Photographes animaliers

VICTOR Alain

Né en 1966 dans le Pas de Calais, la vie professionnelle de mes parents va me faire arriver au pied des Pyrénées-Orientales. C’est ainsi qu’après les noirs terrils, je découvre les montagnes immaculées et leur extraordinaire biodiversité. J’arpente les cimes été comme hiver en rando, ski ou même en VTT. L’observation de la faune sera pour moi une évidence toujours plus prenante.

La passion des chiens de traîneau va naître avec une aventure énorme : la traversée des Pyrénées d’Est en Ouest, en chiens de traîneau.

C’est tout naturellement que j’ai accepté ensuite une proposition d’assistant d’une équipe de sleed-dog en Alaska avec la gestion d’une soixantaine de chiens de traineau. J’y ai découvert l’extraordinaire faune boréale.

Un séjour au Yellowstone a été l’accomplissement d’un rêve avec des visions inoubliables d’ours, noirs et grizzli, de meutes de loups, des troupeaux de bisons, des hardes de wapitis, …la PASSION de la photo venait de naître !

Une rencontre nocturne avec un grand carnivore m’amène à me rapprocher de l’ONCFS et d’être invité à participer à mes premiers comptages d’ongulés montagnards.

Après une formation proposée par l’office, j’intègre rentre dans le Rob (Réseau ours brun).

Je suis le retour du Gypaète barbu dans les Pyrénées-Orientales dans le cadre du réseau casseur d'os (aide aux placettes de nourrissage, surveillance des aires, comptages en simultané,…)

Le retour du loup dans nos contrées me ramène à mon premier rêve…Yellowstone. C’est avec passion que je rentre dans le réseau grands prédateurs pour suivre au mieux son devenir.

Suivant les saisons, ce sont les suivis des galliformes de montagnes ou de la bécasse des bois qui occupent mes temps libres.

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Conscient de la grande sensibilité de la plupart de ces espèces, je milite au sein des associations ADET et FERUS pour prolonger mon engagement.

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INTERVIEW

Quel cheminement personnel jusqu'à l'animal sauvage ?

La photographie de la Faune sauvage, surtout celle de montagne, est un défi permanent. Aller à la rencontre de l’animal, dans son domaine, se faire le plus discret possible, et éviter de laisser mon empreinte, aussi ténue soit-elle. Arpenter les sommets, les crêtes, les éboulis, dans la plus grande discrétion et affûter jusqu’à l’apparition de cette vie sauvage et si fragile. Observer, encore observer, et si le déclic n’est pas perturbateur, tenter d’immortaliser l’instant fugace.

Un maître à penser ? 

La quête de liberté est mon principal moteur, le respect de ce qui m’entoure dicte mon comportement. Les observations d’un Robert Hainard, les clichés de Bruno d’Amicis, sont parfois des orientations que je peux prendre.

Une œuvre marquante ? 

Mes premiers souvenirs d’un éveil à la montagne remontent à mon enfance lorsque je regardais, fasciné, les immensités enneigées dans le feuilleton « Belle et Sébastien ». Puis l’œuvre de Jack London a été le germe à ma passion pour l’aventure nordique.

Si j'étais un animal sauvage ? 

Une ourse.

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ? 

Le tête-à-tête avec une ourse dans les Abruzzes, à moins quatre mètres. Un grand moment de respect, la perception d’une immense force et un sentiment de grande humilité.

La visite d’une tanière d’ours des Pyrénées après son hibernation.

Un animal disparu qui reviendrait ?

Le tigre de Tasmanie dont j’ai longtemps espéré la redécouverte.

Un animal fantastique qui existerait ?

La licorne.

Spot préféré ?

Les massifs de Pyrénées-Orientales, les Abruzzes

Plutôt solitaire matinal pour profiter du moment ou accompagnateur de groupe pour partager ?

Les observations de qualité ne peuvent se faire qu’en solitaire, même si parfois je suis accompagné de collègues lors de suivis d’espèces sensibles.

Un lieu mythique ?  

La découverte du parc de Yellowstone (USA) a été le révélateur à ma passion de la photo. C’est de là que viennent les premières diapos que j’ai conservées. J’en rêve encore.

Et la technique ?

La finalité restera toujours la rencontre et l’observation discrète. Une maîtrise de la technique devient essentielle dès lors que je veux transmettre au plus prêt les émotions ressentis dans ces moments. Il faut être prêt à la mettre en œuvre instinctivement pour pouvoir profiter du moment de la rencontre. Elle est souvent si éphémère !

Des urgences ? 

A toutes les échelles il faut s’inquiéter des atteintes faites à la biodiversité, qu’elle soit des écosystèmes ou des espèces, des grands mammifères (primates, ours blanc,…) à la plus petite grenouille de Madagascar ou au scorpion endémique des Pyrénées –Orientales.

La course effrénée aux profits, la surpopulation, l’exploitation irraisonnée des ressources fossiles sont autant d’inquiétudes mondiales qui m’interpellent.

Des conseils ?

Apprendre à écouter. Observer toujours et encore. Rester humble, admiratif : chaque espèce est un chef-d’œuvre d’architecture et d’ingénierie. La photo vient après.

Une association à mettre en avant ?

Pour adhérer au FIEP (Fond d’Intervention éco-pastoral) depuis de nombreuse années, je milite pour la réhabilitation de l’ours dans les Pyrénées en association avec le pastoralisme.

Pour conclure ?

Une bonne photo saura transmettre mon émotion d’une rencontre ou d’une vision. Elle aura toujours été faite dans le respect des règles que je me suis imposées.

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