Artistes animaliers

Carine LAUBER

Artiste peintre engagée pour le vivant

Originaire de La Ciotat, Carine Lauber consacre son œuvre à la défense du vivant, à travers une peinture figurative sensible et engagée. À l’huile, exclusivement, elle donne vie à des regards profonds : ceux des animaux victimes d’exploitation, captifs ou menacés, qu’elle représente avec une intensité bouleversante. Chaque toile devient un manifeste silencieux, un hommage à l’âme de ces êtres oubliés.

En fondant le projet FAUN’ETIK, devenu une association loi 1901, Carine a donné une dimension militante et pédagogique à sa démarche artistique. Elle collabore avec plusieurs structures de protection animale telles que L214, le Refuge de l’Arche, Sea Shepherd, ADADA, FERUS, l’OABA, Beauval Nature du ZooParc de Beauval ou Play For Nature du Parc Animalier d’Auvergne. 25 % des bénéfices de la vente de ses œuvres originales et reproductions numérotées sont reversés à ces associations partenaires.

Parallèlement, elle mène un important travail de médiation artistique en milieu scolaire, en lien avec ses œuvres et les thématiques qu’elles abordent. Elle intervient dans les écoles pour sensibiliser les enfants à la condition animale, à l’écologie et au respect du vivant, à travers des ateliers d’écriture, de peinture et des projets participatifs. En 2022, un livre d’art collectif mêlant ses toiles et les textes des élèves a été vendu, au profit des associations partenaires.

En 2025, Carine est sélectionnée par le Parc national des Calanques pour réaliser une fresque monumentale de 12 mètres sur 3, entièrement peinte au pinceau, dans la calanque du Petit Mugel à La Ciotat, récemment classée réserve naturelle. Ce projet, mené en collaboration avec des élèves ciotadens, fait de cette œuvre collective un geste artistique et citoyen en faveur de la biodiversité locale. Cette fresque, à la fois pédagogique, poétique et environnementale, incarne pleinement sa volonté de faire dialoguer l’art, la jeunesse et la nature.

Sensible, engagée, résiliente, Carine Lauber fait de chaque œuvre un acte de transmission, un appel à la conscience, une ode à la vie.

Entretien avec...

Votre rapport avec la faune

Depuis toujours, je ressens un lien très profond avec les animaux. La faune sauvage représente pour moi la beauté originelle du monde, mais aussi sa fragilité. Peindre les animaux est devenu une façon de leur rendre hommage et de leur donner une voix.

Pourquoi avoir choisi l'animal sauvage comme thème privilégié ?

L’animal sauvage symbolise la liberté, la puissance de la nature et en même temps sa vulnérabilité face aux activités humaines. À travers mon travail, j’ai besoin de montrer cette beauté menacée, de rappeler que nous ne sommes qu’une partie du vivant, pas ses propriétaires.

Un élément déclencheur ?  ou un maître à penser ? 

Il n’y a pas eu un seul déclencheur, mais plutôt une accumulation d’émotions : des documentaires, des lectures, des rencontres avec des refuges et des associations de protection animale.

Découvrir la réalité des élevages intensifs, du braconnage ou de la captivité a profondément changé ma façon de voir le monde et a donné un sens plus engagé à ma peinture.

La période du COVID et du confinement a également été très marquante pour moi. Voir les animaux et la nature reprendre possession de l’espace en l’absence de l’homme m’a fait prendre conscience à quel point l’activité humaine peut être destructrice, comme un cancer qui rongerait la nature.

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ?

À Mayotte, ma rencontre avec les tortues a été un moment inoubliable. Nager avec elles était quelque chose que je n’aurais jamais imaginé vivre, et l’émotion était extrêmement forte.

J’ai aussi eu la chance de me retrouver entourée d’une cinquantaine de dauphins. Ce moment était presque irréel, d’une intensité incroyable, et restera gravé à jamais dans ma mémoire.

Un lieu mythique ? 

L’Afrique reste pour moi un lieu mythique. Les grandes plaines, la présence des grands prédateurs, la sensation d’un monde encore sauvage…

J’aimerais aussi découvrir davantage de sanctuaires où les animaux vivent protégés, loin de toute exploitation humaine.

Votre oeuvre à laquelle vous tenez particulièrement ?

Je suis très attachée aux œuvres réalisées en lien avec des refuges ou des associations. Chaque tableau raconte une histoire réelle. Lorsque je peins un animal qui existe, qui a souffert ou qui a été sauvé, le lien affectif est très fort, et l’œuvre devient presque un témoignage.

Mais les deux œuvres qui me tiennent le plus à cœur sont celles où mes enfants sont mis en scène avec un animal.

« Prejudice », qui a une signification très forte lorsque l’on connaît mon fils Dylann, et « Jungle », avec mon fils Marlon.

 

Ces tableaux sont profondément liés à mon histoire personnelle et à ma vision du lien entre l’humain et l’animal.

L’œuvre d‘un confrère que vous auriez aimé créer ?

J’admire profondément les artistes capables de transmettre la puissance du vivant avec sincérité.

Les œuvres animalières qui me touchent le plus sont celles où l’on ressent un véritable respect de l’animal.

Et la technique ?

Je travaille principalement à la peinture à l’huile.

L’endroit préféré, qui vous inspire tout particulièrement pour créer ?

Je peins dans le calme, dans mon atelier, entourée de mes toiles et de mes animaux, avec souvent un fond musical.

La source de vos inspirations ?

La nature, les animaux eux-mêmes, mais aussi les histoires qui se cachent derrière eux.

Les refuges, les sanctuaires, les associations et les combats pour la protection animale sont une source d’inspiration constante.

Dernièrement, je ressens aussi le besoin de créer des œuvres plus symboliques et plus libres, où je mêle l’animal, l’humain et le végétal, pour évoquer le lien profond qui unit tous les êtres vivants.

Des conseils ? 

Observer beaucoup, respecter le sujet, et ne pas chercher uniquement la performance technique.

En art animalier, ce qui compte le plus est l’émotion et la sincérité.

Le pire des dangers pour la vie sauvage ? 

La destruction des habitats est probablement le plus grand danger, car elle entraîne tout le reste : disparition des espèces, conflits avec l’homme, exploitation et souffrance.

Le manque de respect pour le vivant reste la cause principale.

Une suggestion pour aider à sensibiliser le grand-public ?

L’émotion est souvent plus forte que les discours.

L’art, la photographie, le cinéma et l’éducation dès l’enfance sont essentiels pour recréer du lien entre l’humain et la nature.

Informer en utilisant l’art est, selon moi, un moyen très puissant de sensibilisation.

Plutôt optimiste ou pessimiste pour l’avenir ?

Lucide mais déterminée.

La situation est inquiétante, mais je crois que chaque prise de conscience compte.

Si l’on cesse d’agir, tout est perdu. Si l’on continue, tout reste possible.

Les grand-messes annuelles (COP, sommet de la Terre...) sont-elles efficaces ?

Elles sont nécessaires, mais souvent trop lentes face à l’urgence.

Les décisions doivent être suivies d’actions concrètes, sinon elles restent symboliques.

Pour conclure ?

Peindre la faune sauvage est pour moi une manière de résister à l’indifférence.

Tant qu’il restera des artistes, des scientifiques, des bénévoles et des citoyens pour défendre le vivant, il restera de l’espoir.

Le questionnaire "Pleins pouvoirs"

- Vous êtes invité(e) à une séance de spiritisme. Bien que sceptique, vous choisissez la personnalité "écologique" décédée avec qui discuter pour quelques minutes. Laquelle ?

Jane Goodall

- Député(e), vous êtes seul dans l'assemblée Nationale déserte. Vous avez toute latitude pour abroger, amender ou créer une seule loi environnementale. Laquelle ?

Interdire toute forme d’exploitation animale ne respectant pas le bien-être et la dignité du vivant, et protéger réellement les habitats naturels.

- Généticien(ne) fan de Jurassic Park, vous pouvez faire revenir à la vie une espèce disparue, ou inventer une espèce hybride fantastique. Laquelle ?

Créer l’animal que j’ai peint dans mon tableau ANIMA : un être hybride, né du tigre, du lion et du cerf.Il réunit les souverains de la jungle, de la savane et de la forêt, comme une incarnation de l’esprit du vivant.

Cet animal n’existe pas, et pourtant il contient tous les autres. Il symbolise pour moi la puissance sauvage, la mémoire de la nature et le lien sacré qui unit toutes les espèces entre elles.

À travers cet animal, j’ai voulu évoquer une nature originelle, puissante et sacrée, où chaque forme de vie est reliée aux autres.

- Grand Maître Bouddhiste, vous choisissez l'animal dans lequel vous vous réincarnez pour une nouvelle vie. Lequel ?

Le colibri (que j’intègre dans la plupart de mes peintures)

- Descendant(e) de Darwin, vous savez faire évoluer les espèces. Vous pouvez modifier ou ajouter une particularité à une espèce (requin sans dent, serpent sans venin, gorille doté de parole...). Laquelle ?

Donner aux animaux la capacité d’être compris par les humains.

- Milliardaire : quelle(s) association(s) de protection mettez-vous définitivement à l'abri du besoin ?

Associations, refuges et sanctuaires pour animaux sauvages.

- Pénurie mondiale de bois : l'Arche de Noë sera plus petite que prévue. Il n'y a de la place que pour 5 espèces que vous sauvez de la disparition. Lesquelles ?

Je préfère ne pas choisir et m’éteindre avec elles.

- L'arche s'échoue. C'est le point zéro pour tout repeupler : Galapagos, Pantanal, Ngorongoro, Spitzberg, un zoo ou ?

Ngorongoro

- Vous perdez à un jeu. Un gage au choix : libérer des ours d'une ferme à bile en Chine, enfumer une ruche dans le hall du siège de Bayer, porter un tee-shirt "Chasseurs assassins" lors d'une balade forestière en Sologne, distribuer un tract à l'entrée d'un cirque demandant à interdire les animaux lors des représentations ?

Distribuer un tract à l'entrée d'un cirque demandant à interdire les animaux lors des représentations.

- Vous avez le choix pour vous reconvertir demain dans un métier lié à l'environnement : photographe animalier, scientifique environnemental, responsable d'association de protection, ou ?

Photographe animalier

- Hypnotiseur, vous pouvez forcer tous les acteurs d'un conflit à trouver un accord bon pour la faune : éleveurs / défenseurs des grands prédateurs, industrie phytosanitaire / apiculteurs, ou chasseurs / promeneurs ?

Éleveurs / défenseurs des grands prédateurs

Distinctions & Parutions

Expositions

2025

Exposition Festival Art Nature

Parc de Parilly, Lyon - 05.10.2025

Exposition Festival Natur’Art

Palais d’Auron, Bourges - 04.07.2025 / 05.07.2025

Fresque - Parc national des Calanques

Calanque du petit Mugel, La Ciotat- juin 2025

Fresque de 12mX3m réalisée avec de élèves Ciotadens.

2023

Couverture - Magazine N°120

L’Âne Bleu, Décembre 2023

Couverture - Magazine N°73

L’Echo des Anticorrida, Décembre 2023

4ème de Couverture - Magazine N°87

La Gazette Des Grands Prédateurs, Mars 2023

Exposition FAUN’ETIK

Musée Viking, Saint-Pierre-Lès-Nemours, Octobre 2023

Exposition Les Salles Voutées

Cassis, 2023

Galerie DIMEX

Carnoux, février 2023

2021-2022

Salon du livre et des arts

La Ciotat Culture, La Ciotat - 09.2022

Exposition FAUN'ETIK - Carine LAUBER

La Chapelle Des Pénitents Bleus, La Ciotat - 06.2022 / 07.2022

Auto-édition du livre FAUN'ETIK l’art au service de l’animal

Carine LAUBER artiste peintre - 09.2021 / 07.2022

Livre d'art avec les textes des élèves des écoles primaires de la Ciotat.

Projet FAUN'ETIK initié par Carine LAUBER

Écoles primaires , La Ciotat - 09.2021 / 07.2022

Sensibiliser les plus jeunes sur la disparition des espèces à travers l'art.

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