Dans la lutte qui oppose les anti-LGV à ses soutiens, la bataille du financement n’est pas des moindres. Le coût annoncé par SNCF Réseau de 5,85 milliards d’euros en 2005 pourrait, selon le mode de financement, atteindre 30 milliards d’euros. Une gabegie d’argent public alors que la rénovation de l’existant coûterait 5 milliards d’euros.
Il est prévu que ce chantier public soit financé à 40 % par l’État, 40 % par 24 collectivités territoriales et 20 % par l’Union européenne. La Société du Grand Projet du Sud-Ouest (SGPSO), créée au printemps 2022 pour assurer ce montage financier fait face aujourd’hui à de gros obstacles sur la voie.
Annoncée à 5,85 milliards d’euros en 2005 par Réseau Ferré de France à la Cour des comptes, la nouvelle ligne a été chiffrée par cette même Cour à 14,3 milliards en 2020, soit 254,7 % d’augmentation en 15 ans. Avant même la forte inflation de ces cinq dernières années. A cela il faut ajouter des frais financiers passés de 1,4 à 6,3 Md€ suite au calcul demandé par SGPSO au cabinet Deloitte en janvier.
L’addition enfle au premier chef pour les collectivités territoriales puisque, comme le rappelle à La Relève et La Peste Patrick Vaccari de l’association TGV-Albret, elles sont tenues de régler les frais financiers. « Par exemple, l’Agglomération d’Agen s’est engagée à verser 18,7 millions sur 40 ans dans un scénario de coût du projet à 14 Md€ (hors frais financiers). Avec 6,3 Md€ de frais financiers supplémentaires, le projet passe à 20 Md€ et la participation agenaise est augmentée de 30,2 M€. L’Agglomération d’Agen devra verser 48,9 millions d’euros. »
Seules quatre villes seront desservies : Bordeaux, Agen, Montauban et Toulouse. Ce seul tronçon Bordeaux-Toulouse aura une emprise totale de 6300 ha, dont 1500 ha de terres agricoles, 3000 ha de forêts et 370 ha de zones humides seront détruites et/ou artificialisées.

