En 2021, le rapport Groundswell de la Banque mondiale1 calculait que, d’ici à 2050, jusqu’à 216 millions de personnes pourraient migrer à cause du changement climatique. Les raisons sont connues : canicules, incendies et sécheresses à répétition, baisse des rendements agricoles, montée des eaux et recul du trait de côte… Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on peut s’attendre à ce que le changement climatique affecte l’ensemble du vivant.
En effet, on observe déjà des mutations massives dans les aires de répartition de milliers d’espèces animales et végétales. Parmi elles, les papillons, dont une récente méta-analyse a prouvé qu’au moins 10 % des espèces connues à ce jour voyaient leur répartition géographique changer. « Depuis les premiers travaux de l’écologue états-unienne Camille Parmesan, dans les années 1990, les papillons font office de sentinelles du climat, explique Jonathan Lenoir, directeur de recherche au CNRS et coauteur principal de l’étude. Leur remontée vers le nord, en Europe et en Amérique du Nord, représente la première empreinte biologique du changement climatique. » (…)
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Image : Philippe Guerlet

