Artistes animaliers

ARLAUD Walter

Voilà un artiste peintre "tardif" qui vaut le détour. Découvert par hasard sur la table d'un ami, son livre "Par delà les brumes", paru en 2017, fit tilt!

Nous avons voulu en savoir davantage sur cet homme qui manie aisément aquarelle, huile, fusain tour à tour, qui vit depuis quelques années sur les plateaux de lavande du sud mais nous emmène vers des lieux secrets de nature qu'il rend à sa façon avec une maîtrise étonnante.

Rencontre à l'aube de la nouvelle année, qu'il nous souhaite bonne en plus!

INTERVIEW

Votre parcours en quelques phrases ? Cela fait 16 ans que j’exerce professionnellement l’activité d’artiste animalier. Je suis originaire de l’Ardèche mais ai grandi à Marseille. Souhaitant plus que tout exercer un métier en relation avec la nature, j’ai fait divers activités, dans des exploitations agricoles et ensuite en tant que paysagiste. J’ai commencé à dessiner et peindre assez tard, et exposé mes œuvres sur des marchés de village. Ensuite voyant que je pouvais concilier mon amour de la nature et mon art, j’ai décidé de devenir artiste. J’ai désormais 43 ans, et depuis 6 ans me suis installé sur le plateau de Valensole, aux portes des Alpes. Ma passion est devenue mon métier, et tous les jours, je m’efforce à retranscrire sur la toile, mon ressenti et les émotions vécues dans le milieu naturel.

 

 

Des maîtres à penser, des références ? J’ai commencé mon activité, sans véritable maître à penser. Ma seule envie étant de transmettre ce que je ressentais dans la nature. Ensuite, je me suis intéressé aux artistes et écrivains naturalistes.  Que ce soit Jack London, Robert Hainard. Ou encore Jim Harrison...Beaucoup m’inspirent… Ils sont tous en quête du sauvage avec un grand S, cela ma convient car je m’y retrouve.

Jim Harrison

Pourquoi l’animal sauvage ? C’est inexplicable. L’animal sauvage me fascine, et les grands espaces m’attirent. Les lieux ou l’homme n’a que peu d’emprise ont ma préférence. C’est certainement pour cela que la montagne, sa faune et le grand nord sont mes thèmes favoris…

Et si vous en  étiez un ? Sans hésitation, le tétras lyre. Il symbolise pour moi l’animal sauvage par excellence. Que ce soit son plumage, son chant, son habitat tout est sublime… j’ai même emprunté la plume de sa lyre pour souligner ma signature d’artiste.

La ou les deux plus belles rencontres de vie/faune sauvage ? J’ai eu des tas de rencontres heureuses dans la nature, mais celles qui me marquent le plus, sont sans doute ce que j’appelle les moments d’éternité…Des moments où, plusieurs facteurs se cumulent : le temps, la lumière, l’ambiance, l’animal sauvage… tout est un instant réuni, le ressenti est alors divin. Cela m’est arrivé plusieurs fois, et pas forcément en présence d’animaux difficile à observer…un rouge gorge peut suffire.

Un lieu de nature préféré ? J’aime évidemment beaucoup les Alpes, mais je dois dire, que les Pyrénées m’attirent également beaucoup. Mon lieu préféré reste néanmoins l’Ecosse. Je suis sensible à ses paysages tourmentés, son climat, ses lumières infinies et évidement ses habitants.

Le lieu mythique où vous rêvez d’aller ? Je rêve aller un jour en Alaska. C’est un projet qui me tient à cœur. Les grands espaces immenses et sauvages, où l’homme n’a que peu sa place. On a bien sûr, tous vu "Into The Wild", mais sans en arriver à cette extrême, j’avoue que j’aimerais me frotter à cette nature hors normes, immense. Cela doit être un choque esthétique incroyable, une source d’inspiration inépuisable.

Une œuvre qui vous inspire ? Mon livre préféré est « Le poids du papillon » d’Eri de Luca. C’est un petit livre, mais magnifiquement écrit. Il résume également assez bien la vie. Une sorte de quête perpétuelle et de tiraillements.

Quel matériel pour reproduire vos rencontres ? J’utilise trois techniques. L’aquarelle, le fusain et la peinture à l’huile.

L’aquarelle et le fusain représentent les trois quart de ma production, car ils sont faciles à mettre en œuvre et parce que je peux les emporter en déplacement. La peinture à l’huile étant  bien plus contraignante je la réserve à l’atelier, souvent pour de grandes toiles, où sa puissance s’exprime.

Et quelles techniques de rencontre avec l’animal sauvage ? Même si l’affut permet souvent de voir sans être vu et donc de vivre des moments forts. L’approche à ma préférence.

En mouvement, c’est une sorte de chasse qui se met en place, une sorte de confrontation au sauvage qui personnellement me stimule et donc m’inspire…

Un conseil au débutant dans votre activité ? Surtout, ne pas mentir. Retranscrire une émotion, plutôt que copier une image. Se borner à faire des œuvres de qualité, car seul le travail paye… Etre artiste naturaliste c’est également être dans une position parfois inconfortable. Faire le lien entre les connaisseurs de la nature et ceux qui n’y entendent rien.

Un animal disparu revient, lequel ? Le mammouth est un animal que j’aimerais voir revenir… je sais bien pourtant que désormais, il se sentirait certainement bien à l’étroit, trouvant difficilement un milieu adéquat et à sa mesure. Pour ce qui est d’un animal imaginaire, j’avoue, que la nature a su faire preuve de tellement d’imagination, que je me trouve fort dépourvu…

Une initiative prise ou à prendre en faveur de la faune sauvage ? Comme je l’explique dans mon livre, je pense, que toute les décisions importantes devraient être prises en tenant compte de la nature, qu'elle est un acteur primordial sur la scène mondiale. Combattre le réchauffement global de la planète me semble être le plus urgent, car nombre d’espèces, comme la nôtre, disparaitront à terme, si rien n’est fait.

Une association qui vous tient à cœur ? Beaucoup d’associations portent des projets fabuleux, et il est difficile de n'en choisir qu’une. Mais plus que le fait de choisir une association plutôt qu’une autre, j’encourage les initiatives individuelles… le tri des déchets, le covoiturage, les transports en commun et les transports propres, la consommation raisonnée et intelligente, etc….

Une urgence pour la faune sauvage, pour la vie sauvage ? Désormais, sans tirer un bilan catastrophique, tout n’est qu’urgence… Le réchauffement, la surpopulation, la pollution etc… tout est ligué et joue contre la nature. Il faut agir sur tous les points et sans tarder.

Pour conclure : vous disparaissez ce soir, qu’aimeriez-vous laisser comme dernier message ? 

J’aimerais reprendre les dernières phrases de mon livre : «  c’est par l’émerveillement qu’on aboutira au respect « et «  La seule source intarissable est l’inspiration de la nature ».

 

 

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