Photographes animaliers

PRETRE Alain

La nature jurassienne a nourri mes rêves, chassé les nuages qui obscurcissent parfois le cours d’une existence, entretenu ma capacité d’émerveillement, aiguisé mon amour de la vie sous toutes ses formes, éveillé ma conscience d’homme face aux fossoyeurs du monde sauvage. Mes parents et la nature ont été les deux piliers qui m’ont aidé à grandir.

Le jour de ma première communion, je filais à la cloche de bois, abandonnant famille et amis pour rejoindre la rivière en aube blanche. Au seuil de mon adolescence, je vivais déjà un amour fusionnel avec le Dessoubre, «ma» rivière, ma vallée, ma muse.

C’est en la parcourant sur un radeau de fortune que j’ai fait connaissance avec les habitants à nageoires du Dessoubre. Les populations d’ombres et de truites y étaient pléthoriques, un véritable aquarium. Les choses ont bien changé. D’un aquarium, on est passé, en trente ans, à un cimetière. Les pollutions ont réduit à néant ce que la nature avait mis des siècles à construire dans sa plénitude.

C’est en arpentant la vallée du Dessoubre que j’ai succombé à l’émotion-nature. Ma passion immodérée pour le chamois de la vallée du Dessoubre est à l’origine de ma vocation de photographe animalier.

Le Jura est ma terre de prédilection. C’est là, plus que nulle part ailleurs, que j’ai plaisir à suivre les pas du lynx, à respirer le parfum enivrant d’une orchidée sauvage, à admirer les acrobaties du grand corbeau ou encore à rêver devant une falaise sculptée par l’érosion. La montagne jurassienne représente à mes yeux une planète à part entière, même si elle n’est qu’un confetti sur la carte du monde.

Mon métier de journaliste m’a offert l’opportunité de dévoiler et de partager les trésors naturels du Jura sauvage, mais également d’éveiller les consciences à l’impérieuse exigence de le préserver et de le défendre

INTERVIEW

Quel cheminement personnel jusqu'à l'animal sauvage ?

Natif d’un petit village de 100 habitants à peine, dans le département du Doubs, qui ne proposait  aucune offre de divertissement, j’ai naturellement pris contact avec la nature environnante. 

Bûcheron, mon père, a accompagné mes premiers pas dans l’exploration de ma vallée sauvage du Dessoubre

Un maître à penser ? 

Indiscutablement Robert Hainard, le naturaliste, pour ses irremplaçables et précieuses  études de terrain sur la faune sauvage d’Europe, et Robert Hainard, le philosophe, lanceur d’alerte, qui éveilla nos consciences sur la fragilité du monde du vivant mais qui surtout démontra que notre société de consommation nous conduisait dans une impasse

Une œuvre marquante ?

Expansion et Nature, de Robert Hainard

Si j'étais un animal sauvage ? 

Un loup pour attaquer les chasseurs-braconniers du lynx jurassien

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ?

La découverte d’une nichée de trois jeunes chouettes de Tengmalm

Un animal disparu qui reviendrait ?

La loutre

La photo ou la série à laquelle vous tenez particulièrement ?

Une série sur l’insaisissable gélinotte

Spot préféré ?

Je le garde secret dans mon coffre-fort intérieur

Plutôt solitaire matinal pour profiter du moment ou accompagnateur de groupe pour partager ?

Les deux pour assouvir à la fois  à mon besoin de solitude et communiquer ma passion pour la nature sauvage

Un lieu mythique ?  

Le Groenland pour la pureté et la majesté de ses paysages et sa grande faune (ours, bœufs musqués..)

Et la technique ?

Je travaille essentiellement à l’affût

Des urgences ? 

Toutes les agressions de la nature me concernent, mais en premier lieu la pollution des rivières, le réchauffement climatique et le braconnage

Des conseils ?

Ne pas mettre la charrue avant les bœufs, c'est-à-dire qu’il importe déjà d’être en connexion avec la nature pour la bien connaître et ensuite seulement passer à l’acte photographique

Une association à mettre en avant ?

L’ASPAS, Association pour la protection des animaux sauvages

Une suggestion pour aider à sensibiliser le grand-public ?

Il serait primordial que l’Education Nationale impose dans les programmes des écoles primaires et secondaires des cours d’éducation à l’environnement qui  s’assureraient la collaboration de défenseurs de la nature

Pour conclure ?

Je lance un appel à tous les photographes animaliers, trop peu nombreux à s’engager dans des actions de protection de la nature.

Notre activité nous gratifie de moments magiques au contact du monde sauvage-.

Il me semble alors naturel, qu’en retour, nous donnions un peu de notre temps pour dire stop aux fossoyeurs de notre environnement.

 

DISTINCTIONS

Plusieurs publications dans l'Est Républicain, Terre & Nature, Nat'images, Image & Nature

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