Photographes animaliers

LE GO Eric

J'ai découvert l'Afrique pour la première fois en 1989 au Cameroun. Les couleurs, les odeurs tout était tellement nouveau, la révélation a été immédiate, la fascination instantanée.
L'année suivante, ça a été ma première confrontation avec la vie sauvage, au Kenya, et mes premières photos ...
Du nord au Sud, à l'est ou à l'ouest, chaque pays a un charme bien à lui, une spécificité particulière tout en conservant des liens très forts avec le reste du continent.

En 1994 premier contact avec l'Afrique Australe, au Botswana. Nouveau coup de foudre pour la nature la plus sauvage du continent.
20 ans plus tard, les espaces infinis, la richesse de la faune, les conditions de voyage parfois rudes et les cultures locales me fascinent toujours autant.

Pour connaître et comprendre l'environnement autant que pour être capable d'assurer ma sécurité lorsque je voyage seul, j'ai suivi, il y a quelques années, une formation de guide de brousse en Afrique du Sud. Je suis donc enregistré comme guide de niveau 1 auprès de la FGASA (Field Guide Association of Southern Africa, http://www.fgasa.co.za/).

Dernièrement, ma rencontre avec les gorilles de montagne au Rwanda a été un nouveau choc. Le regard perçant et empreint d'une vraie forme d'humanité de ces colosses fragiles est bouleversant. Décidément l'Afrique n'a pas fini de me surprendre, pour mon plus grand bonheur ...

 

 

 

INTERVIEW

Quel cheminement personnel jusqu'à l'animal sauvage ?

Ça c'est fait naturellement, j'aime, la nature, le silence et l'espace. L'Afrique particulièrement me fascine et donc quand j'ai découvert ce continent je suis allé dans des parcs, la rencontre avec la faune était évidente. Rapidement je me suis passionné au point de faire, il y a quelques années, une école de guide de brousse en Afrique du Sud pour mieux comprendre le comportement et l'environnement des animaux que j'observe depuis plus de 25 ans.

Un maître à penser ? 

Pas vraiment de maître à penser, mais une admiration pour les explorateurs européens qui ont parcouru l'Afrique au 18 et 19ème. Savorgan de Brazza, Livingstone ou Richard Burton dont les récits m'ont fait découvrir l'Afrique avant que je n'y voyage.

Une œuvre marquante ?

"En étrange pays" de Karel Schoeman. Ce livre traduit merveilleusement l’atmosphère de la vie dans le désert du Karoo en Afrique du Sud. C'est une région qui me fascine parce qu'elle est dure et hostile et pourtant des gens ont choisis d'y vivre. Il n'est pas particulièrement question de nature ou de faune même si l'environnement très spécifique est présent tout au long du livre. C'est plus une description de la vie dans cette région au 19ème siècle. Une ambiance propice à la rêverie dans un désert à la fois peu accueillant et terriblement attachant.

Si j'étais un animal sauvage ? 

Probablement un léopard, solitaire, discret, chasseur efficace, patient et gracieux en plus, certaines de ses qualités me font rêver ...

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ? 

En Afrique du Sud, une rencontre avec des lycaons. Après des années pendant lesquels j'ai traqué en vain les lycaons, j'ai fini par en voir dans la réserve de Madikwe en Afrique du Sud, un groupe de 23 d'un coup ! Ils étaient à l'ombre après avoir mangé. J'étais seul avec un guide, du coup je lui ai demandé si je pouvais descendre de la voiture pour faire quelques photos au ras du sol. Finalement je me suis allongé à quelques mètres d'eux. Après m'avoir regardé avec curiosité, ils ont fini par m'ignorer et le face à face a duré près d'une heure. La lumière n'était pas vraiment bonne, mais ces photos restent un de mes meilleurs souvenir en brousse.

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Un animal disparu qui reviendrait ?

Le mammouth, les découvertes sur l'ADN de ces animaux mythiques, nous offriront peux-être un jour la possibilité de les voir ...

La photo ou la série à laquelle vous tenez particulièrement ?

Une photo de lion dans l'eau dans le delta de l'Okavango. Par hasard au moment ou j'ai déclenché il avait une fleur de nénuphar juste devant le museau, on pourrait penser qu'il sent la fleur … un lion poète en quelque sorte.

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Spot préféré ?

L'eau reste l'élément que je trouve le plus photogénique, mes spots préférés sont donc le delta de l'Okavango au Botswana et la vallée de la Luangwa en Zambie.

L'Okavango c'est un paradis de 15 000km2 avec des éco-systèmes très varié et une faune incroyable, certainement le must en matière de photos animalières car tout y est.

La vallée de la Luangwa c'est pour moi l'Afrique telle que je l'imaginais enfant. Le nord est certainement la région la plus sauvage que j'ai vu, la faune y est très nombreuse et les touristes presque totalement absents. La possibilité de se promener à pied dans les parcs de la vallée renforce l'impression de proximité avec la nature que j'aime par dessus tout.

Un lieu mythique ?  

L’Éthiopie, j'en rêve depuis longtemps. La richesse historique et culturelle associée à des paysages somptueux me fait rêver. Je pourrais décider d'y aller, mais je retarde ce moment sans doute pour continuer à en rêver ...

Et la technique ?

Il est nécessaire de la maîtriser, mais j'avoue que je ne m'y attarde pas trop, sans doute pas assez d'ailleurs. Je devrais sans doute m'y intéresser plus mais je ne prends pas le temps de le faire ...

Des urgences ? 

Beaucoup d'urgence bien sûr, donc portons la bonne parole pour la protection de la nature et de l’environnement en général sans avoir peur de passer pour des utopistes ou des illuminés !

Mais il ne faut pas oublier que ceux à qui nous donnons des leçons de protection de la nature sont souvent très loin (à juste titre) de ce type de préoccupations. Il ne faut pas attendre de ceux pour qui l'urgence est de manger demain qu'ils aient la même conscience de l'environnement que nous. La vrai urgence c'est de repenser la répartition des ressources et des richesses entre les humains. Quand tout le monde vivra décemment et raisonnablement la protection de l'environnement sera sans plus facile à réaliser.

Des conseils ? 

Faire des photos c'est très bien, mais n'oubliez pas de regarder. La nature se regarde et se vit avant tout. Les photos ne seront toujours qu'un reflet de ce que vous aurez vécu. L'émotion d'une rencontre est irremplaçable, pour que vos photos la reflètent il faut la ressentir, alors n'oubliez pas de vivre l'instant où vous faites une image … et soyez patient !

Une association à mettre en avant ?

Il y a une multitude d'associations et chacune a son utilité. Mais si je dois en choisir une ce sera "Cheetah for ever". Il s'agit d'une association créée par Tony et Sylvie Crocetta dans le parc de Masaï Mara. Son but consiste à surveiller les femelles guépards du parc lorsqu'elles ont des petits pour augmenter leur taux de survie et reconstituer la population de guépard qui ne cesse de décroître depuis 20 ans.

Le programme a été mis en place avec les populations locales. Elles bénéficient des emplois générés et sont donc directement impliquées dans sa réussite. Les premiers résultats sont très encourageant. Il faut donc aider cette association : http://www.cheetahforever.org

Pour conclure ?

Je crois que le meilleur chemin jusqu’à de belles photos reste la passion. Pour faire des photos qui transmettent de l'émotion il faut aimer et connaître ce que l'on photographie. Avec le matériel numérique actuel, la technique devient de plus en plus un accessoire, nécessaire bien sûr, mais un accessoire quand même …

L'autre chose c'est bien sûr le regard, il ne faut pas oublier de regarder. C'est par l'observation qu'on découvre les sujets les plus intéressants.

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