Des incidents causés par les animaux, qui s’approchent des maisons et des supermarchés, sont signalés presque quotidiennement.
Du jamais vu dans l’archipel japonais. Ayant déjà causé 13 morts depuis le printemps dernier, et des dizaines de blessés, jamais les ours n’avaient à ce point attaqué des humains au Japon. Depuis 2023, les nuisances des ursidés vont croissant, mais la situation s’aggrave davantage cette année, selon les autorités japonaises, qui sont dépassées et forcées de déployer des moyens nouveaux, notamment l’armée, pour endiguer le phénomène.
Plus de 20 000 signalements d’ours ont été enregistrés en six mois au Japon, pas uniquement à la campagne, mais aussi en ville. Plusieurs plantigrades ont ainsi été repérés à Akita, située au nord du Japon, dans la région la plus affectée. La ville a demandé le recours de l’armée pour les éloigner. « La mission première des forces d’autodéfense est de protéger la nation et elles ne peuvent pas lutter contre les ours indéfiniment, mais, compte tenu du caractère exceptionnel de la situation et de notre obligation de défendre la vie et l’habitat de nos concitoyens, nous avons décidé de fournir une aide au département d’Akita », explique Shinjiro Koizumi, ministre de la Défense.
Car les ours ne font pas que des dégâts matériels : ils s’en prennent également à des humains, dont 13 ont déjà succombé cette année à des blessures profondes, infligées au visage ou à la tête. « Les ours ne sont pas seulement dans les zones montagneuses, ils sont partout, même en ville, c’est une situation inédite,s’alarme Kenta Suzuki, le gouverneur du département d’Akita. On est obligé de faire attention dès qu’on ouvre la porte de sa maison. »
« C’est un danger non seulement pour les enfants et personnes âgées mais aussi pour tous les habitants. »
Kenta Suzukià franceinfo
« On est dépassés »
La région n’a pas assez de moyens pour empêcher les ours d’approcher. « Nous sommes en état d’urgence, poursuit le gouverneur. On a fait tous les efforts possibles, y compris avec la police, mais comme cela dure et s’amplifie, on est dépassés, on manque de ressources humaines. Sans l’aide de l’armée, on ne peut plus protéger la vie des habitants. » Mais cette mission de l’armée doit s’arrêter fin novembre : ensuite commence la période d’hibernation des ours.
En février dernier, une loi avait été votée pour autoriser les chasseurs assermentés à abattre des ours en zones habitées, sur mandat des autorités. Entrée en vigueur le 1er septembre, elle a déjà été appliquée plusieurs fois. À partir du 13 novembre, les policiers pourront aussi exceptionnellement tuer un ours avec un fusil en cas de nécessité. Toutefois, selon les experts, c’est une tâche difficile à laquelle ils ne sont pas entraînés.
L’arrivée d’ours au cœur des villes est en partie liée à un manque de nourriture dans leur espace naturel mais aussi à un mauvais entretien des forêts et des abords des zones habitées, en raison du vieillissement de la population et de l’absence de main-d’œuvre pour effectuer ce travail.

