Les printemps de plus en plus chauds bouleversent-ils déjà la reproduction des passereaux ? Amaury Thepault, écologue au Muséum, nous dévoile ses travaux sur la question ; entre bénéfices temporaires pour certaines espèces et premiers signes de déclins en France, les effets de ces pics de chaleur sont plus nuancés qu’il n’y paraît !
Si les effets du changement climatique sur le vivant sont déjà bien documentés, sur les insectes et les espèces marines notamment, une équipe de scientifiques du Muséum s’est également penchée sur le cas des passereaux, ce groupe d’oiseaux chanteurs représenté par plus de 200 espèces en France métropolitaine, dont les merles, les mésanges ou encore les pouillots. Leurs conclusions ont été publiées en octobre 2025 dans la revue Global Ecology and Biogeography.
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Une étude sur plus de 300 000 oiseaux
Pour mieux comprendre les effets des printemps chauds sur les populations de passereaux, les scientifiques du Muséum se sont appuyés sur les données du Centre de recherches sur la biologie des populations d’oiseaux (CRBPO), une plateforme de sciences participatives dédiée au baguage et au suivi des oiseaux sauvages. Les données d’un peu plus de 300 000 individus, répartis sur 68 espèces et des centaines de sites dans toute la France métropolitaine, ont ainsi pu être récoltées, fournissant des informations précieuses sur la qualité de la reproduction de ces passereaux en France. Ces éléments ont ensuite pu être comparés aux anomalies de température et de sécheresse de ces trente dernières années.
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Après deux canicules historiques, la sécheresse de surface menace de s’aggraver en France. Les quelques orages qui ont lieu ici et là ne suffisent pas à hydrater les sols.
Le printemps 2026 a été marqué par deux canicules historiques, faisant du mois de juin l’un des plus secs jamais enregistrés. Le déficit pluviométrique national est de – 47 % en juin 2026, « et les orages, trop localisés, n’ont pas permis d’humidifier durablement les sols », précisent les experts de la ChaîneMétéo.
Les régions proches de la Méditerranée et les régions du centre sont les moins arrosées. Certaines villes méditerranéennes comme Béziers (34), Narbonne (11) ou Porto-Vecchio (2A) n’ont pas vu tomber la moindre goutte d’eau. Il n’est tombé que 2 mm à Bastia (2B), 3 mm à Hyères (83), 6 mm à Marignane (13) et 8 mm à Montpellier (34) et Perpignan (66).
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