Artistes animaliers

Carole MARCHAIS : une nature à la force tranquille

Point d'animaux, point de faune sauvage mais un regard sur la nature qui en dit beaucoup : la force et la fragilité des éléments revus par un regard sensible (Rédaction).

Ce qu'elle dit :

Carole Marchais est une transfuge du monde scientifique (maîtrise de Sciences de la terre / géologie fondamentale et appliquée et DESS Activités et aménagements littoraux et maritimes). Et puis avec la maturité est venu le temps de la nécessité intérieure qui apparaît parfois en décalé dans la vie des êtres : pour elle, ce sont les arts visuels qui seront au RV. Une extrême sensibilité aux matériaux et à leur inscription dans l’espace l’inclinera vers la sculpture et le travail en volume. Une formation tardive, via les arts plastiques, la pratique des ateliers de sculpture (modelage, fonderie et taille directe) de la ville de Paris, a cristallisé cette attirance pour la création artistique. Riche de ce parcours transversal sous-tendu par un désir profond d’observation du monde, de notre environnement, la plasticienne a tissé des liens denses entre l’œuvre qu’elle développe et les enjeux de sa formation initiale.

A partir de son intérêt professionnel premier pour le territoire, l’artiste a investi avec une force tranquille et beaucoup de constance, une forme privilégiée d’expression plastique, l’installation. Elle reste attentive au fait d’utiliser les matériaux offerts par le site choisi pour travailler: faire sens avec ce qui est là, fragments de nature ou artefacts laissés pour compte dans un lieu...

Voir son site pour en apprendre davantage

 

Entretien avec...

- En quelques lignes, votre parcours  de vie :  Je suis née et j’ai grandi dans l’Indre. Après une escapade méditerranéenne pour mes études, j’ai choisi de vivre près du rivage atlantique jeune adulte. Une enfance contemplative à la campagne, une formation universitaire en géologie puis en aménagement du littoral ont façonné mon regard et mon attention au paysage, au végétal, à l’espace et à la matière. Elles ont fortement contribué à la construction de ma pratique artistique.

Mon travail personnel de sculpture, débuté en 2002 en fonderie et taille directe, a évolué vers la création d'installations et d'assemblages en 2008. Avec cette évolution naturelle, ma sensibilité aux aspects environnementaux et ma formation en sciences et géographie se fondent alors dans le geste artistique.

Quels sont vos maîtres à penser ? Beaucoup d’artistes et d’œuvres ont nourri mon regard et ma sensibilité au fil des différentes périodes de vie. Je trouve toujours difficile de limiter à quelques noms.

Par rapport à la matière et au volume , spontanément : Alberto Giacometti, Andy Goldsworthy, Giuseppe Penone, Anselme Kieffer, Marinette Cueco.

Andy Goldsworthy, environnemental Sculptures / Designs & Ideas on Dornob

Il y a aussi tout un mouvement de pensée sur notre rapport au milieu avec lequel nous vivons et sur les enjeux actuels qui m’intéresse et nourrit mes réflexions.

Quel intérêt pour le sauvage ? Je ne parlerai pas d’attirance pour le sauvage. La plupart des espaces où nous évoluons sont marqués et façonnés par l’humain.

Je suis simplement sensible au monde qui m’entoure. Je suis d’une nature assez contemplative et mon œil est particulièrement attiré par les architectures végétales.

©jbdumond2026

Je m’émerveille facilement d’une fleur sur le bord d’un chemin, d’un arbre, d’un nuage dans le ciel, du chant d’un oiseau, d’une libellule qui vole, d’un galet sur la plage, de la trace des vagues sur le sable, … Je suis souvent surprise par notre perte de capacité à regarder ce qui nous entoure, et voir tout ce que cela recèle de beauté et d’émotion.

Vous êtes ou vous vous réincarnez en un animal , lequel ? Un dauphin ou un oiseau. Pouvoir nager ou voler comme eux, ressentir la sensation de leur déplacement dans l’eau ou l’air, la fluidité de leur mouvement.

©jbdumond2026

Une ou deux belles rencontres de vie sauvage ?  Il y en a beaucoup, de situations du quotidien à des circonstances plus exceptionnelles.

Dans le marais poitevin ou dans la Brenne, avoir la chance de croiser un martin pêcheur !

Dans le parc de l’hôpital Marius Lacroix, avoir le plaisir de voir les écureuils courir et grimper le long des arbres !

Ou le souvenir de rencontres fabuleuses du monde marin, lors de plongées !

Votre/vos lieux de nature préféré ? Dans l’Indre, la Brenne et notamment l’étang de Bellebouche – Je connais ce lieu depuis mon enfance et c’est un lieu ressource apaisant toujours différent selon la saison, la lumière . Il y a dans ce lieu, entre végétal, minéral, eau et faune une ambiance poétique, particulière qui m’émerveille toujours.

étang de Brenne, ©jbdumond

L’océan (au quotidien, à La Rochelle, ou sur l’île de Ré,  en Bretagne, sur les îles, notamment Belle-Ile). L’observer, le longer, y plonger et nager m’apaisent, et me redonnent de l’énergie. Peut-être en raison de cette ligne d’horizon, du dialogue avec le ciel et du mouvement permanent (avec les couleurs, la lumière, les marées, les vagues).

Le lieu mythique où vous rêvez d’aller ?  Bien sûr, autre que mythique, il y a des endroits que j’aimerai rencontrer pour leur philosophie et leur culture dans le rapport au végétal, au non humain (le Japon, la Nouvelle Zélande) mais peut-être que le lieu mythique va être celui qui est ici, à côté .. celui qu’on ne voudrait pas perdre.

Quel matériel et quelles techniques utilisez-vous ? Ma rencontre se fait tout simplement en marchant, en contemplant. Et cela déclenche des images, fait émerger des constructions, des formes, des projets. Ces marches sont souvent une source d’inspiration.

Parfois, je prends des photographies avec mon téléphone pour conserver une trace, parfois je récupère des fragments de végétaux en fin de cycle, secs. Souvent, c’est une image, une sensation que je conserve.

Un conseil au débutant dans votre activité ?  Conserver sa sincérité.

Vos actions / activités en cours et à venir ?  Une installation pour les Journées européennes du patrimoine, à La Rochelle , aux ateliers d’Essence Carbone (Hôpital Marius Lacroix) - « Ce dont nous nous souviendrons »

En 2027 et 2028, un projet sur le fleuve Loire et la question des droits de la nature, en dialogue avec Camille de Toledo. (Parlement de Loire, Internationale des Rivières).

Une initiative prise ou à prendre en faveur de la vie sauvage? Protéger et prendre soin des arbres, de la flore, des milieux végétaux.

Vous pouvez faire revenir à la vie une espèce disparue. Laquelle ? Violette de Cry (végétal) – le Quagga (zèbre)

violette de Cry, disparue; Le Parisien

Une (ou deux) association(s) de protection qui vous plait en particulier? Il y en a beaucoup. GNSA et Bloom, pour leur engagement et leur ténacité.

Pour conclure, vous disparaissez ce soir, qu’aimeriez-vous laisser comme dernier message ? Peut-être Voir et s’émerveiller. Mais je doute de vouloir laisser un message.

Distinctions & Parutions

Expositions

Derniers projets réalisés

2026 : Nagori, Atelier Entre sel et terre, Ars en Ré // Polysémie du vide – Exposition collective de Essence Carbone, avec la Ville de La Rochelle et l’Hôpital Marius Lacroix, Maison Henri II, La Rochelle

2025 : Résidence d’immersion embarquée sur la Loire lors de la Grande Remontée, avec Parlement de Loire et l’Internationale des rivières, sur la question des droits de la nature en

dialogue avec Camille de Toledo //Les pierres tombent, les feuilles pleurent , Maison Eco-paysanne de l’île d’Oléron, dans le cadre des Rendez-vous aux jardins

2024 : Échos chromatiques – avec Vincent Ruffin, Essence carbone – Galerie éphé

 

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