Photographes animaliers

NICOLAS Florent

Depuis mon très jeune âge, j´ai toujours été passionné par les mammifères marins et plus largement par la vie sauvage. Pendant mes études, j´ai passé la majeure partie de mon temps libre sur le terrain, à participer à l´étude des cétacés dans ma Région natale Normande, au Canada ou dans les Antilles.

Ces voyages m´ont permis de rencontrer des personnes exceptionnelles tout en découvrant de nouvelles espèces, de nouveaux habitats. La photographie est désormais un outil pour partager ces moments uniques, et montrer au grand public la majestuosité de la nature. La protection des habitats et des espèces est le message premier que je cherche à faire passer grâce à ces photographies.

J´ai 27 ans, je vis maintenant en Finlande où je travaille dans une institution intergouvernementale pour la protection de la Mer Baltique (Secretariat de la Commission d´Helsinki pour la protection de l´environnement marin en Mer Baltique).

Je continue à voyager dans des régions reculées et donc sauvages, afin de ramener davantage de photos et   d´histoires oeuvrant pour la protection de la nature.

Faire connaître la côte de la Région du Grand Ours et ses habitants est l´une de mes priorités, cette région en Colombie Britannique (Canada) doit être protégée.

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INTERVIEW

Quel cheminement personnel jusqu'à l'animal sauvage ?

J´ai toujours été passionné par les animaux sauvages et plus particulièrement les mammifères marins. Ma première rencontre avec un groupe de dauphins lorsque j´avais 8 ans a été décisive... A partir de là, j´ai toujours voulu en savoir plus sur ces animaux, découvrir de nouvelles espèces, connaître les menaces ainsi que les mesures de conservation et ramener des photos pour partager ces informations.

Un maître à penser ? 

Les photographes qui sensibilisent le grand public à la protection de l´environnement via leurs images me passionnent. Je pense notamment à Cristina Mittermeier qui a énormément fait évoluer l´utilisation de la photographie comme outil de conservation. Paul Nicklen et Thomas Peschak sont également des photographes et des personnalités que j´admire énormément. 

Si j'étais un animal sauvage ? 

Peut-être un ours… Assez solitaire, avec du tempérament mais qui apprécie aussi la compagnie autour d´un bon repas ;)

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Une belle émotion ou rencontre avec la faune ? 

Il y en a beaucoup... Mais je pense que la première qui m´a réellement marqué est celle avec un groupe d´une cinquantaine de globicéphales noires en Baie du Mont Saint-Michel il y a une dizaine d´années, lorsque je commençais vraiment la photographie. Nous suivions un groupe de grands dauphins qui se déplaçaient très rapidement quand j´ai remarqué au loin des ailerons très foncés qui avaient la forme typique de ceux des globicéphales. Les deux espèces se sont rapidement rencontrées, puis elles sont parties chacune de leur côté. Nous avons suivi le groupe de globicéphales jusqu´à ce qu´un orage éclate. C´était incroyable, un mélange de couleurs foncées entre le ciel orageux et le groupe de globicéphales très curieux, voire même un peu trop parfois puisqu´on a du s'écarter à plusieurs reprises…

Plus tard, grâce au travail de photo-identification (reconnaissance des ailerons des dauphins grâce à la photographie), nous avons appris que c'était la première fois depuis des années (et la seule à cette date) que nous observions ce groupe de grands dauphins. C'était probablement un groupe venu du large, en transit dans des eaux un peu moins profondes. Pour les globicéphales, nous n´en n’avons jamais revu dans la zone et les observations par les usagers se sont même faites rares.

Un animal disparu qui reviendrait ?

Il n´y a pas besoin de faire revenir une espèce qui a disparu, il y a déjà tant à faire avec ce que l´on a maintenant. Nos connaissances restent extrêmement limitées pour de nombreuses espèces et beaucoup (trop) d´entre elles sont en voie de disparition, ou nécessitent au moins davantage de mesures de protection.

La photo ou la série à laquelle vous tenez particulièrement ?

C´est toujours difficile de « choisir »… Mais je dirais probablement une série avec l´ours Kermode au Canada. J´ai passé des journées entières à espérer voir un ours Esprit, et ça a finalement payé lorsque mes amis indiens de la région m´ont finalement mis sur un spot où ils savaient que la rencontre aurait lieu… A l'époque, c´était un spot très peu connu où peu de personnes allaient.

Aujourd´hui, beaucoup de photos sont réalisées à cet endroit. J´ai été parmi les premiers photographes à avoir eu la chance de passer quelques minutes avec cet ours, ca ne s´oublie pas

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Spot préféré ?

Sans aucun doute, la région du Grand Ours. C´est un endroit plein de surprises : on peut se retrouver entouré d´un groupe d´orques, voir des souffles de baleines à bosse au loin et trouver des loups qui longent la côte… C´est aussi un endroit que j´apprécie énormément car les communautés indiennes locales ont un lien très fort avec leur territoire, et on apprend beaucoup de ces personnes qui ont une vie vraiment différente de la nôtre, loin de la civilisation… J´ai un projet de concentrer mes efforts sur cette région et produire de belles choses (je l´espère…)

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Plutôt solitaire matinal pour profiter du moment ou accompagnateur de groupe pour partager ?

J´adore partager de beaux moments et montrer à quel point rencontrer un animal sauvage est quelque chose de très spécial. Mais j´aime également me retrouver seul avec mon matériel pour avoir un peu plus de flexibilité pour réaliser des images.

Un lieu mythique ?  

Peut-être le Kamtchatka… ou des coins encore inconnus de la Région du Grand Ours où il y a beaucoup à faire…

Et la technique ?

Je suis encore un « jeune photographe », donc j´apprends toujours beaucoup et je continuerai toujours d´apprendre. La technique est évidemment un élément essentiel, qu´il faut savoir maîtriser dans des situations assez spéciales. Etre capable de prendre des décisions rapides et d´appliquer la technique adaptée en quelques secondes est très important pour la photographie animalière.

Des urgences ? 

Il y en a tellement… La surpêche, la pollution en général, la chasse aux trophées, le braconnage… Il est très difficile de dire ce qui est le plus urgent, il faut être vigilant partout. 

Des conseils ? 

J´ai passé beaucoup de temps sur des forums français ou anglophones pour lire sur la technique et avoir de nouvelles idées. C´est une très bonne école, mais il faut aussi aller dehors et faire des photos. J´ai toujours peur de passer trop de temps devant l´ordinateur pour les forums, les revues ou le post-traitement. J´essaye maintenant de réduire au maximum ce dernier, je recherche des photos qui ont l´air naturel.

Une association à mettre en avant ?

Je pense á FERUS, une association francaise qui œuvre pour la protection de grand prédateurs terrestres en France (ours, loup, lynx). Ces espèces ont vraiment du mal à faire leur place dans la société francaise… C´est un sujet délicat et je pense que des associations comme FERUS sont essentielles.

Et en bonus, je souhaite mettre en avant le programme OBS-MAM qui permet aux usagers de la mer qui observent des mammifères marins d´envoyer leurs observations sur une base de données. La science participative est un outil efficace en terme de sensibilisation du grand public.

Pour conclure ?

Merci à faune sauvage de publier mon profil sur le site internet ! 

DISTINCTIONS

Article dans FERUS 57 sur le Kermode.

2016 est pour moi une étape où je cherche à partager un peu plus mon travail grâce à des expositions et des articles donc j´espère que ca viendra !

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