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BILL François

Février 2019 : François Bill remporte le concours du grand oral de France 2 avec sa déclaration d'amour à la france : voir ICI

"… On t’a fait par le passé des déclarations de guerre, on te remplit chaque année une déclaration d’impôts, mais ce soir je viens avec une déclaration d’amour. »

Son portrait dans Le Monde des grandes écoles : ICI

Novembre 2019, mail de François Bill à faunesauvage.fr:

"Bonjour,

Je vous contacte car je suis un grand admirateur de votre blog naturaliste et des valeurs qu'il défend.

A mon tour, j'ai écrit un livre animalier: "Eloquence de la sardine", qui vient de paraître chez Fayard. J'y raconte la vie secrète du monde sous marin, et les histoires de ses habitants, sous un angle scientifique et humain. Et j'y explique les façons de protéger cet univers menacé.

Je me disais que ce livre pourrait intéresser vos lecteurs. Si vous le souhaitez, je peux vous en faire parvenir un exemplaire pour partager à vos lecteurs vos impressions."

Une vague plus loin : Rencontre!

 

Votre Parcours en quelques étape ? Je suis passionné depuis ma naissance (en 1993) par la nature sauvage. Même dans mes plus anciens souvenirs, j’étais toujours en train de chercher des insectes ou des têtards, d’observer les oiseaux, ou de regarder des documentaires… l’univers aquatique me passionne tout particulièrement.

Fasciné à la fois par la science et les mots, j’ai finalement opté pour des études scientifiques, gardant la littérature comme un loisir. J’ai étudié la Physique à l’école Normale Supérieure de Paris, et c’est là que j’ai voulu me spécialiser en biophysique, l’explication des phénomènes du vivant par les lois de la Physique. Après plusieurs stages entre l’Australie et la France, et entre colloïdes, protéines et toiles d’araignées, j’ai opté pour l’étude des bancs de poissons, mon sujet de thèse.

En parallèle, j’écris : de la poésie, des nouvelles, des sketches et discours humoristiques.

Il était donc naturel que je relie un jour ces deux pôles, en écrivant un livre… sur le monde sous-marin !

Vos actions en cours en quelques mots ? Sur le plan associatif et engagé : je suis avant tout très impliqué dans la médiation, pour faire connaitre le monde sous-marin et donner envie de le protéger. Notamment en luttant contre la surpêche, un combat à la portée de chaque consommateur.

Je pense que c’est mon rôle en temps que scientifique, et j’interviens donc dans les musées océanographiques, des conférences, des festivals... mais aussi au travers d’articles, et de mon livre, Eloquence de la sardine, qui invite à repenser notre lien au monde sous-marin, et est en cours de traduction en 13 langues !

Depuis 2014, je coordonne aussi bénévolement un programme de marquage du thon rouge et des grands pélagiques (espadons, marlins, coryphènes) entre la France, Monaco, et les Etats Unis. 

   

L’objectif est de comprendre les migrations de ces espèces, afin de mieux les protéger à l’échelle internationale. C’est un programme qui implique les plaisanciers, pêcheurs sportifs et artisanaux, tous unis pour protéger une espèce emblématique, face aux menaces de la surpêche industrielle.

Ce type de projet permet non seulement de grandes avancées dans la protection internationale de l’espèce (via notamment l’engagement de la Principauté), mais aussi une révolution dans la mentalité des pêcheurs locaux, qui sont devenus acteurs engagés dans la protection du thon face à la surpêche.

Depuis 2014, près de 400 thons ont été marqués grâce à ce programme. L’objectif est d’abord de préserver les thons rouges, mais ensuite, d’étendre ce projet à de nombreuses autres espèces qui en ont besoin.

Quels sont vos maîtres à penser, vos références culturelles ?

La Hulotte : magazine absolument génial qui fait découvrir la nature à tous !

J’aime beaucoup Maurice Genevoix, pour son écriture si belle de la nature, qui résonne en moi. J’aurais adoré le rencontrer et parler de la forêt ou de la Loire avec lui. Ses livres Un jour, et La forêt perdue, sont des merveilles, très écologistes avant l’heure.

Guy Harvey, peintre et scientifique américain, m’inspire aussi énormément car il a trouvé un parfait équilibre entre art, science et engagement tout en regroupant un vaste public autour de ses causes.

Et Yann Arthus-Bertrand, pour les photos qui font rêver et admirer la planète sous tous ses angles.

Pourquoi la faune/l’animal sauvage, la vie sauvage Je pense que c’est quelque chose d’ancré profondément en nous, qui nous pousse vers la nature. Un souvenir d’origines primitives où cet équilibre était notre quotidien perdu.

L’aspect libre, pur, et l’harmonie de la vie sauvage. Sa perfection simple.

Si vous étiez un animal sauvage, lequelUn mammifère ou un oiseau marin ! Loutre, phoque, dauphin… ou albatros ou puffin. Pour être à cheval entre deux mondes. Ou bien un raton laveur (hommage à Prévert ?).

La ou les deux plus belles rencontres ? La première fois que j’ai vu un phoque en baie de Canche, au début des années 2000. Ces animaux avaient disparu là bas depuis des décennies, mais les efforts de protection de l’espèce ont porté leurs fruits. Maintenant, il y en a des dizaines. Mais la première fois que j’en ai vu un, c’était plein de joie et d’espoir, la preuve que la nature sauvage peut revenir. Comme cette année, quand les bancs d’aloses sont remontés dans la Seine à Paris, pour la première fois depuis 120 ans.

Mes rencontres avec les dauphins sauvages, en Polynésie et en Méditerranée : toujours une émotion immense et une interaction bouleversante.

Votre/vos lieux de nature préféré ? Le bleu du large, dans le sanctuaire Pelagos, à mi chemin entre la Côte d’Azur et la Corse. En haute mer, toute rencontre est possible. Cachalots, baleines, tortues, espadons… mais aussi, toujours, des espèces que je n’ai jamais vues, et dont j’ignorais l’existence. En Méditerranée, la nature surprend en permanence.

L’Ouest Américain, et les montagnes rocheuses : pour les « great outdoors » intouchés et loins de tout, les grands espaces, la nostalgie de « Danse avec les loups ».

 

Quelques coins secrets (et parfois bien cachés voire clandestins) en région parisienne… où la nature a repris ses droits sous le béton, à l’abri des regards. Où l’on peut croiser des martins pêcheurs, des hérons, des brochets, des fouines, des libellules... une vraie leçon de résilience face à la ville engloutissante.

Le lieu mythique où vous rêvez d’aller ? L’île de l’Ascension. Perdue au milieu de l’océan Atlantique. Sans doute un lieu tellement inaccessible qu’il est sauvage et intouché.

L’œuvre qui vous semble illustrer/résumer/symboliser le mieux votre parcours ?  Mon livre « Eloquence de la sardine » résume bien des histoires que le monde sous marin m’a racontées. Et je crois que j’y exprime ma philosophie de respect et d’émerveillement de la nature. Mais dès que je sors en mer, je découvre de nouvelles histoires, sans parler de celles de la forêt, des montagnes… on ne peut jamais toutes les résumer !

 

Matériel utilisé ? Pour l’écriture, je prépare beaucoup dans ma tête et sur le papier, mais fais la rédaction finale à l’ordinateur. Pour le dessin et la peinture, je pratique surtout le dessin à l’encre et l’aquarelle, ainsi qu’un peu d’acrylique.

Techniques de rencontre avec l’animal sauvage? Je ne suis pas un expert de l’affût ni de l’approche, mais voici trois astuces.

Sous l’eau d’abord : essayez un jour de plonger de nuit, avec une torche étanche (il en existe de très peu chères). Même avec un simple masque et un tuba, le long d’une plage de rochers par exemple. Vous y verrez des espèces incroyables qu’on ne voit jamais de jour.

Astuce générale : les yeux sont un signal fort qui effraient beaucoup les animaux. De plus, les nôtres sont visibles de face. Plisser les yeux ou les cacher est un bon moyen de moins effrayer bien des bêtes (notamment les poissons).

Sur terre enfin : le train est le meilleur affût pour voir des animaux. Pas facile de les photographier mais parfait pour les observer. Chevreuils, lièvres, avifaune… la fenêtre d’un TGV vaut bien des documentaires ! L’autocar également.

 

Un animal disparu revient, lequel ? Le dodo, ou le grand pingouin. Ces oiseaux incapables de voler avaient l’air si drôles. Le monde serait un peu plus amusant, avec des dodos.

Le Dahu : voilà un animal fantastique proche de chez nous ! Certains disent même qu’il y en a sur la grotte de Lascaux : il n’y a qu’à voir les pattes de leurs aurochs : elles ne sont pas toutes de la même longueur…

Une initiative prise ou à prendre en faveur de la faune sauvage, laquelle ? En France : organiser un réseau de terres sauvages publiques, pour tous, gérée par des organismes publics. Les vrais espaces sauvages (rivières, forêts) sont trop souvent privatisés et donc clôturés, et gérés dans des intérêts privés (avec une gestion parfois admirable… et parfois désastreuse). Bien souvent, les animaux ne peuvent même pas circuler librement d’un domaine à un autre. La nature de notre pays devrait appartenir à tous, et le privé être l’exception, pas la norme.

Revenir aussi à des milieux naturels traditionnels (bocages, haies, zones humides) serait une grande avancée pour les écosystèmes.

Une urgence pour la faune sauvage ? Cesser les subventions à la surpêche industrielle et arrêter cette production de masse qui vide la mer. C’est le dernier espace sauvage, qui est en train de disparaître dans l’indifférence. Un combat qui doit être mené à tous les niveaux, du consommateur à la politique en passant par les associations…

Une association qui vous tient à cœur ? Salmo tierra - salva tierra : une association locale qui se bat pour protéger le saumon Atlantique face aux barrage et aux filets. C’est une espèce merveilleuse, anoblie par des siècles d’histoire et de traditions, et qui est en train de disparaître. Typiquement le genre d’initiative locale efficace, ciblée, qui réunit des passionnés pour une belle cause.

Je citerai aussi One Ocean pour la protection des dauphins sur la côte Atlantique, ou encore TBF aux Etats Unis pour la protection internationale des populations de poissons à rostre. Et la Fédération de pêche sportive de Monaco, qui a réussi à regrouper tous les amoureux du thon rouge, qu’ils soient pêcheurs sportifs ou artisanaux, scientifiques, plongeurs, écologistes… tous unis pour un projet commun, afin de préserver cette espèce des lobbies industriels.

Pour conclure, vous disparaissez ce soir, qu’aimeriez-vous laisser comme message aux autres ? S’émerveiller et respecter : c’est le cycle de la nature, dont on fait partie. Ecoutez le chant des oiseaux, regardez les couleurs des élytres d’une cétoine ou la fraîcheur transparente d’une rivière à truites. L’énergie pour les protéger, et les idées pour le faire vous viendront naturellement.

 

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