Loi d’urgence agricole : le Sénat vote pour la réintroduction dérogatoire de pesticides interdits

Ce volet du texte sera l’un des points clés des négociations à venir entre les députés et les sénateurs, qui seront chargés mi-juillet de trouver un terrain d’entente lors d’une commission mixte paritaire.

La mesure a été ressuscitée de la loi Duplomb et insérée dans le projet de loi d’urgence agricole. Le Sénat a voté pour permettre la réintroduction dérogatoire et encadrée de deux insecticides interdits en France, mais autorisés ailleurs en Europe, dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin.

Contre l’avis du gouvernement, les sénateurs ont approuvé à 183 voix contre 129 ce nouveau volet du texte, introduit à l’initiative de la droite et des centristes. Décrié par la gauche et les associations de défense de l’environnement, il concerne deux produits phytosanitaires – l’acétamipride, néonicotinoïde toxique pour la biodiversité et potentiellement pour la santé humaine, et le flupyradifurone – qui pourraient être réintroduits dans des conditions strictes pour la culture de certaines filières en difficulté comme la noisette ou la betterave.

Le gouvernement inquiet pour l’adoption du projet de loi

Ce dossier avait fracturé la classe politique et mobilisé les foules l’année dernière, avec une pétition rassemblant plus de deux millions d’opposants à la première loi Duplomb, du nom du sénateur Les Républicains Laurent Duplomb, désigné corapporteur de la loi d’urgence. Le gouvernement a fait part de ses inquiétudes face à cette mesure, craignant que l’adoption d’un dispositif aussi inflammable politiquement ne compromette les chances de voir l’ensemble du projet de loi d’urgence agricole être adopté définitivement au Parlement cet été.

Ce volet du texte sera l’un des points clés des négociations à venir entre les députés et les sénateurs, qui seront chargés mi-juillet de trouver un terrain d’entente sur ce texte lors d’une commission mixte paritaire.

NDLR : dans un Palais du Luxembourg bien climatisé, des sénateurs hors-sol viennent de m’obliger à ne plus acheter de betterave, pomme, noisette, et cerise Française.  Pour les autres provenances c’était déjà le cas…

Il est certain que cette décision les impactera moins à titre personnel – moyenne d’âge 61 ans – qu’elle ne touchera la santé de leurs petit-enfants, si tant est qu’ils s’en inquiètent…

Source : France Info

Illustration : bravo à Alex pour ce dessin humoristique (jaune)