Artistes animaliers

BERGESE Nathalie

Dessinatrice autodidacte et sensible à la préservation de notre biodiversité, j'ai décidé de me remettre à dessiner et à sculpter en 2013.

Ce choix est apparu comme une nécessité, une urgence d'agir pour notre planète.

En effet, chaque jour la liste des espèces menacées d'extinction s'allonge : mammifères, oiseaux, amphibiens, invertébrés, reptiles, poissons mais aussi plantes et arbres. 

Oscillant entre désespoir, colère devant tant de destruction et courage, espoir devant tant de personnes qui se mettent en mouvement vers le changement, j'ai ressenti le besoin de verser à mon tour, très modestement, une goutte d'eau dans cet océan de vie qu'une part de l'humanité s’évertue à dessécher.

Je ne dessine que des espèces menacées d’extinction, inscrites sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), en noir et blanc le plus souvent, sans arrière plan et en portrait serré pour tenter de créer une intimité.

Mon objectif est de rappeler le danger qui pèse sur certaines espèces, de participer à des actions de sensibilisation et de protection (10 % de toutes les ventes que je pourrais faire lors d’expositions seront reversées à des associations de préservation de la nature et de protection des espèces menacées).

Concernant la naissance du projet "Endangered Primate" composés de 12 dessins, il est parti du constat que 94% des lémuriens seraient menacés d’extinction et que beaucoup de singes classés comme "vulnérables" sur la liste rouge de l'UICN sont passés au statut de "en danger d'extinction" (l'activité humaine menacerait 48 % des 634 espèces de primates).

De dessiner ces animaux avec affection, de passer des heures à essayer de leur donner vie du bout de mes doigts, de me rapprocher d'eux dans cette intimité créatrice, qui est si particulière, me permet de garder l'illusion qu'il est peut-être encore temps d'agir pour leur préservation.

INTERVIEW

Pourquoi l'animal sauvage ?

Parce qu’il est menacé. Pourtant, l’immersion dans la nature est un cordon qui nous rattache à l’essentiel. En nous éloignant de notre côté primitif, nous creusons un fossé en nous-même que la peur se charge peu à peu de remplir. Renouer avec le sauvage c’est sans doute renouer avec la vie.

Un maître à penser? 

La nature elle-même ! Sa faculté d’adaptation me fascine…

Une œuvre marquante? 

« Le Canyon de Chelly » une photo de Edward S. Curtis

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Mais je voudrais citer 2 œuvres plus récentes : « les 2 frères » de Julie Salmon

 

et la « Panthère des neiges » de Morgane Antoine.

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Si j'étais un animal sauvage? 

Je suis déjà un primate… mais peut-être l’Orang-Outan même si sa situation n’est pas du tout enviable actuellement. Je trouve qu’il y a une telle sagesse qui se dégage de cet animal….Cela me trouble.

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ? 

J’aime beaucoup les animaux considérés (selon moi à tort) comme nuisibles et notamment le renard. Un soir en rentrant il y avait une renarde et ses renardeaux…. Beaux moments !! Les rencontres imprévues autour de chez moi sont comme des cadeaux offerts par la nature auxquels je tiens particulièrement.

Un animal disparu qui reviendrait?

Je ne le souhaite pas. Quand je vois que l’on n’arrive pas à conserver celles déjà existantes !!! Quel intérêt dans l’état actuel des choses.

Un animal fantastique qui existerait?

Le Dieu cerf de Miyazaki (Princesse Mononoké).

L'oeuvre à laquelle vous tenez particulièrement ?

Le pangolin. Tout d’abord parce que cet animal est en grand danger d’extinction et qu’il est l’animal le plus braconné au monde. Je le trouve très attachant et absolument incroyable (un peu à l’image de l’ornithorynque). Et puis c’est aussi le premier dessin que j’ai fait pour soutenir un projet de préservation et le travail de sensibilisation d’une association. Marcello Pettineo a fait de sublimes dessins pour le pangolin qu’il faut aller voir !

PangolinWeb

 

D'après une photographie d'Elyane et Cédric Jacquet

Spot préféré?

Mon cerveau. Je suis en fait surtout une voyageuse immobile même si je rêve de grands espaces et d’aventures. Mais dans ma tête je parcours des milliers de kilomètres, j’explore des horizons lointains et quand je dessine, je suis assise près de l’animal, je l’observe, je m’immerge dans son environnement… à ma façon !!

Un lieu mythique?

Mon plus grand rêve est de nager à côté d’une baleine, qu’elle m’accepte dans son espace et me laisse évoluer à ses côtés pendant quelques minutes. Et alors en plus si elle est avec son baleineau, je pourrais mourir un sourire aux lèvres dans la seconde. Qu’importe !

Et la technique?

Je suis complètement autodidacte et n’ai aucune technique de travail. J’apprends « sur le tas ». J’essaie de suivre ce que je ressens sans même en avoir conscience parfois, c’est quelque chose d’indéfini, d’étrange, de difficile à expliquer. J’ai beaucoup de mal à préparer ou anticiper un résultat ou si je le fais ça peut changer en cours de route. Pour les sculptures, c’est presque la matière qui me dicte sa future forme… Si le cadre est trop rigide, cela me bloque.

Pour ce qui est des dessins, ils sont réalisés sur l’ordinateur, uniquement avec l’outil « pinceau ». Je pars d’un fond noir (outil peinture) puis je dessine comme je le ferais sur papier, trait par trait, en variant l’épaisseur et l’intensité du flux selon mes besoins. Sur certains dessins comme le Mandrill (ou le Macaque), il doit y avoir près de 5 mille poils faits à la main ! Les 12 dessins qui composent le projet « Endangered primate » sont complètement réalisés comme cela.

Pour les sculptures, elles sont réalisées à l’argile blanche et non cuites en four.

Des urgences? 

Un changement de comportement avant tout. Dans notre quotidien tellement de petits gestes viennent accentuer ce que nous redoutons, dénonçons. L’habitat naturel de tellement d’espèces est menacé… Agir par des petites actions au quotidien et s’informer (car l’ignorance est parfois si confortable) me paraissent indispensables.

Des conseils? 

Pas de conseils car je pense que la singularité de chacun fait la richesse du milieu « artistique », mais la sincérité et l’honnêteté dans sa démarche avant tout.

Une association à mettre en avant ?

Difficile car tellement de gens mériteraient d’être cités …Mais j’ai envie de parler de PPNAT (photographes pour la préservation de la nature) car leur objectif est de faire découvrir les petites organisations du monde entier qui œuvrent pour la préservation de la nature et de la biodiversité, de sensibiliser et de soutenir leurs actions sur le terrain (comme Tikki Hywood Trust et Rare and Endangered Species Trust)

Pour conclure?

Parler de soi est très difficile mais partager sa passion, parler de préservation de la nature et d’espèces menacées, du travail de personnes qu’on admire est une chance. Alors merci à vous de me permettre cet échange.

 

DISTINCTIONS

EXPOSITIONS ET PARUTIONS

 Invitée d'honneur au 5ème Festival Nature Ain (Hauteville-Lompnes) avec l'exposition "Sethamba" du 12 au 14 mai 2017

Exposition en ligne sur "Art Works for Change's Footing the Bill: Art and Our Ecological Footprint Exhibition" en partenariat avec le WWF

- Au festival  de la photographie animalière et de nature de Vourles du 30 octobre au 1er novembre(Rhône)

- A la 13ème édition du Festival Salamandre, intitulée "Les grands retours" du 23 au 25 octobre 2015 à Morges (Suisse)

- Aux Expos Aves ( Expos Photos Nature et d'Art Animalier)du 24 au 27 septembre 2015 à Namur (Belgique)

- Au festival international d’arts Nature «Coeur de France» du 12 au 14 juin (Ainay-le-vieil dans le Cher)

- Au festival nature de Hauteville Lompnes  du 15 au 17 mai 2015 (Ain)

Dessin du pangolin réalisé pour l'association PPNAT  ( www.ppnat.org) exposé au festival de Montier en Der 2014

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