Artistes animaliers

Clotilde BRIAND

Née à Paris en 1985, Clotilde Briand passe des 12 premières années de sa vie dans le Sahara.

Dans ce berceau de nature vierge, elle découvre la faune sauvage, une atmosphère singulière, des lumières, des rencontres animalières inattendues, du réveil avec les fennecs aux bains sérotinals avec les dauphins.

Quelque temps après la guerre du Golfe, elle doit quitter cette nature libre qui l’a vue grandir et rentre en France. Elle intègre d’abord le conservatoire national et régional de Strasbourg en harpe, puis celui de Paris.

Parallèlement, elle rentre à l’école Boulle et c’est désormais évident, limpide : l’art fera partie intégrante de sa vie.

Elle y apprend la manipulation et la transformation de la matière à travers la marqueterie et l’ébénisterie.

Elle éprouve également le besoin de retourner aux racines de l’art, reprend le dessin, la peinture.

Aujourd'hui, Clotilde Briand va plus loin à travers ses différents travaux. Elle réconcilie les différentes périodes de recherches artistiques de sa vie pour nous emmener vers un sublime mystérieux.

« Mon approche implique l'utilisation de divers médias d’origine naturels tels que la paille, le bois comme des outils pour montrer la beauté et la diversité du monde vivant. J’utilise la peinture sur toile afin de travailler sur un témoignage du vivant, mais aussi sur papier avec une technique plus spontanée comme l'encre et le fusain pour représenter le mouvement propre à la vie »

DÉMARCHE ARTISTIQUE:

Le travail de Clotilde Briand s’articule autour d’une exploration sensible des matériaux naturels et de la lumière.

À travers une pratique mêlant peinture et marqueterie multi-matériaux — bois, paille, papier — elle développe une œuvre à la croisée de l’art visuel et de l’artisanat.

Ses matériaux, tous d’origine naturelle, sont choisis pour leur richesse organique et leur potentiel expressif.

Ils sont au cœur d’une recherche plastique guidée par la beauté du vivant, sa diversité, sa matière.

Ses peintures, s’inscrivent dans une quête de profondeur et de silence visuel, tandis que ses compositions en marqueterie contemporaine proposent un dialogue tactile, une vibration.

« Je ne cherche pas à imposer une forme au matériau, mais à aller dans son sens. Je le laisse s’exprimer, je l’accompagne, sans jamais le brusquer. »

Chaque œuvre devient un espace de résonance, où texture, lumière et geste se répondent.

La démarche de Clotilde Briand repose sur une tension entre rigueur et sensibilité , avec la volonté de réconcilier savoir-faire traditionnel et création contemporaine.

Entretien avec...

Votre rapport avec la faune

Pourquoi avoir choisi l'animal sauvage comme thème privilégié ?

Je suis née à Paris, mais mes douze premières années ont été passées dans le Sahara. Là-bas, j’ai grandi au milieu d’une nature immense, silencieuse. L’animal sauvage n’était pas un sujet : il était omniprésent.

Aujourd’hui encore, retrouver cette vérité du vivant, est une nécessité. L’animal est pour moi synonyme de mémoire, un langage. 

Un élément déclencheur ? ou un maître à penser ? 

Le Sahara a été mon déclencheur : les fennecs que je voyais, les dauphins avec lesquels je nageais, les lumières, les grands espaces… Plus tard, ce sont les artisans (les marqueteurs, les ciseleurs, les sculpteurs) qui m’ont montré comment traduire une pensée, une émotion par la matière. 

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ?

Je me souviens d’un matin dans le désert : un fennec s’était réfugié pendant la nuit sous la tente, juste au-dessus de ma tête. Nous nous sommes simplement observés, puis il a fui. J’ai compris ce jour-là que l’animal n’est pas « autre » : il est un miroir. Cette sensation ne m’a jamais quittée. 

Un lieu mythique ? 

Le Pantanal, au Brésil. Pour sa démesure et sa richesse animale. C’est un territoire que j’aimerais comprendre. 

L’art animalier

Votre oeuvre à laquelle vous tenez particulièrement ? 

Il s’agit d’une petite peinture de jaguar, un portrait dont le regard semble émerger d’un univers onirique. J’aime cette œuvre parce qu’elle marque le début de ma démarche artistique actuelle. Elle est comme un point d’origine. C’est sans doute pour cela qu’elle n’est pas à vendre. 

L’œuvre d‘un confrère que vous auriez aimé créer ?

« La sculpture Evolution de Gawood (Gaël Le Thellec). J’ai eu la chance de partager les bancs de l’école avec lui, et je trouve cette pièce à la fois magistrale et inspirante. Elle allie une maîtrise technique à une forme de magie visuelle qui me touche particulièrement. »

Et la technique ?

Ma technique est mixte : peinture, marqueterie (paille, bois et matériaux naturels). La paille apporteune lumière, le bois, une mémoire organique. La peinture, elle, permet d’inscrire le geste, la spontanéité, l’émotion. 

La source de vos inspirations ?

La nature, bien sûr ! Mais aussi ce qu'elle déclenche : la lenteur, l’écoute. Les animaux sont pour moi des porteurs de rythme et de vérité. Je m’inspire aussi des matériaux, ils racontent déjà quelque chose. 

Des conseils ? 

« Observer avant de produire. Ne pas chercher à « représenter » la nature, mais à s’en rapprocher. Et surtout : être patient. Le vivant demande du temps. 

Biodiversité

Le pire des dangers pour la vie sauvage ? (climat, déforestation, pollution, braconnage…)

La fragmentation des habitats … Le vivant a besoin d’espace et de continuité. 

Une suggestion pour aider à sensibiliser le grand-public ?

Recréer le lien émotionnel. Rien n’est plus puissant que l’expérience directe : voir un animal dans son milieu, comprendre son rôle. L’éducation sensible est essentielle. 

Plutôt optimiste ou pessimiste pour l’avenir ?

Je suis lucide, mais volontairement optimiste. L’art m’oblige à l’être : il sert à préserver, à transmettre.

Je crois à la capacité humaine de réagir lorsqu’elle comprend ce qu’elle risque de perdre. 

Les grand-messes annuelles (COP, sommet de la Terre...) sont-elles efficaces ?

Elles sont nécessaires mais insuffisantes. Elles mettent des sujets sur la table, mais la véritable transformation se joue localement : dans l’éducation, l’aménagement des territoires, les choix quotidiens. 

 

Pour conclure ?

« Nous devons renouer avec la beauté du vivant. Pas comme un décor, mais comme une évidence. Protéger la nature, c’est protéger ce que nous avons de plus précieux. »

 

Le questionnaire "Pleins pouvoirs"

- Vous êtes invité(e) à une séance de spiritisme. Bien que sceptique, vous choisissez la personnalité "écologique" décédée avec qui discuter pour quelques minutes. Laquelle ?

Théodore Monod. Pour son rapport au désert. Il a su écouter le monde mieux que quiconque. Je l’ai d’ailleurs rencontré à Nouakchott, lorsque j’étais scolarisée dans l’école qui porte son nom. Un souvenir qui renforce encore le lien que je ressens avec sa pensée. 

- Député(e), vous êtes seul dans l'assemblée Nationale déserte. Vous avez toute latitude pour abroger, amender ou créer une seule loi environnementale. Laquelle ?

« Rendre constitutionnelle la protection des écosystèmes et des habitats. Pas seulement des espèces. Protéger le lieu, c’est protéger tout le vivant. »

- Généticien(ne) fan de Jurassic Park, vous pouvez faire revenir à la vie une espèce disparue, ou inventer une espèce hybride fantastique. Laquelle ?

«Le Loup marsupial (ou loup de Tasmanie). Pour la beauté de sa silhouette et parce que sa disparition est trop récente pour ne pas nous interpeller. »

- Grand Maître Bouddhiste, vous choisissez l'animal dans lequel vous vous réincarnez pour une nouvelle vie. Lequel ?

Le grand-duc. Parce que j’ai eu la chance, plus jeune, d’en rencontrer un et de participer à son relâcher. Cet instant m’a profondément marquée. Le grand-duc incarne pour moi une sagesse aérienne. 

- Descendant(e) de Darwin, vous savez faire évoluer les espèces. Vous pouvez modifier ou ajouter une particularité à une espèce (requin sans dent, serpent sans venin, gorille doté de parole...). Laquelle ?

J’aimerais donner aux humains… la capacité d’écoute des éléphants. Pas physique, mais sensorielle :sentir les vibrations du monde. 

- Milliardaire : quelle(s) association(s) de protection mettez-vous définitivement à l'abri du besoin ?

Toutes celles qui travaillent sur la préservation des habitats, celles qui protègent les espaces avant même les espèces. 

- Pénurie mondiale de bois : l'Arche de Noë sera plus petite que prévue. Il n'y a de la place que pour 5 espèces que vous sauvez de la disparition. Lesquelles ?

L’éléphant, Le loup, Les Abeilles, Le gorille, La tortue marine, Cinq piliers, cinq équilibres 

- L'arche s'échoue. C'est le point zéro pour tout repeupler : Galapagos, Pantanal, Ngorongoro, Spitzberg, un zoo ou ?

Au Ngorongoro. Un berceau du vivant, c’est presque un laboratoire à ciel ouvert !

- Vous perdez à un jeu. Un gage au choix : libérer des ours d'une ferme à bile en Chine, enfumer une ruche dans le hall du siège de Bayer, porter un tee-shirt "Chasseurs assassins" lors d'une balade forestière en Sologne, distribuer un tract à l'entrée d'un cirque demandant à interdire les animaux lors des représentations ?

« Libérer des ours d’une ferme à bile en Chine. Parce qu’il est difficile de détourner les yeux devant la souffrance.

- Vous avez le choix pour vous reconvertir demain dans un métier lié à l'environnement : photographe animalier, scientifique environnemental, responsable d'association de protection, ou ?

Photographe animalier. Pour continuer à raconter le vivant autrement. 

- Hypnotiseur, vous pouvez forcer tous les acteurs d'un conflit à trouver un accord bon pour la faune : éleveurs / défenseurs des grands prédateurs, industrie phytosanitaire / apiculteurs, ou chasseurs / promeneurs ?

Celui entre éleveurs et défenseurs des grands prédateurs. Rétablir la confiance ici serait rétablir un équilibre fondamental. 

Distinctions & Parutions

2025:

Prix jeune public salon des arts de Montigny le Bretonneux

2024:

Prix peinture par le géants des beaux arts

2022:

Premier prix du public au 51e salon - Vaucresson

Médaille d’argent Art sciences & lettres -Paris

Premier prix de peinture- Dampierre en Yvelines

Premier prix de peinture du Printemps des artistes - Buc

Certificat du mérite artistique - musée du Grand-duché du Luxembourg

2021 :

Certificat du mérite artistique - musée du Grand-duché du Luxembourg

Expositions

2025:

Salon National des artistes animaliers

2024:

Exposition au Zoo de Thoiry

Salon des artistes professionnels de Châtenay-Malabry

Biennale de sculpture et peinture de Rambouillet

Salon d’ automne -Grande Halle de la Villette

2023:

Exposition à la Maison des enfants - « Et si .. » Châtillon

Exposition au Centre Alfred de Vigny - « D'un monde à l’autre »

Salon National des Artistes Animaliers

Exposition collective au Château de Buc

Grand Marché de l’Art Contemporain- Chatou

Exposition collective Mairie du Chesnay

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