Dans une tribune d’une importance capitale, publiée aujourd’hui dans le journal Le Monde, 100 personnalités publiques plaident en faveur d’une loi d’urgence climatique et la reconnaissance du crime de « globocide » afin d’arrêter les responsables de l’hécatombe climatique qui met l’humanité en danger. Ce texte intervient alors que démarre une troisième vague de chaleur après deux canicules exceptionnelles en seulement un mois et demi, et que la sécheresse estivale, qui s’annonce majeure, pourrait entraîner des pertes agricoles importantes et des mégafeux.
Le projet est né alors que la France vivait les journées les plus chaudes de son histoire : 100 climatologues, océanographes, écologues, économistes, médecins, infirmiers, défenseurs de l’environnement, naturalistes, sociologues, philosophes, journalistes, artistes, avocats et professeurs de droit, ont décidé de signer un texte commun appelant le gouvernement et les parlementaires à adopter une loi d’urgence climatique de nature à fermer « les portes de l’enfer »1 que l’humanité maintient ouvertes en grand en permettant aux industries fossiles de développer des projets d’expansion des hydrocarbures qui ne font qu’accroître le stock de carbone dans l’atmosphère et accélérer le désastre climatique.
Les 100 signataires (voir la liste plus bas) demandent aux responsables politiques, gouvernement et parlementaires, d’adopter une loi d’urgence climatique articulée autour de quatre impératifs salutaires pour l’humanité et la stabilité du Système Terre :
- L’interdiction à toutes les entreprises françaises de financer et de participer, directement ou indirectement, à l’ouverture de nouveaux projets fossiles (charbon, pétrole, gaz) en France ou à l’étranger,
- La suppression de toutes les subventions aux énergies fossiles,
- L’interdiction de tout lobbying de l’industrie fossile,
- La reconnaissance du crime de « globocide » consistant à mettre en péril la biosphère tout entière, telle qu’on la connaît.
Rappelant que « des décennies d’inaction climatique ont fait voler en éclats (…) le climat relativement stable que connaissait la Terre depuis 12 000 ans », les auteurs, parmi lesquels les climatologues Christophe Cassou, Valérie Masson-Delmotte et Jean Jouzel, affirment qu’il est encore temps d’« éviter que le monde ne devienne inhabitable pour des pans entiers de l’humanité. »

