« Pourquoi l’oiseau ? Pourquoi l’oiseau plutôt que les reptiles, les insectes, poissons ou mammifères ? Ou pourquoi pas les plantes, voire les minéraux ? »
Qu’est-ce que c’est que cette question ? Vous en avez de bonnes vous ! Parce que c’est l’oiseau ; et parce que c’est nous aussi. Parce que c’est comme ça. Du plus loin que nous nous souvenions, ça a toujours été l’oiseau. L’oiseau comme une évidence. L’oiseau partout, l’oiseau tous les jours, l’oiseau toute la vie. Pour tout. Pour rien. Pour rien du tout. Pour tout ou rien. Pour un détail, comme pour l’essentiel.
Par paresse peut-être : ils sont moins nombreux que les insectes ou les plantes, plus faciles à voir. Y compris à travers la fenêtre depuis les bancs de l’école. Que voir d’autre à travers les carreaux quand on s’ennuie, si ce n’est une feuille morte ?
Pour cette mésange qui veut nous faire croire qu’elle est « à moustache » :

Pour l’or du Loriot. Peut-être le bleu métallique du Martin plutôt. Le vert du Pic aussi… non le noir du Pic. Quoique pour le noir, ce serait celui de la corneille plutôt.

Noire et blanche la Pie ? Vous n’avez jamais vu de Pie ou quoi ?
Parce que c’est au Pic épeiche qu’on doit « le rouge et le noir ». Et qu’aucun couturier n’aurait réussi le mariage du bleu et du marron comme la robe du Rollier ; un Européen convaincu ce Rollier, comme les guêpiers ; ah les guêpiers en vol, ce feu d’artifice ! L’oiseau pour le rouge du Bouvreuil, à moins que ce ne soit orange…
Non, à la réflexion ce que nous préférons chez le Bouvreuil c’est la mélancolie de son chant. Les oiseaux pour leurs chants bien sûr. Ceux qui charment, ceux qui défient, ceux qui nous enchantent. Qui disent la vie et qui nous rassurent. Le plein, parce que nous avons une peur de Pie bleue du vide. Et s’il doit vraiment y avoir des sons dans les restaurants, de grâce, mettez-nous des chants d’oiseaux, pas la télé ou la sono.
Militons pour des printemps bruyants, et des restaurants silencieux.
L’oiseau pour le plaisir d’être surpris. Pour la Linotte parce nous savons qu’elle n’oubliera jamais que nous l’aimions déjà tout gamin.

Les oiseaux pour la poésie. Le pinson de Prévert, les oiseaux de passage de Richepin et la langue des anges de Victor Hugo https://www.youtube.com/watch?v=uWS8ieVIQQw
Pour l’impossible équation de la force et de la fragilité. Ce squelette en allumettes, comme une cage qui emprisonnerait une bulle d’air https://poesiesud.org/p/auteurs/Ponge/oiseau.html
Et la plume de Nougaro… Encore les anges. https://www.youtube.com/watch?v=lw-33ArEzZ0
Pourquoi l’oiseau ? Non mais quoi encore ?
Pour être encore surpris grâce à ce poisson tombé au milieu des vignes https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/clermont-ferrand/insolite-le-poisson-est-litteralement-tombe-du-ciel-en-pleines-vendanges-une-tanche-de-800-g-atterrit-au-milieu-des-vignes-3211622.html
Quoi ? Les records et les exploits ? Mais non, trop mesquin, trop humain.
Le vol comme une évidence. Le piqué du boulet, le plané du cerf-volant, le surplace du « Saint-Esprit », le V du… vol « en V ». Les escadrilles sonores en zigzag autour des bâtiments. Les murmurations, c’est obligé : https://www.facebook.com/marc.mortelmans/videos/ce-ph%C3%A9nom%C3%A8ne-est-appel%C3%A9-murmuration-l%C3%A9tourneau-typique-de-la-petite-faune-du-quo/1651063892176085/
Les oiseaux pour les traces sur le sable ou dans la neige. Des sauts de puce, à pattes jointes.
Pour les migrations aussi forcément, celles que nous n’oserons jamais. Les courriers au long cours… https://www.nationalgeographic.fr/perpetual-planet/lincroyable-migration-de-la-sterne-arctique-devoilee-par-des-gps La solitude dans la tempête. La boussole, les étoiles…
L’oiseau pour partager surtout. Un son, une image, des impressions. Les oiseaux comme un trait d’union.
Pourquoi les oiseaux ? Vous en avez de bonnes vous. Nous n’en savons rien. Demandez plutôt aux oiseaux pourquoi ils nous ont choisis !

