Nice, le 10 juin 2025,
Le Royaume-Uni a annoncé l’interdiction du chalutage de fond dans les zones protégées, tandis que nous attendons toujours que la France, hôte de l’UNOC3, passe des paroles aux actes et interdise le chalutage de fond dans la Zone de Restriction de Pêche du Golfe du Lion.
La France a été évoquée pour son retard par rapport à d’autres pays sur cette question, n’ayant pas interdit le chalutage de fond dans des zones dites « protégées ». Dimanche, la France a annoncé qu’elle « limiterait » le chalutage de fond et chercherait à protéger 4 % de ses eaux métropolitaines, mais les défenseurs insistant sur le fait que seule une interdiction totale permettra une véritable protection.
Dans ce mais, la championne du monde d’apnée Alessia Zecchini a plongé avec MedReAct pour exhorter la France à protéger pleinement la Zone de Restriction de Pêche du Golfe du Lion.
Les mots ne suffisent pas, il faut des actes. C’est le message qu’ont formulé ensemble MedReAct et la championne du monde d’apnée Alessia Zecchini au président Emmanuel Macron .
La championne du monde Alessia Zecchini a effectué une plongée libre au large de Marseille, appelant la France à fermer définitivement la pêche de fond dans la zone de restriction de pêche du Golfe du Lion, et à prendre des mesures urgentes pour protéger les écosystèmes les plus vulnérables de la Méditerranée. L’action symbolique organisée avec l’ONG MedReAct, s’est déroulée à l’approche de la conférence des Nations unies sur les océans à Nice (UNOC, 9 au 13 juin), au cours de laquelle les pays du monde entier discuteront de l’avenir de l’océan.
Vêtue d’une combinaison portant le message « PROTECT-ENFORCE-RESTORE » sous le drapeau français, Alessia Zecchini a plongé à 40 mètres de profondeur dans l’archipel du Frioul, au large de Marseille, près de la seule zone de restriction de pêche établie par la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), où le chalutage de fond est encore autorisé dans la grande majorité de la zone protégée.

« En tant que apnéiste professionnelle, la mer est toute ma vie ; mais aujourd’hui, lorsque je plonge en Méditerranée, je vois un paysage en cours de désertification. Je plonge depuis ma plus tendre enfance et quelque vingt ans plus tard, je suis témoin de l’aggravation de la crise qui frappe la Méditerranée », a déclaré Alessia Zecchini.
« Le golfe du Lion est l’une des zones de la Méditerranée où l’épuisement de certains stocks de poissons, comme le merlu, est le plus flagrant. La surexploitation des ressources halieutiques a également des répercussions sur les écosystèmes et les espèces marines vulnérables, ce qui aggrave les effets du changement climatique. »
« Pourtant, la Méditerranée conserve un potentiel de reconstitution ; pour cela il faut que des mesures de conservation immédiates et efficaces soient mises en place. Nous devons agir maintenant pour garantir la résilience de la Méditerranée et l’avenir des communautés côtières qui dépendent de ses ressources », a-t-elle conclu.
Établie en 2008, la zone de restriction de pêche du Golfe du Lion était censée protéger les écosystèmes fragiles des grands fonds et les aires de reproduction des espèces commerciales. Cependant, plus de 15 ans plus tard, le chalutage de fond est toujours autorisé six mois par an, en totale contradiction avec l’avis scientifique de la CGPM en 2008 qui préconisait une interdiction permanente.
Malgré l’engagement pris par le président Macron en 2021 de PROTÉGER strictement 5 % des eaux méditerranéennes françaises d’ici 2027, les progrès ont été minimes. La zone de restriction de pêche du Golfe du Lion reste un exemple flagrant de l’incapacité de la France à METTRE EN ŒUVRE ses propres engagements en Méditerranée.
En revanche, la zone de restriction des pêches de la fosse de Jabuka/Pomo dans l’Adriatique, où le chalutage a été interdit en 2017, a vu la biomasse des poissons plus que doubler en quelques années seulement, ce qui prouve qu’une protection totale fonctionne et peut RESTAURER des zones de pêche fortement surexploitées.
« La France ne peut pas être un leader crédible de la protection des océans au niveau mondial si elle n’est pas capable de protéger ses propres eaux », a pour sa part déclaré Domitilla Senni, directrice générale de MedReAct. « Avec cette plongée symbolique, nous voulons tirer le signal d’alarme sur la crise qui frappe la Méditerranée et demander à la France d’agir dès maintenant pour protéger pleinement la zone de restriction de pêche du Golfe du Lion et d’avancer rapidement pour atteindre son objectif de protection totale de 5 % en 2027. »
Pourquoi c’est important :
- Le président Macron s’est engagé à protéger 5 % des eaux françaises de Méditerranée d’ici 2027 : nous en sommes loin.
- La zone de pêche réglementée (ZPR) du golfe du Lion, pourtant créée en 2008 pour préserver les écosystèmes profonds, reste la seule des 11 ZPR en Méditerranée à autoriser encore le chalutage de fond , l’une des méthodes de pêche les plus destructrices.
- Seuls 9 chalutiers français y sont encore autorisés, un nombre qui rend cette dérogation d’autant plus difficile à défendre.
- Le Golfe du Lion est aujourd’hui l’un des foyers de surpêche les plus critiques de toute la Méditerranée. La biodiversité marine s’effondre, les stocks s’épuisent, et les décisions politiques tardent à suivre les alertes scientifiques.
C’est une occasion unique d’illustrer cette situation par un témoignage direct, et de montrer l’écart entre les engagements politiques de la France et la réalité sur le terrain marin , le tout à quelques jours d’une conférence internationale cruciale.


