7ème édition du baromètre PAP 50 : le WWF France incite...

papier<br />© WWF-US / Zachary Bako

Chaque année depuis 2010, le PAP50 évalue les politiques papier des entreprises afin de les responsabiliser et de les engager vers des pratiques durables. Le groupe Paprec et Arjowiggins Graphic en sont les principaux partenaires.


Le baromètre PAP50 se concentre sur la consommation de papier pour les fonctionnements internes et externes de l'entreprise, la qualité environnementale des papiers utilisés, les actions mises en place pour optimiser la collecte des papiers usagés et l'écoconception.

Le WWF France et Riposte Verte ont évalué les politiques papier de plus de 100 entreprises issues de secteurs divers afin d'obtenir un classement des entreprises françaises les plus consommatrices de papier. En 2017, ont été interrogés des agences de communication, des laboratoires pharmaceutiques, des mutuelles, des entreprises de transport, de vente par correspondance, des industriels et des voyagistes. En 2016 figuraient sur la liste des entreprises sondées les secteurs de l'agro-alimentaire, beauté/luxe, conseil, distributeurs de fournitures de bureau, énergie/chimie, grande distribution, jeux et poste/télécom.
 

De nombreuses entreprises doivent revoir leur copie

Le baromètre PAP50 indique que certains secteurs n'ont pas encore développé de politique papier ou manquent de transparence sur celles-ci, tels que les laboratoires pharmaceutiques et le secteur agro-alimentaire. Le WWF France déplore par ailleurs des politiques papier trop peu ambitieuses : l'analyse des cahiers des charges destinés aux prestataires comportent encore peu de demandes d'écoconception ou de papiers responsables.
 

Des bons élèves engagés dans une meilleure politique papier

Des entreprises issues de secteurs très divers, telles qu'Essilor, BETC, Sidiese, ICOM, Apicil ou encore la MAIF arrivent en tête de classement. Les agences de communication sortent du lot avec de très bons résultats. L'agence BETC a été classée en tête des entreprises interrogées grâce à la mise en place d'une politique papier : « Si je ne devais retenir que deux actions emblématiques, ce serait le déploiement du système de badge individuel couplé à l'indication du coût de l'impression et le partenariat avec une structure qui récupère nos cartons plumes pour les offrir à des artistes ».
Romain Peton, Agence BETC
 

Une politique papier écoresponsable performante est possible pour toute organisation volontaire

Les bons élèves montrent qu'il est possible de mettre en place une politique papier efficace. Pour cela, la politique papier doit associer un approvisionnement en papier recyclé ou certifié FSC garantissant une meilleure durabilité des ressources ainsi que l'organisation d'un tri du papier. Essilor a mené une progression exemplaire et rapide, et ce sans difficulté : « La mise en oeuvre d'une politique papier respectueuse de l'environnement ne nous a pas demandé de changements importants dans le travail au quotidien et a donné très rapidement des résultats concrets et visibles auxquels chacun a le sentiment de contribuer ».
Pierre Thourel, Directeur HSE chez Essilor
 

Une politique papier durable est nécessaire pour limiter l'impact de l'exploitation des ressources forestières

Il est aujourd'hui urgent que ces politiques se généralisent et montent en puissance afin de minimiser l'impact sur l'environnement. « En tant que matériau renouvelable, le papier est un support qui présente de nombreux avantages. Toutefois, ses utilisations, son exploitation, sa production et son recyclage génèrent une empreinte réelle. Cette empreinte peut s'amplifier si la ressource bois n'est pas gérée durablement, ce qui pèserait négativement sur la qualité des forêts, de la biodiversité, des eaux et de l'air ».
Jean Bakouma, Responsable du programme Forêt au WWF France

Dans ce contexte, les grandes entreprises ont un poids et un rôle à jouer sur les écosystèmes, et les changements nécessaires ne pourront être menés qu'avec leur engagement.

Une étude sur la filière lait démontre que les exploitations durables...

En 2016, plus de 50% des agriculteurs ont eu un revenu inférieur à 350€ par mois.<br />© Germund Sellgren / WWF-Sweden

A l'occasion des Etats généraux de l'alimentation, le WWF France et Réseau CIVAM (Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural) publient  les conclusions d'une étude réalisée par Réseau CIVAM, sur les exploitations laitières, particulièrement touchées par la crise agricole en 2015.


L'étude du Réseau CIVAM, qui porte sur l'exercice comptable 2015, démontre que les exploitations en Agriculture Durable (AD) de l'ouest en bovin lait, caractérisées par un recours important au pâturage, sont globalement plus performantes sur le plan économique et social que les exploitations laitières conventionnelles.

Alors qu'elles produisent moins de lait, les fermes AD créent plus de richesse que les exploitations conventionnelles (+24% de valeur ajoutée par actif) et en consacrent une plus grande partie à la rémunération du travail (48% de la valeur ajoutée, contre 33% pour les exploitations conventionnelles). De plus, ces fermes AD contribuent à la création d'emplois dans les territoires (+10% d'actifs agricoles en plus par km2). En outre, ces fermes permettent de préserver les ressources naturelles, en divisant par 3 le recours aux pesticides et en stockant du carbone dans les prairies.

Après avoir formulé des demandes précises, dans le cadre de la « Plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire » mise en place pour les Etats généraux de l'alimentation, cette étude est l'occasion pour le WWF France et Réseau CIVAM de rappeler que la création de valeur économique, sociale et écologique vont de pairs.

Dépendance aux intrants chimiques, pollution, érosion de la biodiversité, appauvrissement et endettement des agriculteurs, sont autant de conséquences qui démontrent que l'agriculture industrielle n'est pas soutenable, tant sur le plan environnemental qu'économique. En 2016, plus de 50% des agriculteurs ont eu un revenu inférieur à 350€ par mois et, entre 2000 et 2013, le nombre d'exploitations agricoles a diminué de 32% (près de la moitié dans le cas des exploitations laitières), engendrant un impact négatif considérable sur la vie des territoires ruraux. Face à cette situation, un changement de modèle s'impose, à travers le développement de systèmes agricoles plus durables et plus rémunérateurs pour les agriculteurs.

« Cette étude est la preuve factuelle que, pour le secteur laitier, les exploitations durables permettent de couvrir nos besoins alimentaires et de protéger l'environnement, tout en générant plus de revenus et en favorisant la création d'emplois. Plus largement, cette étude démontre qu'il est possible de s'affranchir d'un modèle agricole à bout de souffle sur le plan social, environnemental et économique. Créer de la valeur environnementale c'est aussi créer de la valeur économique pour les agriculteurs, les territoires et une meilleure alimentation pour les consommateurs. La transition agricole doit s'engager maintenant.»
Pascal Canfin, directeur général du WWF France

« L'étude du Réseau CIVAM portant sur les résultats 2015 des producteurs de lait du Grand Ouest confirme la capacité de nos systèmes de production économes et autonomes à mieux rémunérer le travail tout en mobilisant moins de moyens de production. Depuis la suppression des quotas laitiers, la course à l'agrandissement des fermes laitières s'est accélérée sans réelle cohérence économique (les économies d'échelle ne sont pas infinies), au détriment du nombre d'actifs et générant de nombreux drames humains. Nos résultats démontrent une nouvelle fois qu'un autre modèle de développement, créateur de main d'œuvre et respectueux de l'environnement est possible. Nos groupes locaux permettent de susciter et de conforter par l'accompagnement collectif des changements de systèmes allant dans ce sens. C'est pourquoi il est nécessaire que ces démarches soient au cœur des différentes politiques publiques. »
Joël Restif, producteur laitier, référent évaluation du Réseau CIVAM

 

Annexes

Plus en détail, l'étude se concentre sur un panel d'indicateurs, parmi lesquels notamment :
  • Les résultats économiques : moins de production mais plus de résultats
Même si elles produisent moins de lait que les exploitations traditionnelles, les fermes durables parviennent à créer plus de richesse que les exploitations traditionnelles (+24% de valeur ajoutée par actif). Cela est possible grâce au recours à l'herbe pâturée, qui permet de réduire considérablement les coûts phytosanitaires et les coûts des aliments pour le bétail. Alors que le coût des pesticides et engrais minéraux représente 17% des charges opérationnelles dans les exploitations conventionnelles, il n'en représente que 3% dans les exploitations économes.
 
  • Les résultats sociaux : plus de richesse affectée à la rémunération du travail et à la création d'emplois
Les exploitations durables ont un résultat social  bien plus élevé (51%) que celui des fermes conventionnelles. Cela veut dire que la richesse crée par les fermes durables est consacrée en priorité à la rémunération du travail plutôt qu'aux investissements, comme le voudrait la logique productiviste, donnant ainsi une plus grande importance à l'humain.
 
Les exploitations durables sont aussi plus à même de développer et maintenir l'emploi dans les territoires : si l'on considère le nombre d'actif par km2 (100 ha), les fermes durables permettent de faire vivre 10% d'actifs agricoles en plus au kilomètre carré que les fermes conventionnelles.
 
  • Les résultats environnementaux : moins de pollution et plus de biodiversité
​Grace aux systèmes herbagers et à l'agroécologie, les exploitations AD parviennent à réduire considérablement leur impact environnemental. Le coût phytosanitaire par hectare est ainsi divisé par trois par rapport aux exploitations conventionnelles. Le recours accru pâturage permet aussi de stocker du carbone dans les sols, ce qui compense entre 30 et 40% des émissions de gaz à effet de serre (GES) des élevages.
 
  • Dépendance des aides de la PAC
L'indicateur de sensibilité mesure le degré de dépendance du revenu des agriculteurs par rapport aux aides. Or, il est de 93% pour les fermes durables contre 233% pour les exploitations conventionnelles. En d'autres termes, pour dégager un revenu de 100€, les exploitations conventionnelles perçoivent 233€ d'aides contre 93€ pour les exploitations durables.

Projet de loi de finances 2018 : réaction du Réseau Action...

Finance verte<br />© Shutterstock / isak55 / WWF

Le Réseau Action Climat salue l'augmentation de la fiscalité écologique prévue dans le projet de loi de finances présenté aujourd'hui par le gouvernement. Mais il regrette que certains secteurs continuent d'être les passagers clandestins de cette fiscalité en France et que les solutions alternatives aux pratiques les plus polluantes comme les transports en commun ou la rénovation massive des passoires énergétiques ne soient pas davantage soutenues.

 

Une fiscalité plus adaptée à la lutte contre le changement climatique et à la pollution de l'air...

Le Réseau Action Climat se félicite de la hausse de la fiscalité écologique (alignement de la fiscalité diesel sur celle de l'essence et augmentation de la composante carbone) qui va dans le sens d'une meilleure prise en compte de l'impératif climatique et de la lutte contre la pollution de l'air.

 

Mais qui omet certains secteurs polluants

Cependant, le projet de loi de finances reste muet sur la nécessaire suppression des niches fiscales qui, aujourd'hui, financent la pollution (exemption de taxation accordée au kérosène aérien, remboursement d'une partie de la TICPE aux transporteurs routiers, etc...). Ces niches (équivalentes à 7 milliards d'euros chaque année de manque à gagner dans le budget de l'Etat), créent un avantage concurrentiel pour des secteurs qui, aujourd'hui, participent à la hausse des émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, la composante carbone devrait être élargie avec la taxation de la consommation d'électricité d'origine non renouvelable, notamment nucléaire, pour devenir une véritable contribution climat énergie. Enfin, concernant le secteur des déchets, les taux de TGAP ne sont pas modifiés, malgré l'engagement de campagne du Président de la République en ce sens, mettant ainsi à mal la progression du recyclage.
 

Une protection des ménages les plus modestes à renforcer

La hausse de la fiscalité écologique s'accompagne de mesures destinées à ne pas trop pénaliser les ménages les plus modestes. L'attribution d'une prime à la conversion pour les voitures diesel destinée aux ménages non imposables contribue à cet objectif. La généralisation du chèque énergie va également dans ce sens, mais l'augmentation de son montant moyen à 200 euros n'est annoncée que pour 2019 et cette hausse reste très en deçà du montant nécessaire pour sortir les ménages visés de la privation de chauffage. Par ailleurs, pour leur permettre de sortir durablement de la précarité énergétique, un financement est prévu pour la rénovation des passoires énergétiques des propriétaires précaires dans le grand plan d'investissement, mais il est largement inférieur aux engagements pris par le Président de la République (1,2 milliard d'euros au lieu des 4 milliards prévus) et inadapté aux objectifs que le gouvernement s'est fixés.
 

Une orientation plus claire à donner vers les alternatives

La hausse de la fiscalité écologique doit également s'accompagner d'un plus grand soutien aux alternatives. Si certaines décisions vont dans le bon sens en matière d'efficacité énergétique, comme la transformation du CITE en prime annoncée pour 2019, le gouvernement se contente d'amender des outils à l'efficacité discutable, au lieu de s'orienter vers les changements profonds indispensables à la tenue des objectifs de rénovation énergétique fixés par le président de la République. Sur le transport ferroviaire, il réitère dans son grand plan d'investissement les engagements existants (2,1 milliards d'euros dans le réseau ferré) alors qu'un milliard d'euros supplémentaire est nécessaire pour renforcer l'attractivité de ce mode de transports. De la même manière, les dotations annoncées pour les collectivités territoriales en faveur de la mobilité quotidienne (500 millions d'euros sur cinq ans) restent en deçà des sommes nécessaires pour engager un vrai report modal de la voiture individuelle vers d'autres solutions de déplacement, notamment le vélo et les transports en commun. Enfin, et de manière incohérente, le gouvernement fait marche arrière en supprimant le bonus aux vélos électriques alors qu'il s'agit d'une alternative qui a fait ses preuves pour une majorité des déplacements du quotidien effectué aujourd'hui en voiture.
 

La solidarité climatique en panne

La solidarité internationale est un enjeu majeur, renforcé par les changements climatiques. Pourtant, le projet de loi de finances acte une augmentation très timide de l'aide publique au développement (100 millions d'euros supplémentaires par rapport à 2017) et limite en parallèle la portée d'un des principaux outils permettant d'honorer cet engagement, la taxe sur les transactions financières. En effet, le PLF ne prévoit ni d'affecter 100% de ses recettes à la solidarité internationale et au climat comme le voudrait l'ambition européenne du Président, ni d'en élargir l'assiette comme cela était prévu en janvier 2018. Ces annonces sont décevantes, alors même que la France accueillera le 12 décembre prochain un sommet international sur le climat dédié à la question des financements.

Le Réseau Action Climat France attend désormais des parlementaires qu'ils renforcent ce projet de loi de finances pour le mettre en cohérence avec les objectifs climat énergie que s'est fixés la France.

La mer Méditerranée : une richesse unique en déclin rapide

Calculée de la même manière que le PIB national, la richesse de la mer Méditerranée la placerait  au cinquième rang des économies nationales de la région. <br />© Franck Paul

La mer Méditerranée représente seulement 1% de la surface océanique mondiale mais est à l'origine de 20% de la production marine du monde. Cependant cette richesse dépend d'un patrimoine qui se dégrade rapidement. C'est le constat alarmant que dresse le WWF à quelques jours de l'ouverture de la conférence « Our Ocean » organisée à Malte par l'Union Européenne.


Avec ses 46 000 km de littoral, la mer Méditerranée fait vivre 150 millions d'individus. Le rapport « Relancer l'économie de la mer Méditerranée : les actions pour un futur durable » publié aujourd'hui, montre que la mer Méditerranée joue un rôle fondamental dans l'économie de la région mais que le patrimoine naturel de la mer - qui soutient une grande partie de l'économie et contribue au bien-être de la communauté - s'érode.

 

Produit par le WWF en collaboration avec le Boston Consulting Group (BCG), ce rapport est l'analyse la plus pointue jamais réalisée sur le patrimoine naturel de la Méditerranée.

Il évalue la valeur globale du patrimoine de la Méditerranée à plus de 5,6 millions de millions de dollars US. Cette valeur correspond à l'exploitation d'actifs naturels incluant les littoraux productifs, les pêcheries et les herbiers marins. La production économique annuelle estimée de la mer est d'au moins 450 milliards de dollars US.

Calculée de la même manière que le PIB national, la richesse de la mer Méditerranée la placerait au cinquième rang des économies nationales de la région. A titre de comparaison, elle génère une production annuelle à peu près équivalente à celle de l'Algérie, de la Grèce et du Maroc réunis.



Cependant, le rapport révèle aussi que de nombreuses ressources de la mer Méditerranée sont en déclin à cause d'une exploitation non durable, ainsi que l'accélération de l'utilisation de ces ressources. Le rapport se concentre sur le secteur des pêches et l'industrie touristique en croissance rapide et montre que l'équilibre de la mer Méditerranée est à un tournant décisif.

Le tourisme est le secteur qui contribue le plus aux économies locales, représentant 11% du PIB cumulé des pays méditerranéens. Cependant, le modèle actuel de tourisme de masse - qui implique souvent un développement agressif du littoral, une consommation d'eau et d'énergie excessive et une gestion non durable des déchets et des eaux usées - a dégradé l'environnement côtier et marin. Selon le rapport, le tourisme représente plus de 90% de la production économique annuelle de la Méditerranée. L'utilisation des zones côtières pourrait générer des conflits compte tenu de la croissance prévisible du tourisme dans la région.

Le secteur de la pêche méditerranéenne, au troisième rang de l'économie de la région, traverse ces dernières années une crise qui va en s'aggravant. Ce secteur a toujours une valeur globale estimée à plus de 3 milliards de dollars et génère directement plus de 180 000 emplois.

Pour parvenir à un avenir durable pour la Méditerranée, le rapport fixe six priorités :
  • Mettre en œuvre une gestion et une planification maritime cohérentes et axées sur les écosystèmes
  • Mettre en place une économie bleue durable
  • Parvenir à une économie respectueuse du climat et neutre en carbone
  • Débloquer le potentiel productif du patrimoine naturel à travers des financements publics et privés
  • Réduire l'empreinte du tourisme de masse et rechercher des modèles de tourisme plus durables
  • Soutenir une pêche durable
« Cette nouvelle analyse montre que la protection de l'environnement doit être une priorité absolue pour les dirigeants de la Méditerranée. Nous avons constaté une bonne mobilisation par le passé mais une analyse objective montre que le temps presse et qu'il faut agir à une plus grande échelle et plus rapidement si nous voulons assurer un futur sain et florissant pour la Méditerranée ».
Demetres Karavellas, directeur du WWF Grèce

« Développer une économie bleue, solide et durable pour la région méditerranéenne dépendra fortement de notre capacité à conserver notre mer, nos littoraux et nos écosystème marins sains, et où cela est possible de réparer les écosystèmes dégradés. Nous ne pouvons pas continuer à éroder le patrimoine sur lequel les cultures et économies méditerranéennes reposent ».
Karmenu Vella, Commissaire européen pour l'Environnement, les Affaires maritimes et la Pêche

« Avec cette analyse, personne ne peut douter de l'importance d'une gestion attentive des ressources marines sur lesquelles s'appuie une grande partie de l'économie méditerranéenne. Une approche économique prudente devra veiller au déploiement de solides actions de préservation de l'environnement afin de sécuriser ses ressources naturelles, faute de quoi les bases économiques de la région pourraient sérieusement être menacées ».
Nicolas Kachaner, Associé et Directeur Général du BCG

« Nous voyons de nombreuses populations de poissons, des zones côtières et des écosystèmes océaniques exposés à d'immenses pressions partout dans le monde et dans des régions importantes telles que la Méditerranée. Mais nous constatons également que l'océan fait l'objet d'une attention sans précédent. C'est l'occasion pour les dirigeants en Méditerranée de s'engager à la réalisation des objectifs de développement durable des Nations Unies et l'Accord de Paris sur le climat de 2015. Il n'y a pas de temps à perdre ».
John Tanzer, directeur des programmes Océans au WWF

La convention de Minamata, nouvel outil face au défi de la...

Le WWF France appelle les gouvernements à ratifier et appliquer la convention, afin de préserver les écosystèmes et la santé des populations locales.<br />© WWF / Mike Goldwater

La Convention de Minamata sur le mercure, ratifiée par seulement 81 pays, réunit à partir du 24 septembre 2017 sa première Conférence des Parties (COP) à Genève. A cette occasion, le WWF France appelle les gouvernements, au-delà des décisions positives déjà prises, à signer, ratifier et appliquer cette convention, afin de préserver les écosystèmes et la santé des populations locales. Notamment utilisé dans l'orpaillage, le mercure induit en effet des impacts majeurs sur les écosystèmes et sur les populations dans la région des Guyanes.


Si l'orpaillage illégal représente un enjeu environnemental et transfrontalier majeur pour les Guyanes, l'énorme défi consiste donc à le transformer en priorité de collaboration régionale autour de la mise en œuvre de la Convention de Minamata. Cela pourrait ouvrir la voie à une coopération internationale plus étendue autour du problème du mercure, qui concerne une grande partie de l'Amazonie, et le WWF entend jouer un rôle moteur dans cette direction.
 

Un enjeu environnemental et sanitaire majeur pour les Guyanes

Au niveau mondial, le secteur de l'orpaillage « artisanal » (souvent informel ou illégal) est responsable de 37% des émissions mondiales de mercure (PNUE, 2013), notamment dans les milieux aquatiques. Cette situation se vérifie dans l'écorégion du Plateau des Guyanes, une des plus importantes réserve d'eau douce disponible au monde.

Dans cette région d'Amazonie, dénommée historiquement El Dorado, les gisements d'or alluvionnaires sont exploités de façon intensive. On estime que le secteur compte quelque 40 000 mineurs répartis sur l'ensemble de la région, en grande majorité de travailleurs illégaux venant du Brésil, les garimpeiros, qui utilisent le mercure pour concentrer le précieux métal jaune.

Selon une étude publiée par le WWF en 2015, de l'ordre de 80 tonnes de mercure pollueraient chaque année les écosystèmes et les chaînes alimentaires aquatiques des Guyanes, intoxiquant les populations locales et autochtones, dépendantes des ressources en poisson.

Face à ce constat, le WWF France appelle les gouvernements à s'engager dans les Guyanes à la mise en place d'un véritable observatoire régional sur le mercure ainsi qu'au soutien de projets de terrain visant à l'abandon de l'utilisation du mercure sur l'ensemble de la région. 

 

États Généraux de l’Alimentation : les organisations de la « Plateforme...

Fruits et légumes de saison, page crowdacting<br />© Michel Gunther / WWF

A l'occasion des Etats Généraux de l'Alimentation, 50 organisations de la société civile se sont rassemblées au sein d'une « Plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire » pour porter ensemble des propositions concrètes à la table des concertations.


Les États Généraux de l'Alimentation doivent être un processus de co-construction des solutions afin de bâtir des filières relocalisées et équitables et obtenir un juste revenu paysan - tout en préservant la santé des agriculteurs et des consommateurs. Ils doivent ainsi permettre la mise en place d'une véritable transition agroécologique et alimentaire, ainsi que l'adaptation de l'agriculture française au changement climatique. De plus, il est nécessaire de voir plus loin que nos propres frontières et d'appuyer cette transition dans les pays du Sud.

Pour cela, nous proposons 63 mesures concrètes autour de 7 thématiques. Ces propositions s'appuient sur des initiatives locales exemplaires et sur l'expertise croisée de nos réseaux d'acteurs. Elles s'adressent aux participants et présidents des ateliers, ainsi qu'au gouvernement qui organise les États Généraux et au Président Emmanuel Macron qui en a fait l'un de ses engagements de campagne.

Les organisations de la Plateforme citoyenne souhaitent rappeler que les États Généraux de l'Alimentation doivent aboutir à un résultat engageant pour le gouvernement et les parties prenantes sur la voie de la transition agroécologique et alimentaire de nos territoires. Ils doivent aussi inciter à une gestion durable de nos ressources halieutiques. Cela permettra alors de répondre de façon concrète aux engagements qui ont été pris par le nouvel exécutif face aux attentes exprimées avec de plus en plus de force par une majorité de citoyens français. Le gouvernement vient de faire exactement l'inverse en supprimant définitivement les aides au maintien pour les agriculteurs bio ce qui va à rebours des attentes de la société et témoigne d'un manque d'anticipation et de réflexion sur l'avenir de l'agriculture française.

La voix des citoyens doit être prise en compte. Il en va de la crédibilité des États Généraux de l'Alimentation. Si le gouvernement échouait à enclencher un véritable changement de modèle et une juste répartition de la valeur, ces États Généraux seraient considérés comme un échec.

 

WWF et Sodexo renouvellent leur partenariat pour réduire l’impact environnemental du...

Le renouvellement du partenariat se concentre maintenant sur la mise en œuvre opérationnelle et la généralisation des engagements au niveau du Groupe<br />© Martin Harvey / WWF

Partenaires depuis six ans, Sodexo et le WWF ont développé de concert une méthodologie de suivi des émissions carbone sur la chaîne de valeur de Sodexo, défini une cible carbone alignée sur les objectifs de l'Accord de Paris et identifié des leviers d'amélioration d'une politique d'achat responsable.


Le renouvellement du partenariat se concentre maintenant sur la mise en œuvre opérationnelle et la généralisation des engagements au niveau du Groupe. La réduction effective des émissions de gaz à effet de serre du Groupe à hauteur de 34% d'ici 2025 se traduit par une transformation de l'offre de restauration du Groupe vers plus de durabilité, une politique d'approvisionnement plus responsable, basée sur des matières premières à faible impact environnemental, et une réduction du gaspillage alimentaire.

Neil Barrett, SVP Corporate Responsibility de Sodexo explique :
« Dans le monde actuel, marqué par l'accroissement démographique, les enjeux environnementaux et les changements sociétaux, il est essentiel pour les organisations d'avoir un impact positif. Pour être source de valeur, les grandes entreprises doivent agir dans l'intérêt de tous. Renouveler notre partenariat avec le WWF démontre la force de notre engagement transcrit dans notre feuille de route, le Better Tomorrow 2025, qui se concentre autour de 9 engagements clairement définis, assortis d'objectifs mesurables ».

Marie-Christine Korniloff, Directrice déléguée au Monde Économique pour le WWF France :
« Nous nous réjouissons de la signature du renouvellement de ce partenariat avec le leader des services de qualité de vie. Sodexo sert des millions de consommateurs chaque jour à travers le monde. En accompagnant l'évolution de l'offre de Sodexo notre partenariat vise à influencer les pratiques de l'ensemble du secteur ».

Montagne d’Or : un mirage économique ?

Cette mine, par son ampleur et les procédés utilisés, aurait évidemment un impact désastreux sur l'environnement.<br />© WWF-Brazil / Adriano Gambarini

A l'occasion du déplacement en Guyane d'Annick Girardin, ministre des Outre-Mer, le WWF France dénonce le non-sens économique du projet Montagne d'Or, projet de mine d'or industrielle porté par le promoteur russe Nordgold et envisagé en pleine Amazonie, près de deux réserves biologiques. Il s'agirait de la première mine industrielle en Guyane et, de très loin, de la plus importante mine d'or en France.


Cette mine, par son ampleur et les procédés utilisés, aurait évidemment un impact désastreux sur l'environnement. Selon l'opérateur, pour extraire l'or, 57 000 tonnes d'explosifs, 46 500 tonnes de cyanure et 142 millions de litres de fuel seront nécessaires pour les 12 ans de durée de vie du projet.

C'est conscient de cette menace sur un écosystème exceptionnel, grâce à son expertise et sa présence sur le terrain, que le WWF France a voulu savoir si le projet représentait un réel levier économique, et notamment la meilleure option d'investissement de l'argent public, argent qui ne pourra être dépensé qu'une fois.

Pour réaliser son étude, le WWF France s'est appuyé sur deux documents publics, réalisés pour Nordgold, et qui n'avaient jusqu'à présent pas fait l'objet d'analyse publique : l'évaluation économique préliminaire publiée en juillet 2015 et l'étude de faisabilité bancaire publiée en avril 2017.

 

Les conclusions de notre analyse sont claires : le projet Montagne d'Or est un mirage en termes de développement pour la Guyane et un gouffre pour l'argent des contribuables.

 

  • L'analyse économique du projet repose sur plusieurs hypothèses particulièrement favorables. La volatilité du cours de l'or et la dépendance au taux de change euro-dollar créent une incertitude réelle sur la rentabilité de l'ensemble du projet. Si les résultats économiques du projet minier venaient à baisser, l'impôt sur les sociétés payé par l'entreprise baisserait également. Cette rentrée fiscale qui est la principale retombée attendue du projet pour les finances publiques est donc très fragile.
    Par ailleurs, si la rentabilité se dégradait il y a fort à parier que les promoteurs feraient tout pour la rétablir, notamment en réduisant les dépenses, en premier lieu celles sur lesquelles ils ont des marges de manœuvre à savoir le social et l'environnement.
  • Le projet engloutirait au moins 420 millions d'euros publics soit un coût aberrant de 560 000 euros publics pour chaque emploi direct annoncé. La fourchette basse des subventions atteindrait 420 millions d'euros (alors que les bénéfices espérés du projet s'élèvent à 352 millions d'euros). Pour chacun des 750 emplois directs annoncés, cela reviendrait à un coût de 560 000€ pour la durée du projet.


« Les défenseurs du projet minier Montagne d'Or mettent en avant ses avantages économiques pour faire oublier ses impacts écologiques. Ce projet est-il le « bon » pour le développement économique de la Guyane ? C'est pour répondre à cette question, que le WWF France a réalisé l'étude « Montagne d'Or : un mirage économique ». Les conclusions sont claires : le projet est à la fois un non-sens écologique et un non-sens économique. C'est un mirage économique qui consommera des quantités astronomiques d'argent public, argent qui ne serait plus là pour financer de vrais projets créateurs d'emplois de long terme pour les Guyanaises et les Guyanais. »
Pascal Canfin, directeur général du WWF France

Assises de la mobilité : le WWF France demande aux participants...

Mobilité durable pour page crowdacting<br />© Katrin Havia / WWF-Finland

Le gouvernement ouvrira ce 19 septembre les Assises nationales de la mobilité pour un travail qui devrait se dérouler jusqu'en décembre. Elles constituent pour le WWF France un moment charnière pour accélérer enfin la cadence de la transition écologique nécessaire en France dans les transports, avec les Français et l'ensemble des parties prenantes concernées. 


Cinq priorités ont été identifiées par le WWF France :
  • Faire passer à 30% les ventes de véhicules à faibles et très faibles émissions d'ici la fin du quinquennat
  • Viser l'instauration progressive et concertée de zones à faibles émissions dans les territoires de plus de 100 000 habitants
  • Imaginer de nouveaux partenariats réunissant les acteurs de la mobilité, de l'énergie et du numérique pour repenser les déplacements dans les zones rurales et périurbaines
  • Déployer les solutions financières innovantes et ciblées aux différents enjeux de la mobilité durable
  • Poser les bases d'un dialogue inclusif pour que l'ensemble des acteurs du secteur embraye la transition écologique et avance vers la loi d'orientation de la mobilité
 

Les priorités identifiées par le WWF France : 

Première source d'émission de gaz à effet de serre en France, la mobilité pèse lourd dans notre bilan carbone avec près de 33% de notre consommation annuelle énergétique et 29% de nos émissions de gaz à effet de serre. Le secteur est aussi l'une des principales causes de dégradation de la qualité de l'air. En ce sens, le trafic routier constitue un fardeau pour la santé des citoyens en étant l'origine de la moitié des émissions d'oxydes d'azote et un tiers des particules, et, de fait responsable de près d'un tiers des 48 000 morts prématurées par an en France dues à la pollution atmosphérique.

Dans le même temps, la mobilité représente un enjeu fondamental de cohésion et d'intégration sociale de nos territoires, vecteur essentiel du développement social. Les Français parcourent au quotidien, en un peu moins d'une heure, 25 kilomètres en moyenne, en direction des bassins d'emplois, des services et des commerces. Enfin, le secteur est inscrit au cœur de l'économie avec près de 152 milliards d'euros dépensés par les Français par an pour se déplacer, soit 13% de leurs dépenses de consommation. Le secteur des transports emploie (hors intérim) 1,3 millions de personnes et pèse pour près de 9% du PIB.
 

Cinq objectifs majeurs doivent guider les Assises nationales de la mobilité :

1. Relever le défi de la transition vers une mobilité décarbonée

Dans son nouveau Plan Climat, le gouvernement a avancé d'ici 2040 la fin de la vente des véhicules thermiques. Le WWF appelle maintenant à ce que cette annonce puisse être concrétisée par un plan d'action dédié à court terme, pour accélérer la transition vers les véhicules à faibles et très faibles émissions, avec un point intermédiaire de rendez-vous national d'ici la fin du quinquennat pour faire le bilan et préparer la suite. Le WWF France estime que la part de ces véhicules devrait passer à 30% des ventes d'ici à 2022 pour honorer cet engagement. Pour ce faire, des synergies, aussi bien locales que nationales, doivent être renforcées entre les secteurs de l'énergie et des transports, et renvoient aux enjeux du développement des énergies renouvelables, de stockage et de gestion intelligente de l'électricité et de l'avènement du numérique.

Cet objectif appelle à une vraie transition industrielle en France, qui pourrait créer d'ici 2030 plus de 60 000 emplois, réduire la sortie de capitaux de l'économie française en allégeant la facture pétrolière du pays de quelques 6 milliards d'euros. Cette transition doit être accompagnée des deux autres leviers majeurs de la mobilité durable : la réduction de notre besoin de déplacement et le développement des autres modes et usages de déplacements à moindre impact environnemental.
 

2. Retrouver un air sain dans nos territoires

Il est impératif que la France rattrape son retard dans ce domaine, au regard des 200 villes en Europe qui ont déjà mis en place des zones de circulation restreintes, de Londres à Barcelone en passant par Berlin. Les Assises sont l'occasion pour les territoires de se saisir de l'enjeu crucial de la qualité de l'air en favorisant les collaboration multipartites autour des instruments de la loi sur la transition énergétique, mis à disposition des acteurs locaux (zones de circulation restreinte, élaboration des Plan Climat-Air-Energie Territoriaux, etc).

Face aux pics de pollution chroniques, le WWF invite le gouvernement à inscrire cet enjeu au cœur des Assises, en visant la généralisation progressive et concertée de zones à faibles émissions dans les territoires de plus de 100 000 habitants, pour trouver un second souffle en France sur cet enjeu qui, pour l'instant, reste trop marginal ou conflictuel dans son traitement.
 

3. Rendre compatible mobilité et transition énergétique dans les territoires périurbains et ruraux

4 français sur 10 vivent en dehors de grands pôles urbains, en milieu périurbain ou rural, où la voiture est rendue indispensable dans la mobilité quotidienne. La mobilité durable ne peut-être pensée sans une approche urbanistique des enjeux et des réponses adaptées à l'ensemble des Français. Les Assises sont pour le WWF l'opportunité de se consacrer aux mobilités dans les territoires ruraux, en imaginant de nouveaux partenariats entre les collectivités et les acteurs de la mobilité, de l'innovation numérique, de l'économie de plateforme et du développement des énergies renouvelables décentralisées. Les nombreuses initiatives locales qui ont vu le jour localement demandent à être amplifiées pour le bien-être des habitants et leurs besoins en mobilité.
 

4. Repenser les façons de financer et d'investir dans les infrastructures pour la mobilité durable

L'accompagnement des acteurs du secteur dans la transition écologique doit pouvoir être développé grâce à de nouveaux instruments financiers pour l'avènement de services et d'infrastructures durables de transports. Le WWF compte sur les Assises pour identifier les priorités à dégager pour le prochain plan d'investissement, les instruments innovants pour financer les nouveaux services de la mobilité durable quotidienne (mécanismes de financement participatif, outils de tiers-financement, obligations vertes, fiscalité environnementale...).
 

5. Poser les bases d'un dialogue inclusif, constructif et pérenne vers la mobilité durable

Après le traumatisme du Dieselgate, du fait de la fracture sociale observée dans les territoires liée aux mobilités, après la recrudescence des pics de pollution, les Assises doivent poser les bases saines d'un dialogue inter-acteurs pour avancer plus vite la transition du secteur. La France a les moyens et le potentiel de s'inscrire dans l'avenir pour devenir championne d'une mobilité à faible impact environnemental et accessible à tous, à condition qu'elle sache poser les jalons dans cette direction et avancer un dialogue inclusif, constructif et pérenne.

Le léopard des neiges au cœur d’un débat

Le WWF oeuvre pour atteindre cet objectif, en s'appuyant sur l'expertise d'autres organisations qui étudient les léopards des neiges et leurs habitats.<br />© David Lawson / WWF-UK

Le débat autour du léopard des neiges met en lumière la réelle nécessité d'études approfondies sur ce félin insaisissable. Tout le monde s'accorde sur un point néanmoins : les léopards des neiges sont menacés et font face à un risque d'extinction élevé.


De récents débats ont émergé autour du léopard des neiges ; suite à la réévaluation des espèces, l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) a annoncé que le léopard des neiges serait déclassé de "En danger" à "Vulnérable" sur la Liste rouge des espèces menacées.
Certains scientifiques contestent cette décision, les données récoltées étant selon eux plus révélatrices d'une espèce "En danger". Ce débat n'est pas une surprise puisque la plus grande partie de la population de léopard des neiges n'a pas été encore recensée. Cela met en exergue le besoin urgent d'études approfondies sur les populations de léopards des neiges vivant dans ces montagnes isolées.

« Il ne doit pas y avoir de tergiversation sur la la vulnérabilité du léopard des neiges sauvage. Contrairement à d'autres succès de conservation, cette déclassification de "En danger" à "Vulnérable" est dûe à une réévaluation des espèces, et non - pour l'instant en tout cas - à un accroissement du nombre d'individus. La liste rouge des espèces menacées de l'UICN n'est malheureusement réservée qu'aux espèces faisant face à un risque élevé d'extinction. » 
Margaret Kinnaird, Responsable du programme Vie Sauvage au WWF

Cependant, il est important de noter que les scientifiques s'accordent à dire que les léopards des neiges sont bel et bien menacés et qu'ils font face, à minima, à un "risque élevé d'extinction dans la nature". Les menaces sont évidentes et diverses : augmentation du conflit avec l'homme, braconnage, développement de gigantesques infrastructures qui empiètent sur leur habitat, et le dérèglement climatique qui a déjà commencé à profondément affecter l'espèce.

Margaret Kinnaird ajoute : « Le léopard des neiges devra faire face à des menaces grandissantes qui mettront en péril sa survie dans les années à venir. Nous sommes déterminés à assurer un futur dans lequel les léopards des neiges pourront évoluer dans des habitats sains et voir leur population augmenter . »

Le léopard des neiges est un indicateur clé d'un écosystème unique et complexe alliant prairies reculées et sommets enneigés qui s'étend de la Sibérie du Sud au Nord jusqu'aux Himalayas au Sud.
Ces régions de hautes altitudes n'abritent pas seulement une faune sauvage unique qui permet aux communautés locales de vivre, elles stockent aussi plus de neige et de glace que n'importe où sur Terre, exception faite des pôles. Ce "troisième pôle" est la source des plus grandes rivières d'Asie dont bénéficient des milliards de personnes en aval.

Selon les dernières études, on estime que d'ici 2070, 70% de l'habitat naturel des léopards des neiges pourrait être perdu. En cause : le dérèglement climatique. Les peuples d'Asie font déjà face à de profonds dérèglements : conditions météorologiques extrêmes de plus en plus fréquentes, réchauffement trop rapide et précipitations imprévisibles ont dévasté leur habitat, détruit leurs récoltes et entraîné une exode urbaine.
Ces changements accroissent la pression sur ces communautés, ces écosystèmes et les populations de léopard des neiges.

Le WWF interpelle les gouvernements afin qu'ils redoublent d'efforts pour lutter contre le braconnage et apaiser les conflits homme-animal. Un rapport récent publié par TRAFFIC estime que près de 450 léopards des neiges sont tués illégalement chaque année - ce même trafic qui décime les éléphants, les rhinocéros et les tigres à travers l'Asie et l'Afrique.

L'augmentation des conflits entre les hommes et les léopards est en partie dûe à la diminution du nombre de proies sauvages et à la réduction de leur habitat, engendré par le surpâturage et aggravé par la hausse des températures. Le manque de proies sauvages pousse malheureusement les léopards à chasser le bétail, ce à quoi es habitants répondent e plus souvent en les tuant ou en les empoisonnant.
Qu'ils soient "Vulnérables" ou "En danger", la question ne pose pas quant à l'urgence de trouver des solutions face à ces menaces, qui mettent en péril leur survie. Il faut envisager des alternatives durables dont les communautés rurales pourront bénéficier et qui viendront en soutien à la sauvegarde de la biodiversité.

Pour atteindre cet objectif, le WWF s'appuie sur l'expertise d'autres organisations qui étudient les léopards des neiges et leurs habitats.