Personnalités à découvrir

PERROT Julien

Julien Perrot, 43 ans, est le créateur d'une des plus belles aventures presse de ces dernières années : la Salamandre, magazine (version adultes et enfants) d'une haute qualité, illustrée magistralement par les meilleurs artistes, qui raconte, de numéro en numéro, la vie sauvage, les animaux, les plantes, les milieux, et milite pour une planète respectée.

Et organise un festival annuel sur les bords du lac Léman où se pressent de nombreux amis de la nature.

Julien la créée en 1983, à l'âge de 11 ans, tout simplement "parce que j’ai été fasciné par cet animal extraordinaire noir et jaune que j’avais découvert dans certaines forêts près de chez moi."

Comme quoi, dès le pas de la porte, tout est possible.

Rencontre à l'occasion du festival de Montier en Der

 

Pourquoi avoir créé La Salamandre  J’ai créé La Salamandre pour partager mon émerveillement pour la nature… la nature toute simple, toute proche, la nature ordinaire. Ce qui m’intéresse, c’est la sittelle, la fourmi, le chevreuil ou le chêne… plus que le rorqual bleu ou la girafe. J’essaie de sensibiliser le plus de gens possible pour les reconnecter à la nature, pour leur faire prendre conscience aussi de sa beauté… et de sa fragilité.

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Quels sont vos maîtres à penser, vos références ? J’ai eu la chance de connaître et de côtoyer un peu Robert Hainard, ce naturaliste, peintre, graveur, sculpteur et philosophe qui a profondément marqué ma jeunesse et mon éveil de jeune naturaliste.

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Parmi ceux dont la pensée m’a particulièrement touché ou nourri, il y a le forestier écologue américain Aldo Léopold, le philosophe provocateur français François Terrasson ou encore évidemment Pierre Déom et La Hulotte.

Pourquoi l’animal sauvage vous attire tant ? Son altérité, son mystère absolu et insondable. Sa beauté. La tension, l’incertitude d’une rencontre peut-être. L’instant présent dans lequel son observation me précipite instantanément.

Et si vous en étiez un ? Très certainement une salamandre tachetée, un animal que j’admire beaucoup pour sa lenteur assumée, une vertu rare, salutaire et thérapeutique à notre époque.

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La ou les deux plus belles rencontres de vie sauvage ? Il y en a tellement. Mais n’imaginez pas que je vais vous raconter les éléphants admirés il y a plus de vingt ans dans l’Okavango ou le voyage à voile que j’ai eu la chance de faire au Spitzberg. Non, les présences sauvages qui me touchent le plus, ce sont des choses toutes simples : l’arrivée du crapaud accoucheur dans mon jardin, un machaon qui pond sur le fenouil du potager ou encore une famille castor que je suis allé observer tout près de la maison avec mes enfants.

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Votre lieu de nature préféré ? Mon jardin, la forêt derrière chez moi… et puis les montagnes jurassiennes toutes proches. Je suis un montagnard totalement accro aux Alpes. Ce que j’aime le plus, ce sont les petits lacs de montagne dans une ambiance un peu minérale. Chercher aux alentours le lagopède et l’accenteur alpin, me baigner dans leur eau glacée, bivouaquer sur leur rive et contempler un ciel pratiquement exempt de pollution lumineuse.

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Le lieu mythique où vous rêvez d’aller ? J’aimerais beaucoup retourner dans la savane africaine et en Amazonie un jour avec mes enfants. Et j’espère que j’aurai un jour l’occasion de rendre visite à Darwin sur les Galapagos. Mais comment y aller sans écrabouiller mon bilan carbone ?

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 L’œuvre qui vous semble illustrer le mieux votre parcours ? Un numéro de La Salamandre, quel qu’il soit, où je m’efforce avec mon équipe de mettre plein d’amour pour la nature qui nous entoure.

Vous allez en nature avec quel matériel ? Je n’aime pas interposer d’appareil entre la nature et moi… à part les jumelles et parfois la longue-vue. Mais je vais devoir me remettre à la photo et aussi à la vidéo pour les besoins des médias sociaux J

Et quelles techniques de rencontre avec l’animal sauvage ? J’aime l’affût, tout particulièrement en hiver quand on peut dormir sur place, dans la neige.

Un conseil au débutant dans votre activité ? Se laisser émerveiller par toutes les petites choses qui nous attendent sur le pas de sa porte. Ne pas tomber dans le miroir aux alouettes de la collectionnite aux raretés. S’intéresser aux comportements, aux raisons de la présence ou de l’absence d’une espèce, être sensible à l’histoire que chacune d’entre elles raconte.

Un animal disparu revient, lequel ? La loutre est en train de pointer à nouveau le bout de son nez en Suisse. Je m’en réjouis d’autant plus que mon grand-père l’avait observée avec Robert Hainard dans les années 1940.

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Une initiative prise ou à prendre en faveur de la faune sauvage ? Réglementer très sévèrement la chasse aux oiseaux migrateurs et faire respecter la loi sur l’ensemble du territoire.

Une association qui vous tient à cœur ? L’ASPAS qui se bat sans complexes pour la faune sauvage et contre les excès de la chasse.

Une urgence pour la faune sauvage ? Le réchauffement climatique qui rajoute une couche très inquiétante à la sixième extinction de masse sur Terre actuellement initiée par l’espèce humaine.

Pour conclure, Vous disparaissez ce soir, qu’aimeriez-vous laisser comme dernier message ? Un message d’amour et de réconciliation entre l’homme et la vie sauvage.

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