Reporterre : LVMH, Chanel et L’Oréal dépensent des millions pour prolonger la vente de produits cancérogènes

 

Visite du laboratoire de parfums de Chanel, déjeuner avec des eurodéputés dans la tour LVMH de Bruxelles, rendez-vous avec les membres de la Commission européenne… Depuis des mois, les géants des cosmétiques s’activent en coulisses pour retarder l’interdiction de vente de crèmes, shampoings et parfums classés cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques. Alors que les industriels ont un an et demi pour s’en passer, ils font pression pour obtenir un délai supplémentaire de quinze mois. La mesure, soutenue par la Commission européenne et le gouvernement, doit être examinée demain au Parlement européen.

Les géants des cosmétiques ont obtenu le soutien de la France et de l’UE pour commercialiser plus longtemps la plupart des produits aujourd’hui sur le marché et voués à être interdits, car contenant des substances dangereuses pour la santé.

Crèmes de jour, shampoings, parfums et rouges à lèvre : même lorsque la Commission européenne a suffisamment de preuves sur la nocivité de produits de beauté et d’hygiène, les industriels bénéficient d’un an et demi pour sortir des rayons ceux dont les substances ont été classées cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques. Un délai qui pourrait bientôt être considérablement rallongé, à cause du lobbying mené par les géants des cosmétiques.

Un texte à l’initiative de la Commission européenne est inscrit au vote en commission au Parlement européen le 15 avril et en assemblée plénière entre le 28 et le 30 avril. S’il est adopté, des produits dont la toxicité est avérée pourraient rester quinze mois de plus dans les magasins. Et encore, si les fabricants ne demandent pas des dérogations pour échapper à leur bannissement.

L’immense majorité des produits de beauté et d’hygiène sont concernés car ils contiennent une des dix substances suspectes actuellement en cours d’évaluation : l’industrie cosmétique française estime qu’une « obligation de reformulation massive » pourrait concerner 85 % de sa part de marché. Le Bureau européen des unions de consommateurs s’inquiète fortement de cette « augmentation des risques sanitaires évitables »

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Illustration : © Mélissa Germany / Reporterre