Olivier Bouygues condamné à 2 ans de prison avec sursis et 750 000 euros d’amende

Le procès d’Olivier Bouygues et de ses 5 co-prévenus a connu un premier épilogue ce vendredi 23 octobre 2026 avec la condamnation de l’homme d’affaires à 2 ans de prison avec sursis et 750 000 euros d’amende. À cela s’ajoutent des peines complémentaires, et la reconnaissance d’un préjudice écologique.

Le jugement a été rendu au procès d’Olivier Bouygues ce vendredi 23 octobre 2026. Un mois et demi après les réquisitions prononcées à la suite des deux jours d’audience durant lesquels la Fondation 30 Millions d’Amis était présente au tribunal correctionnel d’Orléans (45) aux côtés d’autres ONG de protection animale et de défense de l’environnement, les condamnations sont tombées.

Six personnes condamnées

Le milliardaire a été condamné à 2 ans de prison avec sursis et 750 000 euros d’amende. Il était jugé, avec cinq autres personnes (notamment un régisseur et des gardes-chasses du domaine de Fontenaille eux aussi condamnés), pour destruction d’espèces protégées en bande organisée sur un domaine de chasse privé, élevage de sanglier sans autorisation et méthodes de chasse illicites. Les faits, s’étalant sur plusieurs années et dénoncés par un signalement, avaient été confirmés après la découverte d’un charnier de carcasses d’animaux lors d’une perquisition menée par l’Office français de la biodiversité et la gendarmerie, au sein du domaine privé de 650 hectares en Sologne, acquis par O. Bouygues en 2002.

Le tribunal a également prononcé des peines complémentaires : confiscations de l’ensemble des armes et des scellés, interdiction de port d’arme et suspension du permis de chasser, pour des durées allant de 6 mois à 3 ans, avec exécution provisoire (ndlr, effectives dès aujourd’hui), et a alloué la somme de 360 000 euros en indemnisation du préjudice écologue pour les 9 associations l’ayant chiffré et réclamé. Il a également indemnisé le préjudice moral de chaque association et Fondation au titre de l’atteinte portée aux missions de protection animale qu’elles se sont donné pour objectif de défendre et auxquels Monsieur O. Bouygues et ses salariés ont porté atteinte.

« Le tribunal a entendu, sur la base d’une enquête approfondie, les réquisitions du parquet et les demandes des parties civiles dans une décision qui fera date, souligne Me Caroline Lanty, avocat de la Fondation 30 Millions d’Amis. La gravité des actes, commis par les exploitants et gardes-chasses du domaine de Fontenaille, le mépris affiché pour les animaux et la protection de la biodiversité appelaient une réponse très ferme de l’institution judiciaire. Tous les prévenus ont été condamnés, la circonstance aggravante de bande organisée est retenue. Le droit ne s’arrête pas aux portes des domaines de chasse et les grands propriétaires ne pourront plus se comporter en potentats locaux. Ils ne sont pas au-dessus de la loi et ne peuvent, à leur guise, détruire ce que le Droit protège. »

« Le patrimoine naturel est précieux »

« Bien que la peine prononcée soit inférieure aux réquisitions du procureur, la Fondation 30 Millions d’Amis se réjouit de voir que la Justice n’a pas fléchi face au capitaine d’industrie et a condamné le délinquant »,

déclare de son côté Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis. Et ajoute : « Le patrimoine naturel est précieux et toute atteinte aux espèces protégées doit être fermement sanctionnée. »

Source : 30 millions d’amis