L’ÉTAT VEUT LA PEAU DU LOUP !
Suite au récent reclassement du loup au niveau européen en simple « espèce protégée », l’État français accélère sa volonté clairement affichée de réguler la population de loups sur notre territoire au travers d’un projet d’arrêté insensé définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction.
Cette modification du statut de protection du loup permettrait le prélèvement, la gestion ou l’exploitation de l’espèce avec pour contrainte le respect du maintien ou du rétablissement de l’espèce dans un statut de conservation favorable dans son aire naturelle de répartition. Ce dernier devrait être examiné au niveau national, biogéographique et local mais aucune disposition du texte ne prévoit cette évaluation.
Tuer des loups plus facilement
Ce texte prévoit, pour la seule défense des troupeaux et la prévention des dommages occasionnés par l’espèce, un régime de gestion par le tir, certes toujours dérogatoire, mais plus souple avec une simple déclaration pour les cercles 0, 1, 2 et conditionné à autorisation pour le cercle 3. Le Plan National Loup (2024-2029) entre officiellement dans une logique de gestion de la population lupine, avec un objectif de régulation de ses effectifs !
C’est un glissement dangereux qui implique une absence de contrôle préalable, une insuffisance de traçabilité, et des risques de dérives. Même si ce texte intègre enfin le tir d’effarouchement — une alternative non létale encore trop peu exploitée — en l’imposant avant tout tir létal, mais cela ne concernant que les zones de cercle 3.
Mais surtout, les tirs létaux seront possibles en l’absence de mesures de protection (chien, clôture électrifiée ou gardiennage) pour l’ensemble des zones (cercles 0 à 3). Cela revient à balayer d’un revers de main tous les efforts mis en place ces dernières années pour la protection des troupeaux et à nier leur efficacité pourtant maintes fois prouvée.
La survie de l’espèce grandement menacée en FranceSelon l’étude la plus récente (OFB/MNHN), le régime actuel de prélèvements dérogatoires (19%, avec possibilité de +2%) donne une probabilité de décroissance de la population estimée à 56% (61% en cas de passage à 21% de prélèvement). Cela s’explique notamment par l’augmentation du nombre de tirs dérogatoires. Sans compter les destructions illégales, difficilement quantifiables mais de plus en plus nombreuses. Pourtant, l’efficacité des tirs létaux face à la pression de prédation n’a à ce jour pas encore été prouvée, contrairement à celle des mesures de protection non létales. Ce projet constitue un grave recul pour la biodiversité et les espèces protégées en France et va sans aucun doute menacer la survie des loups sur notre territoire.
Une nouvelle consultation publique vient d’être publiée portant sur un projet d’arrêté définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction.
Consultez l’avis défavorable de FERUS concernant ce nouveau projet de modification en cliquant ICI.
➡ Participez à la consultation publique et formulez, vous aussi, votre avis défavorable avant le 19 décembre 2025 ! Partagez-la autour de vous pour une mobilisation massive !

