Artistes animaliers

Jean-Marie MUNIER

Depuis plus de 30 ans, Jean-Marie Munier façonne un univers gravé à la pointe sèche, peuplé d’animaux réels ou imaginaires.
Cet artisan du cuivre mêle précision, imagination et outils détournés – brosses métalliques, fil de fer, même des clous – pour donner vie à un bestiaire unique.
Inspiré par ses voyages et le hasard du geste, il préfère le bleu aux contrastes trop durs du noir, révélant ainsi des nuances subtiles et poétiques. Ancien directeur artistique, il applique à ses estampes la force visuelle apprise en publicité : capter l’œil dès le premier regard.
“Je cherche à révéler l’identité forte de chaque animal, à raconter de courtes histoires qui ne se dévoilent pas immédiatement.”

J’aime la gravure qui permet de jouer de plusieurs techniques pour obtenir un résultat dont ne nous ne sommes plus toujours le maître. Se laisser parfois guider au hasard du trait simplement dirigé  par un outil,  quelquefois aussi,  façonné par nous.

 Pour moi, la gravure s’apparente autant au dessin qu’à la sculpture, En effet le support résiste bien souvent comme la pierre, même si le geste est plus caressant dans notre discipline, et les accidents de dernier instant existent toujours pour gâcher un travail quelquefois fort long.

Entretien avec...

Votre rapport avec la faune

L'animal sauvage comme thème privilégié : Un élément déclencheur ? ou un maître à penser ? 

C’est sans doute le sculpteur François Pompon qui m’a indiqué la direction de l’art animalier.

J’ai particulièrement été touché par la pureté et l’apparente simplicité de ses œuvres taillées dans la pierre ou coulées dans le bronze. En fait il a su en allant à l’essentiel, exprimer la vie des animaux observés.

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ? 

Un souvenir très lointain de jeunesse où je courrai dans les blés coupés et j’ai enjambé à la toute dernière seconde un lièvre tapi et figé de peur.

Un lieu mythique ? 

Je ne connais pas la Tanzanie, qui me semble être un lieu encore un peu préservé, en tous cas il me semble que ce sont les hommes qui sont tolérés sur ces grands territoires et non l’inverse.

L’art animalier

Votre oeuvre à laquelle vous tenez particulièrement ? 

J’aime particulièrement l’autruche de Flic en Flac qui évoque un voyage à l’île Maurice et surtout à l’imaginaire qui se dégageait du jardin de Pamplemousses, de ses nénuphars géants, lotus et orchidées de toutes tailles et espèces, aussi des taillis d’où pouvait surgir un animal tout aussi étrange et singulier, mais que seul mon imaginaire a capturé.

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Et la technique ?

Je suis assez admiratif du travail des sculpteurs en général, de la maitrise du geste qu’il faut avoir pour dégrossir un bloc de pierre ou de bois et pour arriver au final à rendre cet élément au départ inerte quasiment expressif et vivant.

 L’endroit préféré, qui vous inspire tout particulièrement pour créer ?

J’aime particulièrement les lumières du bord de mer dans le Var, selon le temps et surtout les saisons la lumière est toujours changeante et est variablement inspirante. Marcher sur le sentier des douaniers où se mêlent le ressac de la mer à l’odeur des pins en bordure de rocher est particulièrement reposant et permet à l’esprit de s’en aller à l’horizon et au-delà.

La source de vos inspirations ?

La nature en général et plus particulièrement la mer et ses fonds riches par endroits d’une flore et d’une faune extrêmement riche et inspirante. De la Méditerranée à la mer Rouge les fonds marins m’ont toujours attiré.

Des conseils ? 

Je n’ai pas vraiment de conseil particulier à donner, si ce n’est d’essayer, de recommencer et de profiter de ses difficultés ou erreurs pour progresser. Mais en fait on constate qu’on est toujours un débutant.

Biodiversité

Le pire des dangers pour la vie sauvage ? (climat, déforestation, pollution, braconnage…)

L’indifférence en général et l’économie de court terme.

Une suggestion pour aider à sensibiliser le grand-public ?

Montrer encore et toujours l’emprise et les conséquences de l’activité de l’’homme sur le milieu.

Expliquer l’interdépendance des univers sauvages avec celui de la civilisation humaine. Nous ne sommes pas seuls sur cette planète et nous avons besoin des autres espèces pour bien vivre et parfois pour survivre. En fait nous n’avons pas le choix, il faut cohabiter le mieux possible.

Plutôt optimiste ou pessimiste pour l’avenir ?

J’ai le sentiment que beaucoup de jeunes ont maintenant une vraie prise de conscience vis-à-vis du climat, de la biodiversité et de la planète sur laquelle nous sommes tous.

Je pense surtout que l’information circule plus via la multitude de canaux qui existent maintenant et qui nous informent plus.

Je redouterais plus une sorte de désinformation via des lobbys trop liés à des activités économiques de forages, de déforestation ou de monoculture.

Les grand-messes annuelles (COP, sommet de la Terre...) sont-elles efficaces ?

Oui dans la mesure où l’on parle des problèmes, pas assez efficaces quand on remarque que les grandes décisions ne sont pas vraiment suivis d’actes.

Pour conclure ?

Tout ce qui médiatise les enjeux de la planète est utile. Parler encore de la place de l’homme de la faune sauvage et de la flore reste une priorité. D’autant qu’il apparaît qu’une partie de la planète a maintenant pris conscience des enjeux vitaux que représenterait une diminution exponentielle des territoires sauvages encore préservés. Il faut maintenant trouver et surtout conserver l’équilibre fragile de préservation des territoires de chacun pour notre futur.

Tout ce qui participe à la prise de conscience de chacun (films, conférences, débats, expositions) est une brique à ne pas négliger dans la construction de la maison Cohabitation.

 

Distinctions & Parutions

Médaille de peintre animalier du salon de Fontainebleau

Prix du salon de l’Ile Adam

Médaille d’argent du mérite Français

Grand prix du palais salon 2007

Grand Prix Charbonnel Artistes Français

Expositions

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