(Cet article est extrait de la revue Carnets de science n° 18(link is external))
Quand on regarde un planisphère figurant l’ensemble des continents et des pays du monde, la réalité océanique de notre planète ne saute pas aux yeux. Et pourtant : les océans couvrent plus des deux tiers de la surface de la Terre, bien plus que l’ensemble des terres émergées ! la même carte, centrée cette fois-ci sur le Pacifique, ne figure d’ailleurs qu’une vaste étendue bleue… Sous la surface de cette immense étendue liquide, un univers en trois dimensions se déploie, qui nous demeure encore largement inconnu.
Il faut dire qu’avec une profondeur moyenne de 3 800 mètres (jusqu’à 11 000 mètres pour la célèbre fosse des Mariannes), l’océan constitue un environnement difficile d’accès pour les humains, en général, et pour les scientifiques, en particulier… Alors que les surfaces de la Lune et de Mars sont aujourd’hui entièrement cartographiées, un siècle de missions océanographiques n’ont fait qu’effleurer la complexité des mers de notre planète.
« À ce jour, moins de 20 % des fonds marins ont pu être cartographiés en détail, constate Marie-Anne Cambon, microbiologiste dans l’équipe Biologie, interactions et adaptations des organismes en milieu extrême (Biomex)1, à Brest. Les satellites sont incapables de voir au-delà de la surface de l’océan. Obtenir une représentation précise de la topographie sous-marine demande donc de recourir à des sondeurs acoustiques embarqués sur des navires qui progressent très lentement. » (…)

