Artistes animaliers

Cécile LE DANNOIS : Je dessine plus particulièrement des rapaces, oiseaux qui me procurent une forte émotion

Originaire de gironde, je pratique le dessin depuis mon plus jeune âge, dans un premier temps en autodidacte, puis, arrivée à l’adolescence, j’ai commencé à apprendre, auprès d’une artiste peintre, les bases du dessin et à affiner mon œil artistique.

 J’ai toujours eu une attirance pour le dessin animalier et ce n’est que depuis ces dernières années que je me suis mise sérieusement au dessin ornithologique. Ma passion pour les oiseaux est apparue lors de mes nombreuses randonnées où j’ai pu observer toute sorte d’espèce et, naturellement, je me suis mise à vouloir en apprendre davantage sur eux. La lecture d’ouvrages ornithologiques a solidifié mes connaissances et éveillé grandement mon intérêt pour eux.

Je dessine plus particulièrement des rapaces, oiseaux qui me procurent une forte émotion par leur présence majestueuse et par leur aura semblant détenir les moindres secrets du monde sauvage.

Je réalise mes dessins aux feutres à alcool et aux fineliners. J’apprécie les couleurs lumineuses de ces feutres et les nombreux tons de dégradés qu’elles offrent. Certains de mes dessins récents ont été réalisés avec des crayons de couleurs en complément des feutres. J’aime l’association et le résultat de cette mixité de technique.

 J’ai à cœur de partager mon travail et d’échanger autour de l’art et de la nature avec tous.

Entretien avec...

Pourquoi avoir choisi l'animal sauvage comme thème privilégié ?

J'aime le mystère et l'imaginaire. Pour moi, l'animal sauvage est ce qui représente cette vie de liberté secrète qu'un être vivant peut détenir dans un monde où tout est mis en lumière.

Un élément déclencheur ?

Oui, il y a eu ce livre sur lequel je suis tombée par hasard : Le génie des oiseaux, par Jennifer Ackerman.

J’y ai appris beaucoup de choses et depuis je ne cesse de vouloir en apprendre davantage quotidiennement sur les oiseaux.

ou un maître à penser ?

Mon compagnon ! Passionné de nature depuis son enfance, il m’a transmis tout son savoir et sa façon de voir le monde sauvage.

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ?

Lors d’une balade en forêt, nous entendions tambouriner au loin et avions pensé qu’un Pic en était l’auteur.

C’était un bruit qui nous a accompagné durant toute notre petite randonnée et qui semblait être de en plus en plus proche au fur et à mesure de notre progression. Tellement proche que, malgré le bruit de nos pas les plus discrets possibles sur l’humus, ce tambourinement gardait sa vigueur et nous avons pu localiser le tronc victime de cet assault.

Il nous a fallu être les plus discrets possible pour enfin pouvoir voir un beau Pic noir, fermement accroché à l’écorce et déterminé à continuer son travail malgré notre longue et étroite proximité avec lui.

Un lieu mythique ?

Big Bear Valley en californie, sur le lieu de vie des pygargues à tête blanche Jackie et Shadow, je suis tous les jours leur vie grâce aux caméras rivées en direct sur leur nid. J’ai appris beaucoup sur ces oiseaux grâce à ces visionnages.

Je pense que ma fascination pour les rapaces a commencé grâce à eux.

Votre œuvre à laquelle vous tenez particulièrement ?

Mon Elanion blanc, perché sur sa branche, emprisonnant sa proie. Ce rapace était l’observation et l’interrogation du moment avec mon compagnon. On avait commencé à en remarquer quelques-uns depuis 1 ou 2 ans. Nous comprenons alors qu’il deviendra un rapace observable tous les ans dans notre région, pour notre plus grand bonheur, car il est magnifique !

L’endroit préféré, qui vous inspire tout particulièrement pour créer ?

La forêt dans laquelle je me balade. A chaque fois que j’y vais, j’en reviens avec mille idées, tous sujets confondus autour de mes projets. C’est une vraie ressource créative.

Le pire des dangers pour la vie sauvage ? (climat, déforestation, pollution, braconnage…)

Les quatre…Mais je rajouterai l’indifférence et le manque d’intérêt pour son sort, par une grande majorité de la population.

Une suggestion pour aider à sensibiliser le grand-public ?

Je pense qu’il faudrait instaurer, dès le plus jeune âge, des temps consacrés à la sensibilisation de la nature à l’école. Que ça devienne une matière évidente et incontournable, comme le français ou l’hisoire, dans les programmes jusqu’au lycée.

Plutôt optimiste ou pessimiste pour l’avenir ?

Quand je vois l’état actuel des choses….Je suis plutôt pessimiste.

Mais j’ai tout de même une lueur d’espoir que je place dans la nouvelle génération, éduquons nos enfants à aimer le vivant et à vouloir le préserver. Cela dit, l’ampleur des dégâts est telle qu’il est difficile d’être optimiste et notre capacité d’adaptation sera indéniablement mise à l’épreuve.

Pour conclure ?

Quel que soit le support, dessin, peinture, sculpture, écriture....partager ses œuvres sur la nature est un don de soi pour les autres. Elles éveillent la curiosité, soulèvent les questionnements et sensibilisent sur la fragilité du vivant qui nous entoure.

L'art naturaliste rassemblera toujours les gens car il touche à ce qu'il y a de plus ancien en nous, notre connexion archaïque à la Terre.

Distinctions & Parutions

Expositions

-Festival nature Aubusson 2026

-Festival Art et création de La Brède Novembre 2026

-Exposition collective des arts de Virazeilles Octobre 2026

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