Photographes animaliers

BRUNEAU-QUEREY Valérie

Je m'appelle Valérie Bruneau-Querey, je suis docteur en pharmacie et j'habite en Normandie.
 
Depuis mon enfance, je suis passionnée de nature. J'ai par exemple des souvenirs de lectures acharnées de livres d'animaux. Je pense que l'attirance vers la photographie a débuté ensuite durant les vacances familiales, avec le plaisir d'immortaliser les paysages et les bons moments passés ensemble , grâce à mon petit appareil photographique compact.

Quand j'ai pu obtenir un autre type de matériel, un bridge à l'époque, j'ai commencé par la macrophotographie, en photographiant essentiellement les fleurs et les insectes ( je suis une passionnée de botanique et particulièrement des orchidées sauvages ).

Puis avec l'acquisition au fil du temps du matériel adéquat, boîtier reflex, longues focales, et grâce aux conseils d'un ami du sud de la France, j'ai pris ce fameux virage vers l'animalier. Je n'ai pas abandonné la macrophotographie, car cela permet d'aborder un petit monde que j'adore, avec beaucoup de créativité. Créativité que j'essaie de transposer parfois en animalier, mais ce qui est plus complexe dans ce domaine .

Mon coeur balance donc entre la photographie naturaliste et la photographie plus originale, plus artistique. Mais je n'arrive pas à choisir, il me faut les deux pour faire mon bonheur.

L'adhésion à l'ASCPF il y a quelques années, dont je suis toujours membre, m'a permis d'évoluer dans la manière de photographier les animaux, en apprenant les différentes techniques d'affût. Photographier sans être vu, permet d'obtenir des scènes de comportement très intéressantes et avec respect de l'animal.

Au niveau technique photographique proprement dite, j'ai  appris sur le terrain et en découvrant au fur et à mesure les différentes fonctions de mon appareil photographique. Dans ce domaine, c'est en pratiquant beaucoup que l'on progresse et en s'affranchissant du mode « tout automatique », permettant ainsi une plus grande liberté au niveau artistique.

Je voyage très peu en dehors de la France. Mes lieux de prédilection afin d' exercer ma passion sont en Normandie: la campagne, les forêts , mon jardin. Je m'évade souvent en Baie de Somme qui est un haut lieu d'inspiration pour moi notamment par rapport à sa lumière si changeante et son territoire très riche en oiseaux.

 

 

INTERVIEW

Quel cheminement personnel jusqu'à l'animal sauvage ?

J'ai la chance d'habiter en campagne et non loin du milieu forestier.
Je pense que cette proximité et ce contact permanent, facilitent les observations avec la faune sauvage et en parallèle sa compréhension.
De plus, quand on aime la nature et que l'on est photographe, immortaliser des scènes animalières grâce à la méthode photographique, devient une évidence et une passion avec le temps.

Un maître à penser ?

Vincent Munier, pour moi c'est l'exemple suprême du très bon photographe animalier.
Son éthique, sa sérénité, sa lucidité et son impressionnante osmose avec la nature , en font mon maître à penser.
Ses photographies et ses écrits sont bien pensés non ?

Une œuvre marquante ?

Je me souviens d'un ouvrage de Cédric Jacquet (2011), intitulé " C'EST BEAU près de chez vous", qui m'avait fait prendre conscience à l'époque, qu'à deux pas de chez soi, on pouvait faire de superbes photographies dotées de superbes ambiances.

Si j'étais un animal sauvage ?

Si j'étais un animal sauvage, je serais un rapace. Ces animaux sont magnifiques. Quand je les vois planer dans les airs, je ressens comme un sentiment de liberté.
Je serais donc une Buse variable, puisque je vis en Normandie...

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ?

J'ai eu bien sûr de multiples moments d'émotions avec la faune, mais il y en a un tout récent, en septembre 2016, qui m’a beaucoup marquée. C’était une rencontre avec un magnifique cerf en milieu sauvage.
Cela faisait 4 ans, que j'attendais ce moment. J'avais repéré une place de brame, avec une clairière précise. Et j'étais sûr, qu'un jour, un cerf passerait au moment du brame ici.
Des années de patience, et le moment tant attendu est arrivé à l'automne dernier.
J'étais cachée dans les fougères. J'avais pris en parallèle toutes les précautions requises pour ne pas être repérée. Quand il est arrivé dans cette clairière, il a senti la portion de territoire pour analyser, aperçu probablement l'extrémité sombre de mon objectif qui dénotait de la végétation, puisqu'il a regardé vers ma direction. Mais cela n'a pas été plus loin. Il est resté et a bramé trois fois, avant de repartir majestueusement.
J'avoue que j'étais très impressionnée, mon cœur battait la chamade, à cause de l’émotion, mais aussi de la peur. J'ai fait un portrait de ce cerf, c'est une de mes photographies préférées, même si ce n'est pas la plus jolie. Elle a été effectuée avec respect de l'animal, et a nécessité beaucoup de patience.

Cerf elaphe

Je considère que la technique d'approche et l'histoire d'une photographie est aussi importante que la photographie en elle-même. Cette histoire, il faut essayer de la « raconter » aux personnes qui vont regarder votre réalisation. Tout le monde connaît l’expression : « une image parlante », c’est une très belle expression...

Un animal disparu qui reviendrait ?

Ce ne serait pas un animal, mais tous les animaux disparus, sauf peut-être les dinosaures, car la cohabitation avec l'être humain serait très compliquée.

Un animal fantastique qui existerait ?

Un gigantesque papillon multicolore qui pourrait nous emmener voler et découvrir les territoires vus d'en haut, calmement et silencieusement. Je sais les ULM existent, mais vous avez demandé du fantastique...

Spot préféré ?

Je n'ai pas de spot préféré, ma passion s'exerce dans la nature sauvage de manière générale et comme je ne voyage pas très loin, c'est celle proche de chez moi.

Plutôt solitaire matinal pour profiter du moment où accompagnateur de groupe pour partager ?

Sans hésiter solitaire. Matinale ou non.
Au-delà de la photographie, cette solitude m'est nécessaire pour me ressourcer.

Un lieu mythique ?

Je n'en ai pas précisément, la nature de proximité m'éblouie suffisamment et je ne suis absolument pas frustrée de ne pas découvrir d’autres lieux et de ne pas avoir envie d’en découvrir d’autres. La définition du lieu mythique à mes yeux, c’est le lieu où on a la chance d’être là au bon moment. C’est celui dont je rêve en tant que photographe animalier.
Cela ne veut pas dire que je n'apprécie pas les photographies des contrées lointaines, je les découvre aussi avec émerveillement, ce qui enrichit et élargit ma vision et me permet d’apprendre sur le monde qui m'entoure.

Et la technique ?

La technique photographique est indispensable, si l'on veut s'affranchir du mode " tout automatique " de son appareil photographique et avoir plus de liberté pour les compositions.
Mais elle ne fait pas tout, c'est le regard du photographe qui est essentiel.

Des urgences ?

Des urgences, il y en a tant à travers le monde. Si je me focalise sur ma région, ce serait le classement en espèces protégées du renard et blaireau. Ce qui se passe par rapport aux tueries de ces animaux est juste inadmissible.

Des conseils ?

Pour les débutants en photographie animalière, le principal conseil serait de celui de persévérer. Il faut du temps, de la patience, pour bien connaître la nature sauvage et il faut " travailler" sur le terrain, encore et encore pour progresser. C'est un vrai sacerdoce.

Une association à mettre en avant ?

Toutes les associations aidant les animaux ou celles axées sur la sensibilisation du public, seraient à mettre en avant, surtout que beaucoup agissent dans l'ombre.

Une suggestion pour aider à sensibiliser le grand-public ?

Pour sensibiliser le grand public ce serait un slogan à lancer: "Observez, écoutez la nature et vous comprendrez que vous avez un trésor à vos pieds ou ailleurs, mais qui a beaucoup plus de valeur au niveau vital, que la société de consommation dans laquelle beaucoup d'entre vous se perdent ."

Pour un photographe animalier, ce qui est important c’est de ne pas photographier égoïstement, mais s’investir en faveur de la nature. Cela peut se faire en montrant la beauté de celle-ci à travers ses photographies, écrits, ouvrages et en aidant les associations œuvrant pour les animaux.

Pour conclure ?

Aimez et protégez le monde sauvage, c'est celui de vos origines, c'est celui qui vous permettra de vivre mieux, vous et les générations futures. Sans la nature, l'être humain n'est pas grand-chose.

Merci de m’avoir donné la possibilité de m’exprimer sur votre site Faune Sauvage.

DISTINCTIONS

J'ai eu quelques petites distinctions dans certains concours, mais ce qui est le plus important pour moi c'est de m'exprimer à travers des écrits, montrer la beauté de la nature sauvage à travers la photographie, dans un but de sensibilisation. J'ai donc d'autres projets d'expositions pour les années à venir.

Article dans la revue Nat'images de Février-Mars 2016 «  La Normandie à l'Eure d'hiver ».
Page auteur dans la revue France Photographie de la Fédération Photographique de France, numéro spécial 250 ième Noir et Blanc.
Et quelques parutions de photographies, une dans Chasseur d'images ( mai 2016 )«  La Macro comme vous l'aimez », dans le Florilège 2015 de la FPF ( Coupe de France par association ) et dans la revue France Photographie de la Fédération Photographique de France, «  L'eau dans tous ses états » ( avril 2017 ).

Mon adhésion à la fédération, qui regroupe des photographes appartenant à tous les domaines photographiques permet de m'ouvrir et admirer tout type de sujets en dehors de l'animalier. Je pense que c'est très positif pour aiguiser et élargir ses émotions en photographie.

EXPOSITIONS ET PARUTIONS

J'ai eu la chance grâce au Festival de l'Oiseau et de la Nature, d'exposer en Baie de Somme en avril 2017.

Une de mes photos de Courlis corlieu figure dans le deuxième livre de notre association ASCPF (2016 )

Exposition " Lumières en Baie" au Festival SPOT NATURE , Jardins Suspendus du Havre, septembre 2019

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