Alors que la pétition approche les 2 millions de signatures,
près de 400 chefs cuisiniers et acteurs de la restauration signent ce jeudi une tribune dans le journal Le Monde contre la loi Duplomb
, autorisant la réintroduction d’un pesticide. « Nous, restaurateurs, faisons ce métier pour nourrir, pas pour empoisonner », écrivent-ils.
Ce texte, inspiré de la prise de parole du chef Jacques Marcon, très partagée sur les réseaux sociaux, a été écrit à l’initiative de l’entreprise Ecotable, qui accompagne les professionnels de la restauration vers plus d’éco-responsabilité. (Source France Bleu)
Autre texte à lire : l’édito, toujours bien senti, de notre confère Jean-Jacques Fresko du média InfoNature :
Duplomb dont on fait les boulets
Ce n’est pas un raz-de marée, c’est une gerbe. Dans tous les sens du terme : c’est un bouquet, et c’est un hoquet.
Un bouquet, une floraison magnifique au cœur de l’été, ces milliers/millions de citoyen-ne-s qui resteront anonymes, levé-e-s contre l’obscurantisme mercantile des parlementaires qui ont voté en catimini la mortifère loi Duplomb.
Quel mandat avaient-ils, les 316 député-e-s qui ont adopté sans débattre ce texte pirate qui ne figurait dans aucun de leurs programmes électoraux ? Celles et ceux qui avaient été élu-e-s par un Front républicain pour faire barrage au RN se sont irrémédiablement déshonoré-e-s en mêlant leurs voix à celles de l’extrême-droite.
Ils nous serinent, ces escrocs, que la loi Duplomp serait indispensable pour préserver « la souveraineté alimentaire » de la France. Qui peut encore gober leurs mensonges génétiquement modifiés ? L’acétamipride, dont la loi réautorise l’utilisation, est utilisé dans deux cultures : la betterave et la noisette. Serions-nous en peine de souveraineté betteravière ? Au vrai, il s’agît d’alimenter l’industrie sucrière (avec les ravages sanitaires qu’elle provoque) et l’industrie de la confiserie.
La FNSEA avait cru réussir le casse législatif du siècle en faisant adopter cette loi portée par un sénateur qui fut, jusqu’à son élection, l’un de ses dirigeants. La pétition qui prospère à l’Assemblée nationale lui revient aujourd’hui en boomerang. Elle acte spectaculairement le divorce radical entre les partisans forcenés d’un système agro-industriel obsolète et la société qui le subit, avec son cortège de cancers, d’obésité, de malbouffe, de sols rendus stériles, d’inégalités sanitaires (aux riches le moins malsain, aux pauvres les calories les plus empoisonnées), de néo-colonialisme, de massacres des populations d’oiseaux et d’insectes pollinisateurs, d’accaparement des biens communs, à commencer par l’eau, de contributions massives aux émissions de gaz à effet de serre.
C’est clair aujourd’hui : ce système nécro-agricole qui mène à la baguette ses larbins parlementaires, les citoyennes et les citoyens n’en veulent plus. Quel que soit le sort de cette funeste loi Duplomb, la FNSEA et ses obligés la traineront longtemps, longtemps, comme un boulet.
PS – Et avant de refermer le stylo, profitez-en donc, si ce n’est déjà fait, pour signer la pétition contre le démantèlement annoncé du Conservatoire du littoral. C’est un sujet aussi grave que la loi Duplomb ! Ça se passe ici.

