Plage de coquillages blancs, eau cristalline, on dirait presque les Maldives... Sauf qu’aujourd’hui, il y a des manchons de givre sur la tige des roseaux et une mé- chante bise qui souffle sur le lac. Une femme est accroupie sur le rivage. Dans ses mains, un carnet et un simple crayon. Au bout d’un moment, elle lève une paire de jumelles pour observer la pêche des grèbes et les querelles sonores de quelques foulques macroules. Un instant, la flèche turquoise d’un martin-pêcheur fait escale devant le rideau de la roselière. Sans une seule hésitation, son crayon court sur la feuille blanche. Comme par enchantement, il fait apparaître des yeux, des plumes, des pattes. Tout un bestiaire parfaite- ment saisi dans ses mouvements. Bientôt, l’artiste sort de son sac une boîte d’aquarelle pour que des couleurs animent ses esquisses. À la Revue Salamandre, nous portons depuis toujours un grand respect pour les peintres animaliers, celles et ceux qui n’hésitent pas à braver les éléments pour dessiner le vivant. À notre époque saturée d’images futiles et de plus en plus trafiquées, leurs œuvres authentiques ont une grande valeur. Elles peuvent nous aider à porter un autre regard, à ralentir, à nous reconnecter à nos cousines et cousins sauvages. La pureté de certains de leurs traits a même le pouvoir de nous relier à l’art de nos ancêtres paléolithiques. Quel lien vertigineux à travers des millénaires... À ces grands peintres de la Préhistoire, nous sommes heureux de dédier le dossier de ce numéro. Chapeau bas aux artistes d’hier comme à celles et ceux d’aujourd’hui. Julien PERROT, fondateur




