Une nouvelle étude accablante sur l’impact des pesticides sur le vivant !

Une nouvelle étude scientifique, conduite par des chercheurs du MNHN et de l’Université de Poitiers en France, confirme l’impact des phytosanitaires sur les oiseaux. Elle renforce ainsi l’urgence de réduire l’usage des pesticides pour enrayer la perte du vivant.Les pesticides : effet dévastateur sur l’ensemble des populations d’oiseaux et facteur majeur de leur disparition dans les milieux agricoles

Le constat est sans appel : dans les plaines agricoles, les oiseaux sont moins nombreux dans les départements où les achats de pesticides sont les plus élevés. C’est le cas pour plus de huit espèces sur dix, qui voient leur abondance diminuer dans ces zones. Au-delà de la perte d’individus, l’étude souligne que les espèces dites “spécialistes” des milieux agricoles ne sont pas les seules à être affectées. Des espèces communes, comme la mésange bleue ou le rossignol, qui puisent leur nourriture ou élèvent leurs poussins dans les champs de culture, le sont également.

Les auteurs de l’étude montrent également que l’effet des pesticides s’impose, même en tenant compte d’autres facteurs connus du déclin des oiseaux dans ces territoires, comme la simplification des paysages agricoles, la part croissante des cultures annuelles, la diminution des haies, etc…

Rappelons que l’Europe perd 20 millions d’oiseaux chaque année, principalement à cause de l’agro-industrie. Depuis 1980, plus de 800 millions d’oiseaux ont ainsi disparu.

L’oiseau, véritable bioindicateur de l’état de santé de notre environnement

Les oiseaux sont d’excellents indicateurs de la santé des écosystèmes. Ils se trouvent souvent au sommet ou à des niveaux élevés de la chaîne alimentaire, ce qui les rend sensibles à l’accumulation de polluants.

La santé de leurs populations est directement liée à la qualité et à l’accessibilité des ressources. Par conséquent, une diminution des oiseaux traduit une dégradation globale de leur environnement et donc du nôtre (santé, qualité de l’eau…).

Les projets de loi toujours plus éloignés des réalités scientifiques

Face à la crise agricole, et sous la pression des lobbys, le gouvernement s’enfonce dans l’impasse en proposant “une loi d’urgence” opportuniste, plutôt de rétablir le dialogue et les bases d’une transition agricole respectueuse des équilibres naturels.

Malgré les fortes tensions autour de la Loi d’orientation agricole et de la Loi Duplomb, et quatre jours seulement après les premières annonces délétères de la Ministre Genevard, le gouvernement va plus loin avec une proposition de loi d’urgence qui sera présentée en conseil des ministres fin mars.

Prédation du loup, accaparement de l’eau, pesticides, élevages industriels, etc. : les mesures soufflées par les lobbys industriels continuent d’opposer environnement et agriculture, au détriment de la nature, de la ressource en eau et de la santé humaine.

La LPO appelle à la mise en place de mesures d’urgence !

La LPO rappelle que protéger la biodiversité, c’est protéger les services essentiels rendus par la nature et soutenir une agriculture durable et vivante. Pour cela, elle propose des mesures concrètes, mais urgentes :

 

✅ Réduction massive et effective de l’usage des pesticides, en priorité dans les zones de grandes cultures, associé à un dispositif de suivi indépendant ;

✅ Soutien renforcé aux agriculteurs engagés dans des pratiques agroécologiques ;

✅Mise en place d’un vrai plan d’actions pour accompagner toutes les filières dans une transition vers une moindre dépendance à la chimie ;

✅ Déploiement ambitieux d’infrastructures agroécologiques : haies, mares, jachères, bandes enherbées ;

✅ Transparence des usages à l’échelle locale, pour mieux protéger la santé des habitants et accompagner une transition agroécologique indispensable ;

✅ Maintien d’un indicateur clair de la consommation tel que le NODU.

 

Pour Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO : « Destruction du loup, soutien aux méga-bassines et aux pesticides…  Sous la pression des lobbys, le gouvernement continue d’opposer agriculture, science et nature. Il soutient la course folle d’un modèle agricole à bout de souffle, alors que la véritable urgence est de mettre en place rapidement des mesures concrètes garantissant une transition agricole respectueuse du vivant, et ce dans le cadre d’un dialogue apaisé et constructif. »

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