Depuis la mi-janvier, un épisode d’échouages massifs touche l’ensemble du littoral atlantique, du Finistère à la Charente-Maritime, et jusqu’aux côtes espagnoles et portugaises. En France, plus de 32 000 échouages d’oiseaux sont recensés depuis le 1er février sur Faune France. De nombreux échouages ont déjà été documentés par le Réseau Échouage Oiseaux Marins Atlantique (REOMA), coordonné par LPO.
Un épisode d’ampleur sur la façade atlantique
Les principales espèces concernées sont des alcidés, avec une majorité de Macareux moine. L’épisode dépasse les frontières françaises : en Espagne et au Portugal, nos partenaires BirdLife (SEO pour l’Espagne, SPEA pour le Portugal) recensent plusieurs milliers d’oiseaux échoués sur l’ensemble de la façade atlantique, avec une accentuation récente sur le Golfe de Gascogne sud (dû aux vents), jusqu’au nord de la Bretagne. Une augmentation des échouages a également été détectée plus au nord, notamment dans les îles Anglo-Normandes et au Royaume-Uni.
Macareux moine ©jbdumond2026
Au total, Plus de 38 000 oiseaux échoués/signalés sur l’ensemble de la façade atlantique : plus de 32 000 en France, 5 000 en Espagne et 1 200 au Portugal. Ces chiffres ne sont toutefois pas le reflet de la mortalité réelle. Les échouages massifs d’oiseaux marins surviennent fréquemment à la suite de tempêtes hivernales. Mais cet épisode est exceptionnel de par son ampleur et sa durée. En 2014, plus de 50 000 oiseaux marins s’étaient échoués sur le littoral atlantique, dont 96 % d’alcidés et 64 % de macareux moines, illustrant l’ampleur que peuvent atteindre ces phénomènes.
Guillemot, ©jbdumond2026
Une mobilisation exceptionnelle des centres de soins
Face à l’intensité de l’épisode, les centres de soins pour la faune sauvage connaissent une mobilisation exceptionnelle. En quelques jours plusieurs centaines d’oiseaux marins (Macareux moine, Guillemot de Troïl, Mergule nain) ont été admis dans ces structures, menant à une saturation des capacités d’accueil.
Les territoires de la Gironde au Pyrénées atlantiques sont particulièrement touchés. Pour y faire face les centres de soins de Paloume (Landes) Hegalaldia (Pyrénées-Atlantiques),de la LPO Aquitaine en lien avec le réseau national des centres de soins s’organisent et s’entraident avec des transferts d’espèces afin de désengorger les sites les plus sollicités.
Depuis fin février, le centre de stabilisation d’urgence de Capbreton est fermé et les premiers relâchés de macareux ont été réalisés par Hagalaldia.
L’Unité Mobile de Soins (UMS) de la LPO en renfort
Le centre LPO Aquitaine a atteint sa capacité d’accueil maximale d’oiseaux marins (200) en quelques jours suite à des entrées massives de macareux notamment. Pour faire face l’UMS a été installée à côté du centre LPO Aquitaine pour permettre d’accueillir plus d’oiseaux dans de bonnes conditions.
L’UMS est un centre de soins mobile pouvant s’établir le temps nécessaire sur une zone touchée par une crise majeure (marée noire, échouages massifs, incendie…) afin d’aider à faire face à l’afflux d’animaux.

