Salamandre : Pourquoi la reine fourmi vit-elle plus longtemps que ses ouvrières ?

Chez la petite fourmi noire des jardins par exemple, certaines reines peuvent atteindre 30 ans . Une durée de vie jusqu’à 50 fois plus importante que celle des ouvrières.

Pour couper la tête d’une reine, il faut d’abord affronter un royaume entier, prêt à tout pour la défendre. Pas étonnant que l’existence d’un monarque s’écoule parfois très longtemps. Chez la petite fourmi noire des jardins par exemple, certaines reines peuvent atteindre 30 ans. Une durée de vie 100 fois plus longue que la moyenne des insectes au stade adulte et jusqu’à 50 fois plus importante que celle des ouvrières. Etonnant, non ? Un exploit qui tient à l’organisation sociale de la colonie.
Chez cet insecte social, les ouvrières protègent leur souveraine contre les prédateurs et même les maladies. Elle leur est précieuse, car elle est la seule à se reproduire. La reine doit en effet remplacer tous les deux ans les 200 millions d’individus de la colonie qui, eux, n’ont pas sa longévité. Une impératrice fourmi ne court de réel danger que durant la première semaine de sa vie, à l’occasion du vol nuptial. Une fois sa société fondée, elle ne craint presque plus rien. Plus besoin de quitter la fourmilière, véritable forteresse sécurisée, puisque sa spermathèque conserve la semence de son unique partenaire tout au long de sa vie. Sa Majesté peut ainsi se concentrer sur la ponte et investir dans la longévité en toute tranquillité. Investir dans la longévité ? Exactement ! Au cours de l’évolution, c’est justement cette vie préservée qui a donné à la reine le loisir de développer des systèmes de réparation de l’ADN en vue de retarder son vieillissement. Un processus que l’on retrouve aussi chez les termites et les abeilles.
Mais comment expliquer qu’un même œuf puisse produire aussi bien une reine qu’une ouvrière aux destinées si différentes ? Il n’existe en effet aucune différence génétique entre des individus de ces deux castes. Leur devenir populaire ou aristocratique dépendrait de facteurs encore mal compris. Les chercheurs essaient surtout de comprendre quels gènes sont impliqués dans la longévité phénoménale des reines fourmis et pourquoi ils ne s’expriment pas chez leurs servantes.