Artistes animaliers

TE Xavier

Illustrateur naturaliste, je suis toujours ému et fasciné par la beauté, la fragilité du monde animal que je dessine sans restriction aucune sous diverses formes graphiques : croquis, esquisses, aquarelles, encre de chine, etc.
Chaque dessin est un apprentissage renouvelé en fonction de l’espèce que j’étudie.

 

 

INTERVIEW

Pourquoi avoir choisi l'animal sauvage comme thème privilégié ?

Il symbolise selon moi la liberté ; il constitue un tout avec la nature car il est en connexion directe avec elle. Parlons davantage de monde sauvage car s'intéresser à l’animal c’est aussi se sensibiliser à son environnement en général et à sa fragilité ; et en conséquence à la nécessité de le préserver. Cela me questionne et me rend davantage conscient, responsable de mes actes au quotidien , sur un monde que je souhaite durable et en harmonie avec le sauvage.

L’animal symbolise une nature malheureusement de plus en plus réduite et menacée par l'activité humaine.

Le dessin est le témoignage de ma perception et une raison de faire. Le poil flamboyant d’un loup à crinière qui sort de l’ombre, le regard vigilant d’une mère ourse ou le plumage multicolore de l’ibis falcinelle qui pêche ; autant de fragments de vie à capter avant qu’ils ne disparaissent.

Un maître à penser ? 

Une de mes sources d'inspiration du moment, le livre d’Armando Gariboldi et Andrea Ambrogio, “le comportement des oiseaux d’europe”.

Toutes les images du livre sont des illustrations et rendent à merveille le mouvement et les postures des oiseaux. Le texte, pédagogique, est accessible à tous.

Et je dirais l’état d’esprit des photographes animaliers leur patience et leur dévouement à la cause animale (je pense à Laurent Geslin, Alessandro Staehli ou Vincent Munier).

Un élément déclencheur ? 

Le souvenir de mon enfance passée en provence au mileu des capitelles (c’est une cabane fait de pierres ramassées dans les terrains et posées les unes sur les autres) et des murs de pierres sèches.

Le bruit assourdissant des cigales que je regardais, fasciné par leur mue sur le tronc des cerisiers du mas familial. Les vagabondages d’une enfance libre et insouciante dans une campagne de terre rouge écrasée de soleil, en compagnie de mes chiens.

Votre oeuvre à laquelle vous tenez particulièrement ? 

J’ai un coup de coeur pour tous les animaux que je dessine.

Mais, parmi eux, je dirais les deux mères ourses. Bien qu’elles soient de grands prédateurs c’est leur côté maternel et l’interaction avec leur environnement qui me touchent, humant la brise face à l’horizon pour voir si il n’y a pas de danger ; une force tranquille.

Si j'étais un animal sauvage ?

Un loup.

Pour sa capacité à voyager, à découvrir et à s’adapter. Toujours en interaction avec son milieu y compris l’homme. Omnivore et opiniâtre.

Deux anecdotes pour illustrer mes propos qui me viennent de Jean-Marc Landry, ethnologue spécialiste du loup : depuis qu’il y a des tirs de prélèvement sur les loups, leur cycle de reproduction a doublé sachant que la meute est en sous effectif et certains groupes de loups se sont même mis à manger du poissons (certaines parties du corps pour éviter les parasites).

Je trouve cela fascinant, on doit le comprendre pour comprendre le sauvage (lire Le Loup de Jean-Marc Landry).

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ? 

Je dirais le loup à crinière que j’ai pu observer à la jumelle dans son activité naturelle de chasse.

Son désarroi devant une proie qui s’envole et lui échappe.

Mais chaque rencontre avec un animal est une belle émotion et un enrichissement :  un héron qui déploie ses ailes et s'élève dans les airs sans effort, le cri d’une chouette au milieu d’une nuit noire.

Cela réveille en moi des échos anciens, archaïques, et de grande proximité également.

Un animal disparu qui reviendrait ?

Le Thylacine, ou loup de Tasmanie ; il avait la taille d’un loup et un pelage tigré. je trouve fascinant le mix de deux espèces ; un témoignage étonnant de la diversité animale aujourd’hui largement menacée.

Votre endroit préféré, qui vous inspire tout particulièrement pour créer ?

J'affectionne être au plus près du milieu de vie des animaux que je représente, mais je suis amené à dessiner en tous lieux ; métro parisien, gare, bibliothèque autant que bords de Loire.

En fait, mon lieu préféré c’est le territoire du dessin ; le reste ne compte plus vraiment.

Un lieu mythique ? 

Aller sur la banquise et voir une aurore boréale.

Et la technique ?

Aquarelle, encre de chine, Photoshop, stylos et stylo pigment (tous les outils et les supports en fait) et les associer entre eux. On peut en tirer une richesse et un vaste espace de création.

Des urgences ? (climat, déforestation, braconnage…)

Oui. Sensibiliser, respecter, éduquer nos générations futures à la nature sauvage.

Ne pas simplement la regarder avec culpabilité mais être acteur de sa vie en la comprenant (s’éduquer  avec elle, c’est un trésor de richesse inépuisable).

Accepter le sauvage, accepter son cycle de vie et de mort et surtout comprendre , comprendre pour ne pas juger avec nos valeurs humaines.

Il est urgent de la remercier et de voir en nous-même notre propre pouvoir d’action pour elle, un pas, juste un pas pour elle chaque jour.

Des conseils ? 

Travailler. Travailler. Travailler.

Une suggestion pour aider à sensibiliser le grand-public ?

Enrichissez vous de connaissances pour mieux comprendre la nature et le monde auxquels vous participez.

Une association de protection à mettre en avant ?

Elles ont toutes leur nécessité et leur place. Je dirais que le plus important selon moi est qu'elles respectent trois choses : l’animal, le végétal et l’humain.

Pour conclure ?

Merci à vous pour cette interview et merci pour votre travail de démarche éducative.

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