Coordinatrice du Réseau éco-syndicaliste, Marjorie Keters consacre sa vie à faire émerger une écologie de classe depuis les lieux de travail. Un engagement chevillé au corps depuis son enfance dans la sidérurgie dunkerquoise.
Il est 19 heures passées lorsque Marjorie Keters pousse, avec une douceur presque hésitante, la porte d’un salon de coiffure occupé depuis plusieurs semaines boulevard de Strasbourg, dans le 10ᵉ arrondissement de Paris. Des coiffeuses et esthéticiennes, originaires d’Afrique subsaharienne et pour la plupart sans-papiers, ont cessé le travail pour réclamer six mois de salaires impayés et mettre fin à une exposition quotidienne à des produits chimiques sans aucune protection.
Elle tenait à nous y emmener. Même si c’était « son » portrait. Parce que c’est exactement là que se joue ce qui l’occupe : dans ces lieux de travail où s’articulent exploitation sociale et violence environnementale....

