Photographes animaliers

Jérémy PATTON

Né en 1992 en Haute-Savoie, j'ai depuis tout jeune eu une attirance particulière pour la faune qui nous entoure. Parcourant les forêts et les montagnes avec mes parents, j'en profitais alors pour examiner chaque insecte, chaque empreinte, chaque excrément, chaque reste de repas qu'un animal aurait pu laisser, tout en rêvant de le croiser un jour.

C'est ainsi que ma passion pour la nature et ses habitants sauvages est née. J'ai petit à petit appris à connaître, approcher et observer ces derniers, puis plus tard enfin à les photographier. D'abord de manière opportuniste et un peu maladroite, puis grâce à l'expérience que j’ai acquise et aux rencontres humaines que j'ai pu faire dans le milieu naturaliste, je suis devenu plus sensible à leur habitat et j'ai appris à me fondre dans leur environnement.

Mon amour pour la nature n'a cessé de grandir depuis lors et j'affectionne tout particulièrement de pouvoir le partager avec mes amis, ma famille ou d’autres photographes. Chaque sortie est une opportunité d’en apprendre plus sur les secrets de la vie sauvage. C’est un réel plaisir d'en être un témoin et d’autant plus de pouvoir immortaliser quelques instants volés.

Enfin, pour moi, la photographie de nature est aussi un appel à vivre au rythme des saisons, en harmonie avec la nature, avec ses contraintes et ses surprises. C’est prendre le temps, tenter de s’effacer, passer des heures et des heures à patienter ou à arpenter le terrain pour parfois ne rien voir. Dans ces cas-là, persévérer, s’informer et se remettre en question, dans l’espoir d’être gratifié un jour d’une scène tant attendue. Car à l’heure de l’instantané, où tout va vite, trop vite, où les résultats doivent être immédiats et où la nature devient un bien de consommation, il est essentiel de se rappeler que certaines choses nécessitent du temps, que rien ne nous est dû, et que c’est principalement par le travail et les échecs que l’on progresse. C’est aussi ça que je trouve important dans la photo animalière.

Jérémy

Entretien avec...

Votre rapport avec la faune

Quel parcours jusqu'à l'animal sauvage et la photographie ? J’ai la chance d’avoir grandi en campagne et d’avoir été élevé par des parents qui m’ont fait découvrir la nature depuis m’ont plus jeune âge.

Armé de jumelles photo c’est comme ça que j’ai été attiré par les animaux très tôt et c’est tout naturellement que je me suis tourné vers la photo animalière plus tard. Mais c’est en rencontrant d’autres photographes amoureux de nature que je me suis vraiment passionné pour la pratique.

Je pense en particulier à ma rencontre avec Emile Séchaud devenu un bon ami depuis, qui m’a beaucoup appris et avec qui j’ai partagé un grand nombre de sorties.

Un maître à penser ?  Comme ça je dirais Vincent Munier. Pas très original je sais, mais comment ne pas admirer sa philosophie, son discours et son talent de photographe. Et sinon je dirais Sir David Attenborough, pour son engagement et le message qu’il fait passer depuis si longtemps.

Une œuvre marquante ?  Côté photo, je n’hésiterais pas un instant : OWLS de David et Stéphanie Allemand. Un chef d’œuvre qui confirme mon attrait pour ces oiseaux magnifiques.

Côté cinéma, je citerai les derniers documentaires animaliers de la BBC « Planet Earth I & II ». Une claque visuelle.

Une belle rencontre / émotion avec la faune ? Ma rencontre avec un lièvre variable qui à durée des heures et des heures dans un froid intense et une neige immaculée. Je me souviendrais toujours de l’émotion au moment où je l’ai repéré. Un souvenir qui restera gravé à jamais dans ma mémoire… Et mes orteils gelés s’en souviendront aussi malheureusement !

Si j'étais un animal sauvage ?  Un aigle ? Je ne sais pas pourquoi mais c’est le premier qui m’est venu à l’esprit.

Un animal disparu qui reviendrait ?  Le mammouth laineux. Imaginez la rencontre avec des bœufs musqués de la taille d’un éléphant !

Un animal fantastique qui existerait ? Le Phénix. Symbole d’une nature résiliante qui peut renaître de ses cendres.

Votre photo à laquelle vous tenez particulièrement ?  Cette photo de biche qui traverse dans l’eau. Pourquoi celle-ci, qui n’est pas non plus la photo du siècle ? Simplement car j’ai espéré cette photo pendant longtemps, jusqu’au jour c’est arrivé avec une super ambiance en prime. Elle a en plus été suivie d’un faon puis d’un cerf (à voir dans le portfolio plus loin). Mais, peu de temps après, j’ai perdu un grand nombre d’images de mon backup, dont cette série… J’étais tellement déçu ! Mais à force de persévérer j’ai réussi récupérer la quasi-totalité de mes images, ouf ! Je crois donc que c’est pour ça que je garde une émotion si forte envers ces photos encore maintenant. 

 

La photo animalière d’un confrère que vous auriez aimé prendre ? Je pense vraiment à une photo de tétras lyre d’Emile Séchaud. Au beau milieu d’une tourbière en Suède, la rosée givrée du matin avait créé un bokeh féérique. Mais le sort en a décidé autrement : impossible de bouger mon trépied d’avantage, il s’était complètement disloqué... Et comment ne pas penser à cette photo moyen-duc en silhouette devant la lune… Bref ! Je suis à la fois content pour mes amis et vraiment déçu ! Mais au moins je me souviendrais de ces instants pour encore longtemps ;)

©émileséchaud

Et la technique : frein ou atout ? Pour moi, la technique est un moyen d’accéder à un rendu souhaité dans nos photos, mais elle ne supplante pas la créativité. Il en faut toujours un minimum, mais ça ne fait pas tout, d’un point de vue matériel ou en termes de capacités du photographe. Surtout dans la nature où tout n’est pas prévisible, il faut aussi savoir faire confiance à son feeling et à sa sensibilité…

Votre « terrain de jeu » préféré ? La Haute-Savoie, une belle diversité de biotopes et d’êtres vivants qui les peuplent … En particulier, j’apprécie beaucoup le petit massif où j’ai grandi. Car généralement, plus on connaît un coin plus on fait de belles rencontres sauvages !

Le voyage à faire absolument avant que le rideau de l’obturateur ne se ferme définitivement ? Le Canada et surtout l’Alaska. C’est un rêve depuis tout gosse, tant pour la neige qu’il y tombe que pour la faune qui y vit. Un jour peut-être… ?

Des conseils ?  Prendre le temps d’apprendre. Connaître au mieux les espèces qu’on veut photographier avant tout : lire, échanger avec des spécialistes et passer beaucoup de temps sur le terrain. Trop de gens veulent aller trop vite de nos jours.

Des urgences ? (climat, déforestation, braconnage…) Tout ça en même temps. Je ne crois pas qu’il ait de priorité, mais je pense sérieusement que les mentalités doivent changer pour pouvoir avancer sur ces questions.

Une association de protection à mettre en avant ? Toutes celles qui œuvrent pour la nature sans distinction. Mais l’essentiel c’est de soutenir celle qui vous fait vibrer vous. Pensez aussi aux associations locales qui ont des projet que vous pourrez suivre de plus près, voir auxquels vous pourriez participer.

Une suggestion pour sensibiliser le grand-public ? Le dialogue pour les plus vieux, la pédagogie pour les plus jeunes ? Pour faire changer les mentalités il faut éduquer dès le plus jeune âge. De plus en plus d’interventions sont effectuées dans les classe pour sensibiliser et je trouve ça super !

Plutôt optimiste ou pessimiste pour la suite ? Hmmm…. Joker !? Non plus sérieusement, si on part pessimistes ou défaitistes c’est peine perdue. Même si ça part en vrille, gardons les idées claires et un peu d’optimisme pour essayer de limiter la casse !

Pour conclure? Merci beaucoup à Philippe Guerlet pour l’ajout sur le site et je souhaite de bonnes photos à tous !

 

Distinctions & Parutions

- Golden Turtle Wildlife photo contest 2019: Finaliste dans la Catégorie "Animals in their environment"

Expositions

- Festival International Nature Namur (FINN) 2019 :  "Une chouette rencontre", exposition sur la chouette hulotte dans la Citadelle de Namur
Publications:
- Nat'Images N°55 - Avril-Mai 2019 : Article sur le pic tridactyle en association avec Emile Séchaud

EN LIEN AVEC LE SUJET

LIVRE (S) EN LIEN AVEC LE SUJET :

En rapport avec :

Pages personnelles