Pour produire des capsules d’oméga-3 censées ralentir le vieillissement, l’industrie des compléments alimentaires s’attaque à l’une des pierres angulaires de l’écosystème antarctique : le krill. Ce minuscule crustacé, « pilier de toute la chaîne alimentaire de l’océan Austral et l’une des plus grandes biomasses de la planète », est aujourd’hui pêché à grande échelle.
Le krill, fondation invisible de la nature
« Les populations de baleines, grandes consommatrices de krill, sont en augmentation après des décennies de déclin, ce qui accentue la pression sur la ressource », commence Emmanuelle Périé-Bardout, la fondatrice de Under The Pole, un programme d’exploration scientifique dédié à la compréhension et à la protection des écosystèmes marins, pour La Relève et la Peste.
Son rôle ne s’arrête pas là : il contribue aussi à la régulation du climat mondial en participant à la séquestration du carbone. Le krill antarctique, notamment, peut en capter près de 20 mégatonnes par saison, une capacité comparable à celle des mangroves. « Sa diminution aurait des conséquences catastrophiques pour l’écosystème antarctique », alerte-t-elle.


