauvage ?

Le monde aquatique est un univers en totale déconnexion avec l’extérieur, habité par des créatures insoupçonnées.

La découverte de la vie sous la surface est un spectacle offert à celui qui sait l’observer et l’apprécier.

C’est cette évasion que je recherche, une évasion mais aussi une quête pour capturer l’instant de la rencontre.

C’est à la fois apaisant et excitant.

Un maître à penser ? 

Toutes ces personnes rencontrées qui ont su me donner une leçon de vie.

Une œuvre marquante ? 

Au-delà d’un environnement familial proche de la nature, ce qui m’a le plus marqué, ce sont sans doute ces reportages que je regardais étant plus jeune.

Vous savez ces documentaires qui font prendre conscience de la beauté et de l’incroyable diversité des espèces sauvages et des grands espaces qui existent, et qui vous remettent brusquement à votre petite place.

Si j'étais un animal sauvage ? 

Un singe 

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ? 

A chaque immersion son lot de rencontre !

La première qui me vient à l’esprit :

Le souvenir d’une balade aquatique dans une rivière vosgienne au début du printemps pour tenter d’y photographier l’ombre commun, qui est pour moi le plus beau poisson de nos rivières.

Après plusieurs heures passées dans l’eau glaciale pour comprendre son comportement et chercher la meilleure approche pour le photographier, ce n’est qu’au bout du deuxième jour, après obstination, que j’ai réussi à approcher un groupe de 6 magnifiques poissons.

Curieusement restés à mes côtés durant presque une heure, ils m’ont délivré un joli spectacle de dorsale arc-en-ciel. Je dois l’avouer, j’ai un peu craqué derrière mon masque, mais chut on ne dira rien.

Un animal disparu qui reviendrait ?

L’esturgeon européen dans les cours d’eau français (des programmes de réintroduction sont en cours).

J’ai eu la chance de nager avec un joli spécimen d’esturgeon dans un plan d’eau, une magnifique rencontre, comme un petit requin d’eau douce de 1, 30 m qui vient toute en douceur presque se frotter contre vous.

Un animal fantastique qui existerait ?

Falkor dans « L’histoire sans fin »

La photo ou la série à laquelle vous tenez particulièrement ?

Beaucoup parmi les photos qui prennent toute leur valeur tant la difficulté à les réaliser est élevée, ou tant le moment de la prise de vue est fascinant.

Spot préféré ?

Petite préférence pour les rivières rapides, où l’on peut s’accrocher aux blocs et observer les poissons qui remontent le courant. Que de beaux moments d’observation !

Un lieu mythique ?  

Un vieux rêve, plonger au milieu des saumons en migration dans les rivières d’Alaska, bien que les truites des rivières lorraines soient très sympathiques.

Et la technique ?

Technique et sensibilité me semblent indissociables.

Technique photo mais aussi technique d’approche, surtout en milieu aquatique où votre seul camouflage c’est vous-même et votre capacité à passer inaperçu.

C’est passionnant de travailler l’approche, on se sent un peu poisson.

Pour réaliser mes images j’utilise un reflex Canon 6D et un objectif 16-35mm f/4, le tout dans un caisson étanche avec dôme 8’’ accompagné d’éclairage (Flash et phares de 10 000 lumens) et d’une bonne combinaison de chasse de 7 mm, sans oublier le principal, un masque, un tuba et des palmes.

Plutôt solitaire ou partageuse ?

J’aime la solitude, mais j’apprécie beaucoup de partager des plongées avec d’autres fous passionnés.

Ce que j’aime par-dessus tout c’est voir les étoiles dans les yeux des curieux lorsqu’ils écoutent attentivement le récit d’une de mes rencontres aquatiques !

Des urgences ? 

Des urgences il y en a malheureusement à toutes les échelles pour les milieux naturels.

Dans le domaine de l’eau, une des urgences est de faire prendre conscience de la vie qui « foisonne » encore dans nos cours d’eau, lacs, étangs ou zones humides, et de l’intérêt de préserver la qualité de ces milieux pour les espèces qui en dépendent (nous y compris), dans le cadre de la lutte contre la pollution jusqu’à la préservation d’espèces menacées.

Il y a urgence dans la préservation de la ressource en eau dont nous sommes intimement liés et c’est d’autant plus important quand on se penche sur les grands défis qui nous attendent dans les prochaines décennies sur la disponibilité en eau.

Les déchets dans nos rivières sont aussi une source de pollution de plus en plus répandue, et quand on nous parle de mer de plastique, ça commence devant notre porte.

Comme on le sait tous, l’envie de protéger commence par la connaissance et l’émerveillement. C’est à ce stade que l’image peut apporter sa contribution. Le sursaut qu’elle peut créer dans certains esprits est précieux.

Une association à mettre en avant ?

Mon association Reflets d’eau douce qui mène des projets de valorisation des milieux aquatiques et des interventions de sensibilisation, notamment dans le milieu scolaire, en France jusqu’en Outre-Mer.

Pour suivre ses actualités, rendez-vous sur la page facebook Reflets d’Eau Douce et sur le site www.refletsdeaudouce.fr

Le développement d’autres visuels que la photographie ?

Je réalise depuis quelques années des films documentaires qui mettent en avant la biodiversité de nos rivières et les actions menées par les gestionnaires locaux pour la préservation des milieux aquatiques.

Il peut s’agir de projets de restauration de frayères pour des espèces emblématiques comme le brochet, de documentaires sur l’arrivée d’espèces exotiques envahissantes, ou bien la valorisation d’espèces vulnérables, sur des territoires variés.

Certains de mes films sont accessibles librement sur Youtube ou sont aussi diffusés à la télévision.

Pour conclure ?

Vivement que j’aille mettre la tête sous l’eau !

 

DISTINCTIONS

- Trophée de l’environnement en Meurthe-et-Moselle pour les actions menées au sein de l’association Reflets d’eau douce

- Prix initiatives dans le cadre des Trophées de l’Eau remis par l’Agence de l’Eau Rhin Meuse

3E Prix vidéo espoir à la Fête européenne de l’image sous-marine de Strasbourg pour le court-métrage « Le brochet, un prédateur vulnérable »

Invitée d’honneur au Festival du Film scientifique de la Réunion pour le film « On l’appelle bichique, joyau des rivières réunionnaises »

 

EXPOSITIONS ET PARUTIONS

- Exposition « La seine sous la surface, des sources aux fleuves ». Expo photos pédagogique présentée au Pavillon de l’eau à Paris en 2016-2017 et proposée en 2019 sur le bassin Seine-Normandie.

Description : Programmée du 30 avril au 30 décembre 2016 et poursuivie jusqu’au 30 mars 2017, l’exposition a accueilli plus de 22 000 visiteurs. Cette exposition présente la biodiversité du bassin de la Seine, notamment le territoire de la région Grand-Est situé sur le bassin de la Seine.

Réalisée en collaboration avec Eau de Paris et la Mairie de Paris, cet évènement a été organisé dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité et de l’année de l’eau.

- Conférences au Festival photo animalière et de Nature de Montier, Forum Canon éditions 2016, 2017, 2018.

- Exposition « Sous la surface des rivières lorraines » au Festival Pixel-Nature de Barr édition 2018

- Exposition et projection du film « On l’appelle bichique, joyau des rivières réunionnaises » aux Festival international Nature Namur, Festival Phot’Aubrac et Festival du film scientifique de la Réunion (éditions 2017), Fête européenne de l’image sous-marine et de l’environnement de Strasbourg en 2016

- Marraine du Salon photo « L’image dans tous ses états » à Liffol-le-Grand en 2017

- Exposition-Conférence «  Trésors cachés en forêt guyanaise » au Festival Expo photos Avès à Namur et Festival photos de Vourles en 2016

 

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